‹ Contribution à l'étude des grossesses triplesChapitre 27 sur 33 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

Radiographie d'une grossesse trigémellaire au 6° mois (par MM. Favreau et Despons), 1924.

Cette radiographie a été faite dans le Service de M. le Professeur Rivière, chez une multipare âgée de 30 ans, enceinte pour la 7° fois. Cinq de ses accouchements précédents ont eu lieu à terme ; elle fit une fausse couche de deux mois et demi à sa cinquième grossesse.

Dernières règles du 22 au 24 octobre 1923. Elle entra dans le Service au début du mois de mai avec un abdomen volumineux (H. U. 38 cm.), un œædème considérable des membres inférieurs et une yspnée intense.

A lauscultation, on découvre un double souffle aortique intense. Le B.-W. est positif (le père de la malade est mort hémiplégique à 52 ans). La palpation du contenu utérin est impossible. L'auscultation est difficile ; on croit entendre deux foyers superposés à droite de la ligne médiane.

Les accouchements eurent lieu prématurément Île 22 mai après une rupture artificielle des membranes et à un quart d’heure d'intervalle, tous les trois par le siège.

A. Richard 4

RU Ves *

Deux des fœtus pesaient 4 kgr. 350, le 3 1 kgr. 300. Ils moururent le 1er, le 2° et le 5e jour. Ils étaient du sexe féminin.

Les placentas formaient une masse unique ; mais il s'agissait de grossesse triovulaire, chaque œuf possédant ses deux cloisons propres, choriale et amniotique.

Dans le cliché qui a permis de faire le diagnostic, on voit nettement (les crânes et les colonnes verlébrales, de même que quelques petits membres des fœtus qui sont superposés en position transversale : les trois têtes

occupent la partie droite de l’utérus.

OBsErvATION II Présentée par Sune Genell comme un « second » cas

de grossesse triple diagnostiquée par la radiogranhie.

Primipare, 29 ans, admise à la Clinique de Lund le 28 avril 1925. Les dernières règles dataient du 18 septembre et les mouvements fœtaux, du début de l’année. La femme avait eu des vomissements pendant les pre. miers mois de la grossesse ; un mois avant son entrée à la Clinique, ses jambes avaient enflé et, simultanément, l’abuminurie avait été observée. Pas de mal de tête, pas de troubles oculaires.

A l'entrée : ædème diffus à toute la figure ; de forts œdèmes aux jambes; pression sanguine 445/110 mm. hg. ; azote restant 27 mg.

Le volume de l’abdomen parait celui d'une grossesse à terme. Au détroit supérieur, à gauche, on sent une téte

fœtale balloter, et du côté droit on palpe une partie

fœtale qui pourrait être une {éfe aussi. En pratiquant le palper rectal, on sent, engagée au détroit supérieur du bassin, une tête qui n’est certainement pas la première, la mobilité n'étant pas aussi forte. On peut entendre des bruits fœtaux du côté droit et du côté gauche avec une zone silencieuse au milieu. Diagnostic : grossesse gémellaire.

Examen radiographique (D' Edling). Une radiographie, prise la femme couchée sur le côté droit, fait voir les têtes de deux fœtus du 7e au & mois : l’un au fond avec la tête en arrière et le dos en avant : l’autre avec la tête dans le grand bassin. Sur une autre radiographie, on peut voir la colonne vertébrale de ce fœtus aller en forme d'arc, vertical et convexe en arrière, vers la partie plus profonde du corps utérin.

Cette colonne vertébrale est croisée à angle droit par une autre colonne vertébrale, horizontalement placée, qui, par conséquent, doit appartenir à un éroisième fœtus.

Sur deux radiographies prises au-dessus du petit bassin dans la direction sagittale, on voit deux doubles contours appartenant à des crânes. Il est possible que ces doubles contours dépendent de mouvements d'un seul et même fœtus pendant l'exposition, mais 1l est plus vraisemblable qu'il s’agit de deux têtes l’une derrière l’autre et appartenant aux deux fœtus mentionnés en dernier lieu.

Par conséquent : grossesse triple.

Le 5 mai, à 20 heures, début des douleurs. Le 6 mai, à 16 heures, extraction par forceps d’un enfant féminin

de 1.760. gr. et 43 em. de long ; puis extraction par ver-

dy if

sion podalique d'un enfant féminin de 1.900 gr. et 44 cm. de long ; enfin, extraction par version podalique d’une fille de 2.060 gr. et 45 cm. de long.

Les deux ainées avaient le placenta et le chorion en commun. Le placenta et les membranes du troisième fœtus étaient parfaitement séparés des autres. Il s'agissait donc d’une grossesse triple à deux œufs.

La femme mourut 10 heures après l'accouchement de

collapsus dù à une hémorragie par inertie utérine.

OBsERvATION III,

Radiographie d'une grossesse triple par Abercombrie (1926).

Mme P..., 35 ans, a eu une fausse couche en 1933 ; sa deuxième gestation alla jusqu’à terme : elle accoucha le 31 décembre 1924 d’un enfant qui mourut à 8 semaines.

Examinée le 19 octobre 1925, elle déclara n'avoir pas vu ses règles depuis la naissance de cet enfant : cependant, l'interrogatoire montra qu'elle devait accoucher en janvier 1926. La présentation paraissait transversale.

Revue le 2 novembre, l'utérus arrivait presqu’à l’appendice xyphoïde, un volumineux hydramnios empêchait de déterminer la position.

Le 5 novembre, — c'est-à-dire probablement vers la 28e ou la 30° semaine de la gestation, — une radiographie fut faite par le Dr Loughborough à l'hôpital « Saint-Bartholemew » et interprétée comme suit :

« Il y à certainement deux, sinon trois têtes : une dans

l'hypocondre gauche, et une dans chaque fosse iliaque »...

Le 2 décembre, à 2 heures du matin, la malade entrait prématurément en travail et était admise à la maternité du « New End Hospital » de Hampstead sous la surveillance du D' Reade... A 10 h. 30, le col était à dilatation complète, les membranes furent rompues artificiellement, et une heure après naissait un premier enfant... A midi 45, rupture artificielle d’une deuxième poche des eaux. Aussitôt les douleurs cessèrent, et la femme s’endormit paisiblement,.

Le 4 décembre, au malin, après traitement par la méthode de Cordon Luker (huile de ricin, douche vaginale chaude, quinine), le travail recommença : le pouls et la température étaient normaux, aucune trace de méconium ne s’écoulait du vagin... À 18 h. 30, sous anesthésie générale, furent extraits vivants deux enfants se présentant par le siège...

Le placenta comprenait une seule masse, avec 3 cavités amniotiques et 3 cordons.

Les suites de couches se firent sans incident. Cependant deux des jumeaux moururent : l’un le 2e jour, l’autre le

15e jour.

OBsERVATION IV.

Présentée en 1928 par Herbert Marcus.

Primipare de 29 ans ; une cousine de son père avait eu des jumeaux ; dernières règles vers le 20 juin, les premiers mouvements fœtaux avaient été perçus en octobre

On pouvait donc admettre qu'il restait environ une

2 es

dizaine de jours à courir jusqu'au terme de la grossesse, quand le 15 mars la parturiente vint demander une consultation.

À son examen, on fut frappé par le volume et la saillie accuminée du ventre. Toutefois, en raison de la forte tension des parois abdominales, il fut difficile de se rendre un compte exact du contenu de l'utérus.

Au palper, on sentait deux surfaces résistantes donnant l'impression de dos ; on percevait de plus une tête à hauteur de l’ombilic. A l'entrée du petit bassin, le palper ne montrait aucune partie fœtale prête à s engager.

Les bruits du cœur fœtal ne s’entendaient à coup sùr qu’en un seul point. L'urine contenait des traces d'albumine.

Quand la parturiente revint 6 jours plus tard, / albuminurie avait augmenté malgré le régime prescrit; on lui conseilla donc de se faire admettre à la clinique. Les données du palper étaient toujours obscures ; pour cette raison, et dans l'hypothèse d’une grossesse gémellaire, on adressa la cliente au service radiographique.

Dès le soir de ce jour, la poche des eaux se rompit. Les douleurs s’établirent aussitôt après.

Au cours du travail, le service radiographique commu niqua son diagnostic, qui était celui de grossesse triple. Trois squelelles fœtaux étaient visibles. Deux étaient complètement développés ; le 32 mesurait environ 20 cm. (du sinciput au siège) et se trouvait dans une altitude ramassée, inordonnée, ce qui permettait de supposer qu'il était mort. Cette opinion trouva ultérieurement sa

confirmation dans le fait qu'un pariétal chevauchait sur

le temporal. Des deux fœtus, bien développés, le premier à s'engager se présentait par le siège ; le deuxième se présentait par l'extrémité céphalique.

A l'accouchement, qui se produisit quelques heures plus tard, la justesse du diagnostic radiologique fut confirmée de tout point... Les deux premiers enfants étaient vivants,

le troisième était mort et présentait des signes de macération.

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