‹ Contribution à l'étude des hanches congénitalement désaxéesChapitre 11 sur 60 · LA SUBLUXATION DEVIENT LUXATION · texte numérisé non relu

LA SUBLUXATION DEVIENT LUXATION

Quant à la transformation de la subluxation congénitale en luxation vraie, M'e Le Scolan cite un cas bien propre à nous faire réfléchir : Une luxation unilatérale droite accompagnée de subluxation du côté

po, Le

opposé. La réduction ne porte que sur la hanche droite, et est d’ailleurs obtenue. Mais à ce moment, la radio montre la transformation de la subluxation en véritable luxation.

y) LA SUBLUXATION PERSISTE.

Enfin la subluxation, lorsque d’une part la malformation est légère, que d’autre part des circonstances favorisantes ont permis à l’ossification d'empêcher la formation du « creux de glissement » (Calot), amorce de la luxation complète, la subluxation, disent la plupart des auteurs, peut persister à ce stade.

y) CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA SUBLUXATION

Déjà en 1906, Gourdon, de Bordeaux, avait apporté, au Congrès de Chirurgie, 3 de ces observations. Pour cet auteur, les signes cliniques consistaient en :

1° Une BOÎTERIE inconstante, souvent apparue brusquement.

2' Une prédisposition à la FATIGUE.

3° Des cRAMPES musculaires. |

4 Des DOULEURS articulaires.

Il n’hésitait pas à conclure à l’étiologie congénitale et à la parenté avec la luxation congénitale, mais faisait remarquer combien la symptomatologie fonctionnelle était différente.

Par contre les signes objectifs étaient en raccourci ceux de la luxation :

CLINIQUEMENT, laxité de l’articulation coxofémorale, ascension légère du grand trochanter au-dessus de la ligne de Nélaton.

DUR Ve

RADIOLOGIQUEMENT : Cotyles aplatis, incapables d’englober les têtes fémorales.

Depuis, ces observations se sont mulitpliées de telle sorte qu’anatomiquement, cliniquement et radiologiquement, la subluxation congénitale a acquis droit de cité avec des caractères bien définis, encore que les auteurs divergent fortement sur la façon de considérer certains incidents pouvant survenir au cours de leur évolution.

C’est pourquoi nous nous contenterons de donner ici les éléments du diagnostic de cette affection, tels qu'ils sont bien résumés dans la Thèse de Mlle Le Scolan où ils sont l’exacte reproduction des opinions de Nové-Josserand, tels qu’ils ont été décrits de façon fragmentaire par Delmas-Marsalet, Duvernay, R. Merklen et Lance et de façon complète par Calot.

CLINIQUEMENT : 1° LES SIGNES FONCTIONNELS sont la Boîterie et la Douleur.

La Boîterie résulte du degré de déplacement de la tête; la douleur de facteurs dont la variabilité lui confère une allure paroxystique.

2° LES SIGNES PHYSIQUES sont :

Une déformation légère de la hanche rappelant celle de la luxation (trochanter un peu remonté et saillant).

Une tête fémorale perçue très souvent en dehors des vaisseaux fémoraux.

Un raccourcissement toujours faible (jamais plus

de 3 cm.), parfois absent.

L’Atrophie du membre est fréquemment observée,

RADIOLOGIQUEMENT : les signes les plus constants sont :

D'une part, l'ascension du noyau épiphysaire audessus de la ligne passant par la partie moyenne des deux cartilages en Y;

La rupture de l'arc cervico-obturateur.

D'autre part, l’écartement du noyau épiphysaire dont une partie déborde la verticale passant par l’arête du toit.

Enfin il n’est pas permis de passer sous silence les signes, non reconnus par tous peut-être, mais qui ont le mérite d’être appuyés sur la réalité anatomique et qui ont été décrits par Calot :

1° LE COTYLE OVALAIRE A DOUBLE ÉTAGE, dans lequel on peut toujours sur l’os sec reconnaître l’ancien cotyle à l’arête de séparation d’avec le nouveau.

2° LE COTYLE A DOUBLE FOND, où l’arête de séparation s’est hypertrophiée au point de s’abaisser comme un rideau au-devant du fond de l’ancien cotyle.

Le cotyle au toit relevé en coup d’ongle peut entrer aussi bien dans une catégorie que dans l’autre. Ces expressions imagées se passent de commentaires.

Murk Jansen a insisté, lui, sur l’ISCHIUM VARUM, qui serait pour lui l’origine de tous les troubles. Mlle Le Scolan n’admet ni le coup d’ongle, ni l’ischium varum.

En matière de radiologie d’ailleurs, les signes incontestables sont rares. Delchef récemment a pu montrer leur fragilité, lorsqu'ils ne sont que le résultat d’une impression visuelle.

Nous verrons plus loin à propos de la hanche nor-

Page 1