HISTORIQUE
En remontant très loin dans l’histoire on retrouve les traces du traitement et de la symptomatologie des hématomes extraduraux. Déjà, Hippocrate écrit que si l’on néglige de soigner les traumatismes du crâne par la trépanation ou si l’on se borne à les traiter médicalement, les lésions « donnent lieu à une suite de symptômes montrant qu’il existe une pression sur le cerveau telle que : stupeur, somnolence, vertiges, céphalée, paralysie ». Par contre, il déconseille cette opération dans les fractures à grand fracas et dans le cas contraire en présence de signes de compression, on interviendra avant le 3° jour.
Héliodore, à Rome, sous le règne de l’empereur Trajan, pose comme indication de la trépanation les signes de compression « provenant d’un décollement de la dure-mère avec épanchement sous la boîte osseuse ».
Puis, la médecine pure reprend tous ses droits et durant le Moyen Age, si l’on excepte un ou deux médecins arabes, la chirurgie cranienne tant pour le traitement que pour la symptomatologie, tombe dans l'oubli.
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On ne retrouve aucune publication portant sur les hématomes extra-duraux avant Jean de Vigo qui, au xvr siècle « observe rarement, mais cependant cela se voit de temps à autre, que l'os reste intact et que néanmoins il se forme un épanchement sanguin à la surface des méninges. Ce sang se coagule, se décompose, et devient ainsi la cause de grandes douleurs, d’une forte excitation et de phénomènes graves, contre lesquels personne ne peut être protégé ». Il ne trépanne que pour évacuer le pus.
Berengerio, un des premiers instaurateurs de l’anatomie moderne trépane pour une collection de pus qui ne peut s’écouler. Ambroise Paré, dans « la méthode curative des playes et fractures de la teste humaine » déconseille la trépanation en présence de fracture, mais la recommande pour évacuer le pus et les humeurs qui ne peuvent s’échapper de la boîte cranienne.
En 1664, le comte Philippe de Nassau, à la suite d’un accident, présenta tous les symptômes de compression par épanchement extra-dural. Rien ne permettait à cette époque, au chirurgien Henri Chapdon de le localiser. Il trépana le comte et ce ne fut qu’à la 27° rondelle de trépan qu’il découvrit l’hématome. Le malade guérit sans séquelle et put même, dès lors, boire beaucoup plus de vin qu'auparavant.
En reconnaissance de cette guérison, Philippe de Nassau lui donna l’attestation suivante :
« Ego infra scriptus attesto me ab Henrico Chap-
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don, chirurgo, postquam vigesces septies caput perforasset, reècte sanatum fuisse ».
La lecture de cette observation fit dire à Broca plus tard que cela faisait bien les couronnes sur une tête royale.
La fondation de l’Académie de chirurgie, à Paris, en 1731, fit faire un grand pas à toute la technique chirurgicale. En particulier un de ses membres Jean- Louis Petit, a établi le premier, la symptomatologie des hématomes extra-duraux. Dans son œuvre posthume parue en 1767, il pose la notion d'intervalle libre.
& La chute du blessé après le coup, la perte de connoissance, l’assoupissement, la paralisie, la convulsion, le saignement de nez, de la bouche et des oreilles, sont accidents assez ordinaires aux plaies de teste. Si ces accidents paroissent d’abord, c’est un signe qu’ils sont causés par la commotion ou par la fracture; et s’ils ne paroissent que dans la suite, c’est à l’épanchement ou à l'inflammation qu'il faut les attribuer. Enfin, suivant qu’ils se montrent plutôt ou plus tard, qu’ils disparoissent ou qu’ils subsistent, ils désignent des plaies de différents caractères ».
Puis, durant plus d’un siècle, une discussion s’élève entre chirurgiens partisans de l’intervention ou de la non-intervention dans les traumatismes du crâne. Larray, le chirurgien de la grande armée, recueillit des documents importants pendant les campagnes de l'Empire. Il était assez peu partisan de la trépanation, puis il faut arriver à Duchesne en 1890, pour voir
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fixer le syndrome de rupture de l'artère méningée moyenne et la formation d’un hématome extra-dural pour lequel on interviendra. Il décrit exactement la période de lucidité ou « freie intervall » des Allemands, suivie de son cortège symptomatique allant peu à peu jusqu’au coma.
À peu près à la même date, Krônlein décrit le syndrome de compression par hématome extra-dural et opérant six malades en 10 ans, les sauve tous les six.
Jusqu’à cette époque, les cas d’hématomes extraduraux sont rares. L’apparition d'automobiles, l’augmentation de la vitesse des transports, déterminant une plus grande violence des chocs, les rendent plus fréquents. Vuillet, de Lausanne, note que sur 100 traumatisés du crâne entrant à l’hôpital de cette ville, on n’en trouvait que 0,64 cas en 1890, et 2,4 déjà en 1902.
C’est l’époque où paraissent successivement les thèses de Gérard Marchant (Paris 1881), de Luys (Paris 1900) et de nombreux travaux de différents auteurs; la question sera de plus en plus approfondie jusqu’à la guerre de 1914-1918.
L'apparition du manomètre de Claude, transforma totalement les possibilités de diagnostic. Les travaux de Duret, sa théorie sur le choc céphalo-rachidien, les travaux de Courtney, de Boston, sur l’œdème cérébral et sa théorie de l’anémie cérébrale, firent voir la question sous un jour physio-pathologique nouveau.
Puis, c’est l’époque d’après-guerre. Ce sont les