LES HEMORRAGIES FONCTIONNELLES DANS LES MALADIES DU TUBE DIGESTIF
Il devient d’une notion de plus en plus courante que certaines affections digestives peuvent être à la base de lésions hémorragiques à distance, se produisant par un mécanisme encore mal connu. Ces cas, étiquetés « dyspepsie secondaire », hémorragie « réflexe », etc., sont admis actuellement par Faroy, par Chiray, par Pauchet, par P. Duval, par Gutmann, etc. pour ne citer que les auteurs français.
Nous voudrions envisager, dans ce chapitre, tous les cas de saignement de la muqueuse digestive, déterminés par un trouble fonctionnel ou même par une lésion de l’appareil gastro-intestinal, mais lésion qui, en elle-même, n’est pas génératrice d’hémorragies. Nous nous bornerons à relater ici les faits cliniques, en nous réservant de revenir plus loin sur le problème pathogénique et expérimental qu'ils soulèvent.
La cause la plus anciennement connue parmi
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ces cas est : l’appendicite. Dieulafoy a décrit le « vomito negro » appendiculaire, mais, dans les appendicites aiguës « hypertoxiques » et d’après Ghiray et Amy, il s'agirait, ici, d'hémorragies par insuffisance hépatique. Des auteurs plus récents décrivent des hématémèses dans l’appendicite chronique (Pauchet, Dalsace, Bassler), Dans les cas décrits par ces auteurs, la preuve thérapeutique de l’étiologie a été donnée par le fait que les malades ont cessé de saigner après l’appendicectomie. Inutile d'ajouter que dans tous les cas l’on s’est d’abord assuré de l’absence de toute lésion ulcéreuse.
Les mêmes faits ont été signalés pour les cholécystites (Mauvais, Basset) et pour les adhérences péritonéales diffuses (P. Duval et J.-Ch. Roux, Dubos, Chiray et Amy, etc.).
Les cas les plus curieux sont ceux où il y a simplement un trouble du transit intestinal : stase colique (Pauchet), mégacolon et dolichocolon (Chiray et Amy).
D'après les statistiques de Shaw et de Gutmann, la fréquence de ces hémorragies secondaires est considérable : 34 % des hémorragies, d’après Gutmann. Il est bien entendu qu'il ne s'agit pas toujours de
saignements sans lésions visibles. On trouve tantôt de grosses congestions de la muqueuse, étiquetées gastrite, duodénite, colite, etc., tantôt un aspect de la muqueuse qui « pleure du sang » (Schindler) ou de petites lésions en « piqûre de puce » (Moynihan) ou enfin de véritables ulcérations. Ces dernières n'ont pas l’organisation définitive des ulcères ronds de Cruveilhier. On a bien impression d’une lésion passagère rappelant « l’exulceratio simplex » de Dieulafoy.
Il semble bien que dans ces cas l’absence complète de toute lésion peut s’observer lorsqu'on examine ou lorsqu'on opère un malade loin des périodes hémorragiques. À ce moment-là, les altérations de la muqueuse, de caractère fugace, peuvent avoir complètement disparu.
Quant au caractère commun des causes qui provoquent ces hémorragies fonctionnelles secondaires, il nous semble que Chiray et Lamy les ont bien distinguées en les décrivant comme des : périviscérites. Dans presque tous les cas, on a constaté des adhérences péritonéales plus ou moins étendues. Nous verrons plus loin le rôle possible que ces adhérences peuvent jouer.