LES CAUSES HABITUELLES DES HÉMORRAGIES DIGESTIVES
Nous entendons par hémorragie digestive, l’épanchement du sang dans la cavité du tube digestif depuis l’œsophage jusqu'au rectum et s’évacuant sous forme d'hématémèse ou de melaena. Ge qui est de loin le plus étudié parmi ces hémorragies c’est l’'hématémèse, car elle est bien plus dramatique, elle inquiète bien plus le malade et l’amène à consulter de ce fait. Le melaena, même lorsqu'il n’est pas occulte, laisse les malades plus longtemps indifférents ; on l’attribue à des hémorroïdes ou on ne remarque même pas la coloration noirâtre des selles.
Il est très difficile actuellement d’avoir une idée de l'importance respective dés diverses causes des hémorragies digestives. Nous nous contentons dé réproduire ici lés statistiques les plus récentes, malgré leurs contradictions.
D’après les données de la clinique Mayo, Rivers et Wilbur donnent les chiffres suivants, basés sur 668 cas d’hématémèse :
A EE Uleère duodénal: 7m 0e 53,30 % Ulétre gastrique RP ERP PECERE 6,40 Histoire clinique d’ulcère non con-
firmée par la radiologie ...... 3,30 Ulcère secondaire me are 13,80 CADCEL Sr LR TI PA ARETREURE Er 12,60 Myonie DER ITRNCRAUAES EC ESC 0,19 Lésion pylorique riens sur sen VERMOREE SYDRILIS (CasiFiIquer RETENUE 0,15 A dénoïné :ducdénail ie enr 0,1) Fistule cholécystoduodénale ...... 0,30 Girrhôse. du foie. HEURES RE 1,80 A TÉTU IIS RIÈRIQUE EE NENENPRREEE 2,70 SDIÉDÉCIOMIEN TIME RE RES 0,60 Gholécystite NE SRE ERETREE 1,90 JetèrethémoNhque eme es en 0,10
Hémophilie avec histoire d’ulcère 0,15 Purpura hémorragique .
Indéterminé
Cette statistique est intéressante à plus d’un point de vue. En effet, sur les 668 cas, 432 ont été opérés et 236 ont subi un examen clinique complet. Or, sur les 432 malades opérés, 5 fois seulement on ne trouve rien. Dans l’ensemble donc, on pourrait dire que le diagnostic étiologique des hématémèses est facile et peut être posé avec une
SE S 2MQT ART
grande précision. Dans 89 % des cas environ, il s'agit d’une lésion gastroduodénale : ulcère, cancer, etc., 8,5 % sont dûs à des causes extra-duodénogastriques, mais facilement reconnaissables. Reste donc seulement environ 2,5 % de cas où le diagnostic n’a pu être posé.
Tout autres sont les conclusions des autres auteurs récents qui ont publié des statistiques semblables. Un auteur américain, Berkman a pu relever dans une statistique allant de 1927 à 1930, 55 cas d’hématémèse de cause indéterminée. (Le chiffre total des cas n’est pas donné). Sur ces 75 cas, 18 ont été opérés. Voici les découvertes opératoires
Uicère duodénalt# el PÉRRSELE 7 Sarcome du diverticule de Meckel .. 1:
Cancéniéunal er nr). 47 RAA à Lésion indéterminée de la petite COUFDUTO NL A LEA DÉC R I Cause apparemment absente . . . ..... 8
Reste encore 57 malades non opérés dont un seul mourut et se trouva être atteint d’un ulcère duodénal.
La statistique de Gutmann et Demole montre une proportion encore plus importante de causes inconnues. Elle est basée sur 100 cas.
Lésions gastro-duodénales . . ........ 24
(dont 19 ulcères)
Troubles gastro-intestinaux sans lé-
sion hémorragique , .. ........., 34 Cas divers (foie, rate, eta.) ........ 21 Cause indéterminée . : . ...,.....%. 24
La statistique de Shaw, donne des résultats du même ordre que celle de Gutmann et Demole. Elle porte sur 28 cas d’hématémèses :
Uicére'de l'estan vs es Pre Ulcère du duodénum ,:....:...:,- DIcère duTé En eee RS
Aer MIRE RES LS AR RS RC MERES
On voit donc combien les statistiques sont contradictoires et qu’il est à peu près impossible d’être fixé sur la proportion des cas à étiologie indéterminée. Et tout ceci ne concerne encore que les hématémèses. Si l’on y ajoute les hémorragies gastrointestinales, s’extériorisant sous forme de melaena, la proportion des causes obscures augmente encore. Nous éliminons ici, bien entendu, tous les cas aigus : hémorragies intestinales de Ha fièvre typhoïde, de la dysenterie, etc. et nous n’envisageons que Îles hémorragies qui surviennent chez des sujets qui ne sont pas atteints d’une maladie diagnostiquée.
EE
Tout ce qui ressort de cette brève étude que nous avons fait de l’étiologie « habituelle » des hémoragies digestives, c’est qu’il existe incontestablement des cas où la muqueuse gastro-intestinale saigne sans qu'il y ait une ulcération, une perte de substance persistante.
Bien entendu, l’existence de tels cas ne doit pas nous faire oublier que les causes les plus fréquentes des hémorragies digestives sont constituéès par les ulcères et les cancers et ce n’est qu'après les avoir recherchées, par tous les moyens, qu'on doit supposer l’existence des autres.