HA EE VAS
du sang s’écoulera le long du bras de l’opérateur, comme dans le cas du D: Pingeon (1). Cette fois, on se rendit maître de l’hémorragie et la femme ne mourut pas. Jummé (2) rapporte un cas semblable survenu dans les mêmes circonstances. Le thrombus était de la grosseur d’une tête d’enfant et en se déchirant donna issue € à environ deux pintes de sang ». Il fut tamponné et malgré l’arrêt de l'hémorragie, la femme succomba dans une syncope. La déchirure se fait parfois après l'expulsion du fœtus (obs. XV) el il en résulte une hémorragie dont on ne pourra remonter à la véritable source qu’en examinant attentivement la parturiente.
Hémorragies du vagin. — L'hémorragie vaginale,
comme nous l'avons vu dans l’étiologie, peut être
artérielle ou veineuse. Dans le cas où une artère du vagin est déchirée, le sang s'écoulera rutilant, parfois en jets saccadés isochrones au pouls de la mère. Si les vaisseaux artériels intéressés se trouvent au niveau de l'hymen ou de la partie basse du vagin, le sang s’écoulera dès la sortie de la tête et s'épanchera audessous ou sur les côtés du cou du fœtus. Ces hémorragies vagino-hyménéales peuvent aussi se manifester plusieurs heures après l'accouchement (obs. XVI). Si l’'hémorragie vient des deux tiers supérieurs du vagin, l'écoulement sanguin se manifestera après
1. Pingeon. Arch. de méd., 10e année, t. XXX, 183. Rap. dans la thèse d’agr. du Professeur Budin (1878). 2, Jummé. Rev. de méd. et de chirurg., t. VIL, D'rTaS
sn ET U one
l'expulsion du fœtus. On se rendra compte de son Siège par l'emploi du spéculum qui, en écartant les parois du vagin, rendra plus facile la projection du sang (obs. XVID surtout s’il vient d’une artère.
L’instrument, en comprimant les tissus, peut arréter momentanément la perte de sang ; dans ce cas, en le retirant lentement et en le tournant dans tous les sens, on parviendra à trouver la source de l’hémorragie qu'indiquera un jet de sang en arcades, isochrone au pouls de la mère, ruisselant le long des valves du spéculum.
Qu'un diaphragme vaginal se rompe pendant le travail, c’est pareillement après l'expulsion de l’enfant que l'écoulement du sang attirera l’attention (obs. XVIII).
Mais habituellement, les hémorragies vaginales sont perfides, tenaces. Cet écoulement de sang continu peut altérer l’état général de la femme au point que la päleur de celle-ci, la disparition de son pouls, avec un utérus pourtant bien contracté, sont les seuls signes qui éveillent l'attention de l’accoucheur et le mettent en devoir de faire un examen minutieux des organes génitaux : alors, seulement, on découvre la lésion, source de cette hémorragie opiniâtre(obs. XIV) (obs. XX).
Il arrive même parfois que le sang ne s'écoule pas à l'extérieur ou s’écoulé si peu abondamment, qu’il ne suffit pas pour expliquer l’état véritablement alarmant de la parturiente : ce sont les cas où la rupture du cul-de-sac postérieur s’accompagnant
d’une lésion de la séreuse péritonéale, le sang s’épanche dans cette cavité en raison de la position déclive ou de l’étroitesse de l’orifice extérieur. Si par cette lésion, une grosse artère, l’utérine par exemple, se trouve déchirée, le sang coulera à flots, et rapidement les jours de la femme seront mis en danger. Hémorragie due à la rupture de varices et de thrombus. — Si le sang vient d'une veine variqueuse rompue, il sera noir et coulera d'une façon continue et en bavant. Il n’y aura pas d’hémorragie pendant l'expulsion de l'enfant mais, après sa sortie, une large tache de sang marquera la région du fœtus qui aura élé en contact avec le siège de la lésion. Au fur et à mesure de la descente, la plaie aura été comme léchée, essuyée par la partie fœtale. Dans le Progrès médical de 1855, M. Budin (x) relate deux observations de ces hémorragies, et dans l’une, il put, avec ce seul signe «au grand étonnement des élèves, prédire une hémorragie des parois du vagin », ce que confirmèrent l’écoulement de sang qui se fit ensuite et la découverte d'une varice dont les parois s'étaient rompues, L'hémorragie due à la rupture d’un thrombus ne présente pas de signe particulier et ressemble en tout point à celle que nous avons décrite à la vulve à propos de la même affection, Cependant un héma-