Budin. Progrès médical. Note sur un signe permettant de
reconnaitre une hémorragie des parois du vagin après l’accou-chement, 1877.
DT Re
tome formé dans la cavité vaginale, peut se rompre pendant le travail et donner lieu à une hémorragie continue pendant toute la période d'expulsion et qui se tarira ensuite. Cette continuité de l'écoulement sanguin durant la période d’expulsion s'explique par ce fait que la partie fœtale profondément engagée dans l’excavation forme tampon et empêche le retour du sang.
Hémorragies du col. — Les hémorragies du col sont caractérisées par un écoulement sanguin peu abondant à la fois, Le flot est petit, c’est un filet plus qu'autre chose, mais il continue sans cesse. Le sang est liquide, rouge, rutilant, au lieu d'être noirâtre et en caillots, comme lorsqu'il vient des. sinus utérins » (Demelin) (1). Ces hémorragies se manifestent surtout après la sortie de l'enfant, car pendant l'expulsion, la région du fœtus qui s'engage comprime la partie lésée, resserre les parois des vaisseaux et empêche l’écoulement du sang. Voici quelle est la marche de l’'hémorragie d’après Weiller. L'enfant sorti, il se produit un écoulement de sang rouge, liquide qui, bientôt, subit un temps d'arrêt à cause du tassement des organes pelviens : « Le corps de la matrice s’infléchit sur le col, fait obstacle à la circulation et provoque l'hémostase au niveau de la plaie cervicale. L’hémorragie recommence petit à petit, le sang provenant de la plaie du col se
1. Demelin. /?evue générale de clinique et de thérapeutique, p. 645.
De Lacoste
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mêle à celui qui est dû au décollement du placenta, puis tout d’un coup l’hémorragie s'arrête de nouveau. La délivrance est faite, l’utérus bien rétracté, l’hémorragie reparaît avec les caractères propres à une hémorragie artérielle, car lorsqu'il n'existe pas de varices ou s’il ne s’est pas produit un thrombus au niveau du col, ce sont en général les artères du col qui donnent du sang et non pas les veines. » Cette description nous semble plutôt théorique, car le plus souvent il faut attendre l'issue du délivre, pour remonter à la véritable cause de l’'hémorragie, le diagnostic étant incertain à cause de la présence du placenta dans la cavité utérine, et ce n’est qu'une . fois la délivrance opérée que le diagnostic viendra s'affirmer, que l'hémorragie apparaîtra avec ses caractères propres. Il est vrai que parfois — et cela s'observe quand le décollement du placenta présente des difficultés ou est enchatonné en partie dans l’une des cornes de l’organe — tandis que l'utérus est dur, se contracte bien, une hémorragie peut provenir d'une déchirure du col, ce que constatera le toucher (obs. XXV). Donc, si après l’issue du placenta, l'hémorragie persiste, si en palpant le ventre on sent l'utérus dur et rétracté, si l'examen de la vulve, de la partie inférieure du vagin, reste négatif on peut être certain que le sang vient du col ou des parties supérieures du vagin. Ces caractères propres à l’hémorragie des déchirures du col, Duparcque les avait déjà signalés : € Peut-être un certain nombre de cas que l’on rapporte aux hémorragies utérines
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actives et dans lesquelles un sang rutilant est lancé comme à flots et par jets à travers la vulve, en même temps que la dureté du globe utérin indique qu'il n'existe pas d'inertie, peut-être, dis-je, que dans quelques-uns de ces cas, ce phénomène jusqu’à présent mal expliqué provient de cette circonstance : savoir de la déchirure des vaisseaux utérins par suite de rupture du col. » C’est aussi l’avis de Fristch qui insiste sur ce signe : (€ Si aussitôt après la sortie de la tête, il se produit un jet de sang liquide, celui-ci provient toujours du canal cervical, car si le sang vient d’un décollement prématuré du placenta, il est coagulé et sort en gros caillots. La couleur claire du sang vu au grand jour est aussi un signe d’une grande importance. » L’affirmation de Fristch est un peu trop catégorique, car ce sang rutilant, vermeil, peut venir aussi des parties supérieures du vagin et alors ilimporte de faire soigneusement l’examen de la femme. On aura recours au toucher et à l’emploi du spéculum.
On fera le toucher en dirigeant d’abord le doigt vers l’intérieur du col du côté où était l’occiput — ce que l’on sait aisément suivant la façon dont s’est faite l'extraction — car c’est le plus souvent en ce point que siège la lésion. Si la délivrance n’est pas faite el que le placenta commence à s'engager dans le col, on sent que l'endroit du col déchiré «n'est plus interposé entre le doigt et le délivre » (Bartlett). Si la délivrance est faite, il n’est pas toujours
facile de découvrir la lésion qui peut siéger à une
hauteur différente. « Souvent, surtout dans le vagin, ce n’est qu'une solution de continuité en forme de coupure, tandis que plus en haut, il peut y avoir un trou rond. » (Frischt). On complétera le diagnostic, — dès l’abord il est même préférable d'employer ce procédé, — par l'emploi du spéculum ou d’une valve dé Simes. On attirera doucement le col avec une pince et l’on aura la lésion sous les yeux. Hémorragie par rüpture de varices. — Si l'hémorragie provient d’une rupture de varices du col, elle se produit au début du travail, car c’est au moment où la tête, poussée par la contraction utérine, vient les comprimer qu’elles se rompent. ILs’écoule alors du sangnoir, en jetnon saccadé, mais continu, et bientôt, quand la tête est descendue, les vaisseaux se trouvant comprimés, l’hémorragie cesse. Le toucher révèle une portion du «col épaissie, pulpeuse. On sent une tuméfaction rugueuse, dépressible, et au delà la véritable surface utérine, de laquelle on ne peut détacher aucune partie de la tumeur: signe différentiel avec le placenta prævia. On remarque en outre que, si on appuie sur la tumeur, l'écoulement sanguin diminue ou cesse tout à fait et que la tumeur elle-même cède et devient plus petite, tandis qu’elle reparait avec l'écoulement aussitôt que l’on abandonne la compression » (Bordas) (1). Dans l'observation de Peu (2), on voit que le col, poussé par la partie