OBSERVATION VI
(Empruntée à la communication de M. Audebert. Congrès de Genève, 1896.)
Hémorragie clitoridienne.
Mne À. P..., vingt-quatre ans, institutrice, primipare, accouche le 25 juillet 1895 d’un enfant de poids moyen 3.250 grammes après un travail qui a duré vingt heuresenviron. L’ampliation périnéale s’est faite lentement, quoique les tissus fussent élastiques et parfaitement extensibles. L'accouchement terminé, la délivrance s'effectue rapidement, accompagnée d'une hémorragie très abondante ; l’utérus est dur, bien rétracté, et la sagefemme pensant que l'hémorragie est due à l'inertie du segment inférieur, administre de grandes injections chaudes, Ces douches vaginales pas plus que le tamponnement du segment inférieur ne modifient l'abondance de l'écoulement, Arrivé près de la parturiente, j’examine avec attention l’orifice vulvo-vaginal et je constate que la fourchette est absolument intacte, mais que sur la racine gauche du clitoris existeune déchirure linéaire longue de 3 centimètres environ et s'étendant obliquement sur la face interne de la petite lèvre gauche, jusqu’au niveau de l'anneau vulvaire qui est lui-même déchiré. La compression digitale arrête momentanément le sang, mais l’hémorragie recommence aussitôt que le doigt est remplacé par un tampon de coton aseptique.
Les serre-fines, les pinces à forcipressure ne donnent pas un meilleur résultat.
À défaut d'aiguilles à sutures, je me résous à badigeonner