OBSERVATION XXV
(Empruntée à la Statistique de la Clinique d'accouchement
Tarnier. Année 1903).
Hémorragie du Col.
La nommée L..., trente-trois ans, ménagère, VIT-pare, entre à la Clinique le 27 août, à 1 heure du soir.
Palper difficile (adiposité, œdème, excès de liquide amnio-
tique). Cependant on croit pouvoir affirmer que l'extrémité
céphalique est en bas.
Bruits du cœur normaux.
Dilatation de 2 centimètres. Poche des eaux intacte et volumineuse. Partie fœtale élevée. Douleurs rapprochées. Etat général bon. Albuminurie intense. Soins préliminaires habituels : lavement, grand bain tiède.
À 2 heures, quand la sage-femme de garde examine Ja parturiente, à la sortie du bain, elle est frappée de l’œdème énorme des cuisseset du sus-pubis. Elle respire mal, son visage est rouge ét congestionné. Elle se dit inquiète de l'issue de son accouchement, M. Pierra la rassure et elle se colore un peu.
Les contractions se rapprochent, la dilatation s'effectue rapidement. La partie fœtale descend, et l’on constate que l’on a affaire à une présentation de la face en M. I. D. P.
À 2 h. 1/2, dilatation complète, et rupture spontanée des membranes, liquide teinté de méconium. Les bruits du cœur, sans se ralentir, deviennent un peu irréguliers.
La tête effectue sa rotation et se dégage spontanément en M. P. à 3 heures, mais les épaules n’ont pas tourné et restent dans le diamètre oblique D. On met la femme en travers du lit, et le moniteur de garde tire pour dégager les épaules. Ce n’est qu'après dix minutes de tractions énergiques qu'il y parvient.
L'enfant, très volumineux, semble d'abord en état de mort apparente. Mais, après quelques tentatives inutiles pour le ranimer, on ést bien obligé de constater que la mort est réelle. Il pèse 5.300 grammes, sa longueur est de 60 centimètres, ses
diamètres céphaliques sont les suivants :
O: M. 15. — O:F. 13,2. — S.O.B. 10,5. — B. P.r1. — D'NEC 2
Bis-acromial : 17,6.
À peine M. Pierra a-t-il quitté la parturiente, pour suivre son enfant : la crèche, que l'élève chargé de la surveiller le rappelle auprès d'elle. Elle a une hémorragie, et perd très rapidement, presque instantanément, une abondante quantité de sang, peutêtre 1 litre. Cependant l'utérus est dur, ne remonte pas très haut se contracte bien sous la main, qui en maintient le fond. Il ne s’agit donc pas d’une hémorragie par inertie. L'état général est mauvais ; facies pâle, exsangue ; pouls petit et filiforme ; une syncope semble menaçante. Immédiatement, M. Pierra pratique une injection de sérum artificiel. On fait également des piqûres de caféine et d’éther. [l tente, sans succès, la délivrance par expression et traction. En présence de cet échec, et bien que la femme ne perde plus, il se décide à pratiquer la déivrance artificielle, sur l'avis de M. Bouchacourt. Pendant toute l'intervention, la femme, trop faible pour être anesthésiée, respire de l'oxygène. Au toucher, on trouve, comme il fallait s’y attendre, un col irrégulier, déchiqueté sur tout son pourtour avec, du côté droit, une large lacération, dont on ne peut apprécier exactement l'étendue. Le décollement du placenta présente des difficultés : une portion notable est enchatonnée daus la corne droite de l'utérus, et l’on ne parvient que difficilement à l'en séparer. L'utérus ne saigne plus ; mais, maintenant, ilse contracte mal. On fait passer dans sa cavité, successivement, 8 à 10 litres d'eau iodo-iodurée très chaude, en même temps qu'avec une main on exerce sur le fond de l’organe, à travers la paroi abdominale, un massage continuel. Le muscle réagit d'abord, puis se lasse bientôt, et redevient flasque. En même temps, l’état général s'aggrave : le pouls est de plus en plus petit ; la femme étouffe, s’agite.
Pour prévenir une nouvelle hémorragie, M. Bouchacourt
pratique un tamponnement utéro-vaginal très serré. En abaissant le col à la vulve, il constate, moins encore que par le toucher, la séparation du col, à droite, en deux larges lambeaux, par une déchirure qui remonte jusqu'à l’insertion vaginale. Il est 4 h. 1/2 quand la double intervention est terminée.
Malgré les soins, l'état général empire. Le pouls est nul; la dyspnée extrême. Il y a de l'agitation, presque du délire, De nouvelles piqûres d’éther, de caféine sont faites. On tente en vain la respiration artificielle, les tractions rythmées de la langue, et la femme meurt à 5 h. 1/2.
Autopsie. — Non faite.
OBSERVATION XVI (Recueillie à la Maternité).
Hémorragie du col et du vagin. — Tamponnement
cervico-vaginal.
La nommée G..., primipare, domestique, âgée de vingt-deux ans.
Antécédents héréditaires. — Père bien portant. Mère morte d'une fluxion de poitrine.
Antécédents personnels. — Ignore à quel âge elle a marché Fièvre typhoïdeà huit ans.
Réglée à seize ans : depuis régulièrement.
Entre dans le service à huit mois de grossesse.
Bassin normal. Urines normales,
Sommet engagé en G. A. |
Le 8 mai, à minuit, elle descend à la salle de travail avec
une dilatation de 2 centimètres.