QUE
entendre ou peut-être pas comprendre ce qu'on lui disait ; il trouvait péniblement ses mots et parlait lentement ; il marchait avec difficulté ; il n’était pas aveugle.
Le malade eut trois attaques d’épilepsie jaksonnienne dans la même matinée et succomba au cours de la troisième. J’assistais à la seconde.
Au début de l'attaque, le malade était en résolution, les membres étaient atteints de paralysie flasque. Les paupières, largement ouvertes, découvraient le globe oculaire dont la pupille, très dilatée, occupait le centre de l'orbite.
L'attaque commença par le membre supérieur droit qui se contractura d’abord en extension, puis en flexion du coude. A ce moment la tête et les yeux se tournèrént vers la droite et la face commença à se contracter.Quand l'attaque eutatteint toute son intensité, on remarqua les phénomènes suivants :
La face était déviée vers la droite, déviation fixe qui ne s’accompagnait pas de mouvements alternatifs de rotation à droite et à gauche. Tous les ‘muscles de la face étaient aniuiés de contraction rythmiques, contractions beaucoup plus accusées du côté droit, mais encore très appréciables à gauche.
Le frontal et l’orbiculaire des paupières se contractaient avec uhe intensité égale des deux côtés. Grâce aux contractions de l’orbiculaire, les globes oculaires étaient à chaque instant découverts, et on les voyait absolument fixés à droite et en haut de l'orbite, sans qu'il existât de mouvements nystagmiformes.
La bouche était largement ouverte; elle était immobilisée dans cette position et l’on voyait très nettement, que la langue, collée au plancher de la bouche, n'était le siège d'aucun mouvement. La respiration était bruyante. L'attaque avait commencé parun gémissement.
Au membre supérieur droit,les doigts étaient modérément fléchis dans la paume de la main et immobilisés dans cette attitude ; le poignet était immobilisé en extension : le coude était contracturé en flexion dépassant un peu l'angle droit. Les mouvements convulsifs n’existaient que dans l'épaule
on
qui se soulevait à chaque instant par de brusques haussements; le membre supérieur ainsi contracturé, les mouvements du bras ressemblaient à ceux d’un chef d'orchestre battant la mesure.
Les membres du côté gauche et lemmembre inférieur droit n'étaient le siège d'aucun mouvement.
On déterminait des réflexes exagérés par la percussion des tendons rotuliens des deux côtés.
Autopsie. — L'autopsie montra un épaississement généralisé de la pie-mère sur la face externe des deux hémis- Phères. Mais, en outre, il existait de l’imprégnation sanguine des méninges dans un point très limité de la corticalité gauche. Dansce pointla pie-mère avait une teinte ecchymotique, et quand on la détachait de l'écorce on voyait que les circonvolutions restaient rugueuses, ce que l’on ne remarquait pas sur les autres circonvolutions.
La zone de l'écorce répondant à l’ecchymose pie-mérienne était ainsi constituée :
19 La moitié inférieure de l'implantation de la deuxième frontale sur la frontale ascendante;
2° Une portion de la troisième frontale limitée en avant par le prolongement de la branche verticale de la scissure de Sylvius, en arrière par la frontale ascendante, en bas par une ligne menée de l'extrémité inférieure du sillon de Rolando à l'extrémité supérieure de la branche verticale de la scissure de Sylvius. On voit que l’opercule frontal et le cap de la troisième circonvolution frontale restaient en dehors de la zone lésée ;
30 La frontale ascendante sur toute sa largeur dans une hauteur correspondante à celle des lésions des deuxième et troisième frontales ;
4° La pariétale ascendante dans toute sa largeur sur la même hauteur que la frontale ascendante. L’opercule rolantique était sain, sauf en arrière.
En ce point l’imprégnation sanguine atteignait les limites
LE 96 de l’opercule roland:que et de l’opercule pariétal, maïs sans empiéter sur la deuxième pariétale.