‹ Contribution à l'étude des Hémorrhagies MéningéesChapitre 21 sur 28 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

(MM. Paul CouRMoNT et Cape, Archives de Neurologie 1900,n° 55.)

HÉMORRHAGIE MÉNINGÉE SOUS-ARACHNOIDIENNE.

A) Observation. — Le 13 novembre 1890, on amenait à l’'Hôtel-Dieu, salle Saint-Augustin, un homme sans connaissance, paraissant âgé d’une soixantaine d'années, et qu’on venait de trouver étendu sur la voie publique. C’étaient là les seuls renseignements qu’on pouvait recueillir sur son. compte.

Examiné dès le soir même de son entrée, il présente les particularités suivantes : il est plongé dans ie coma, étendu immobile dans son lit, les paupières fermées, la respiration calme. La résolution n'est,'d’ailleurs, pas complète : des excitations cutanées un peu fortes déterminent encore des mouvements dans le membre supérieur droit, et même ce membre présente des mouvements spontanés, le malade l'étend et cherche à saisir ce qui se trouve à sa portée, par exemple les vêtements de ceux qui l'entourent. Ce membre présente un certain degré de raideur, tandis que le membre supérieur gauche est flasque, retombant lourdement. Les membres inférieurs, plus ou moins repliés, sont aussi contracturés. Il existe une paralysie du facial inférieur droit, le malade fume la pipe et soulève à chaque expiration la commissure droite. Les pupilles sont égales avec conservation du réflexe lumineux. La température est abaissée (36°4). Les urines sont de coloration normale et contiennent un peu d’albumine.

Le lendemain matin (14 novembre), nous constatons la per i:tance et l'aggravation de l'état comateux : le malade est étendu dans son lit, sans déviation de la tête, les yeux à

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demi fermés, nettement déviés à droite, le regard légèrement plafonnant. Les pupilles sont inégales, la pupille gauche étant plus petite ; elles sont de dimensions restreintes et se contractent encore sous l'influence de la lumière. On ne peut apprécier l'état de la langue. La commissure buccale est abaissée et efñlée à gauche ; le facial inférieur gauche est parésié. Le malade respire la bouche ouverte. Les membres du côté gauche sont absolument flasques et tombent lourdement. Les membres inférieur et supérieur droits présentent, au contraire, de la raideur.

Les réflexes tendineux sont conservés et normaux des deux côtés. Les réflexes plantaires sont aussi conservés mais présentent la modification signalée par Babinski : l'excitation plantaire détermine des deux côtés un mouvement d'extension des orteils.

La respiration est irrégulière mais sans affecter de type spécial. Pas de Cheyne-Stokes. A l’auscultation des poumons on ne perçoit que quelques ronchus disséminés. Au cœur on constate un certain degré d’hypertrophie, marquée par un abaissement de la pcinte, un élargissement de son choc, une augmentation de la zone de matité précordiale, un assourdissement et une prolongation du premier bruit.

Les artères sont nettement athéromateuses. Les urines, recueillies par cathétérisme (car le malade a de l’incontinence de ses sphincters), sont de coloration normale et contiennent un peu d’albumine. La température qui, la veille, était de 36°4, est remontée et marque 39°.

Pendant que nous nous livrions à cet examen, nous étions surpris par l'apparition de crises convulsives qui se déroulèrent, à plusieurs reprises, devant nos yeux. Ces crises étaient apparues, pour la première fois, la veille, assez tard dans la soirée,et s'étaient répétées plusieurs fois dans le cours de la nuit. :

Elles présentaient toutes le même type nettement jaksonien, débutant par des grimaces et des tiraillements dans la moitié gauche de la face et plus spécialement dans la moitié

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