INTRODUCTION
Si la connaissance des hernies trans-diaphragmatiques est fort ancienne, puisqu'elle date d’Ambroise Paré, durant de longues années celles-ci ont gardé le privilège des affections rares, c’est-à-dire décelées et traitées tardivement. Cette attitude à leur égard résultait de deux raisons majeures : l’absence de la radiographie, la gravité des interventions abdominales et à plus forte raison thoraciques à une époque située à la fin du siècle dernier où Duguet exprimant son interrogatif effroi disait : « Viendra-t-il à l’idée d’un chirurgien de vouloir porter le couteau sur le diaphragme ? ». La justification de ces craintes ne se trouvait d’ailleurs que trop confirmée par les résultats pessimistes des interventions pratiquées.
Les hernies diaphragmatiques se révélaient alors sous deux aspects cliniques bien différents : soit comme une occlusion intestinale plus ou moins aiguë précédée d’une phase d’obstruction, le début des troubles remontant à un traumatisme ou à une plaie thoraco-abdominale ancienne; soit sous la forme d’une scène pulmonaire aiguë avec dyspnée et cyanose chez un nouveau-né qui décédait en 24 à 48 heures. Au premier aspect résultant d’un étranglement herniaire étaient opposés divers traitements dont la cœcostomie; l’évolution était régulièrement décevante comme en témoigne la thèse de Boussac en 1887. Quant à la découverte de ces hernies du nouveau-né, elles étaient constatation d’autopsie dont le protocole indiquait une agénésie importante d’un hémi-diaphragme avec protrusion dans le thorax de nombreux viscères abdominaux.
Aussi est-ce seulement avec l’aire radiologique que sont décelées précocement, avant toutes complications aiguës, les bernies diaphragmatiques. L’importance de cet élément diagnostique s'exprime bien à la lecture des statistiques de la Mayo-