OBSERVATION IX
(In thèse CABON.)
Le 18 janvier 1898 entre à l'hôpital Lacnnec dans le service de M. Reclus un jeune homme de 21 ans qui présente une tumeur au niveau de la partie supéro externe de la cuisse.
I y à un an environ, raconte le malade, en travaillant dans les champs le manche d'une charrue dans un soubresaut du soc, vint heurler la face externe de la hanche. Pareil accident s'était produit plusieurs fois n'entrainant jamais du reste de complication quelconque. C'est à l'occasion de ce dernier {traumalisme aussi léger que les précédents, que le malade constata l'existence probablement antérieure, d'une tumeur grosse comme le poing siégeant à la parie supéro-externe de la cuisse. Cetle tumeur, molle, indolore, était dépressible avec le doigt. Un médecin consulté prescrivit des vésicaloires après l'applicalion desquels la tumeur aurait diminué de volume, temporairement toutefois, car bientôt elle grossissait progressivement, finissant par inquiéter le malade et le décidant à entrer à lhôpital.
A l'examen du malade on trouve à la partie supéro-externe de la cuisse gauche, une tumeur allongée dans le - sens vertical, oblongue, mesurant suivant son plus grand axe, environ dix centimètres. Peau normale; au palper fluctuation. La lumeur disparait dans les mouvements de flexion et d'abduclion de la cuisse pour reparaitre dans l'extension. Au cours de ces mouvements, la main perçoil un espèce de frottement, une vague crépitation rappelant la sensation si particulière que donne la palpalion d'une synovite à grains riziformes.
RE
La pression au niveau de la tumeur permet sa réduction totale dans la profondeur. Toucher rectal négalif l'exploralion de la tumeur est indolore. Aucune modificalion du côté du squelette. Rien à l'abdomen. Pas d'engorgement ganglionnaire. Etat général bon. |
A l'examen de l'appareil respiratoire, on trouve une modificalion sensible de la respiration qui est rude, avec quelques craquements et la percussion y décèle une submatité légère. Le malade dit s'enrhumer facilement l'hiver.
Du côté des antécédents héréditaires : Père mort à 64ans, bacillaire depuis 3 ans. Rien d'autre à signaler.
Interventions. — Le 29 janvier une ponction exploratrice à la seringue de Pravaz ramène un liquide louche.
Le 1° février, ponction avec un trocart assez gros qui ramène du liquide louche tenant en suspension une cerlaine quantité de grains riziformes. Une injection modificatrice d'éther iodoformé est pratiquée. Pas de modificalions notables à la suitede cette intervention.
Le 11 mars une opéralion sanglante est décidée. Incision de 10 centimètres sur la tumeur. Le bistouri rencontre la peau, dulissu cellulaire épaissi et l’on tombe sur la poche fluctuante. On s'apprête à recueillir du liquide : une ponction au bistouri est faite dans la poche, rien ne s'écoule. Une large incision de la poche est alors pratiquée, elle livre passage à une très pelile quantité de liquide louche et à une masse considérable de grains riziformes typiques.
Le doigt introduit dans la poche évacue encore une grande quantité de grains riziformes et découvre un prolongement très profond dont il ne peut atieindre les limites, qui s'enfonce vers la fesse, au-dessus du fessier.
Il existe de plus un prolongement moins important qui descend en arrière vers l'ischion.
La dissection de la poche est lentée. L'incision première est prolongée vers la fesse ; clle intéresse dans sa partie extrême, une épaisse couche musculaire qui représente le bord inférieur du grand fessier. La poche est alors assez
Lire. d'u
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facilement disséquée dans ses parties accessibles à la vue el le prolongement sous-fessier est attiré avee des pinces à kyste et excisé en totalité.
Entre la poche fessière et la poche sous-cutanée existait une bride aponévrotique très puissante verticale, bridant fortement le doigt comme une corde tendue, lorsqu'on l'enfonçait vers la poche fessière. Dans la flexion de la cuisse, celte bride se détendait : elle a élé sectionnée. Hémostase facile. On laisse un drain. Sutures. Pansement, suites opéraloires simples, le malade sort le 1° avril complèlement guéri.