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À la vue on constate une luméfaction siégeant surtout au côlé interne de la cuisse droite au-dessus du genou. Elle semble s'arrêter en bas à l'articulation du genou, en haut à Tou8 centimètres de ce point: elle est mal limitée en dedans et en dehors. Sa surface est irrégulière, son volume est bien comparable à un œuf d'oie. La peau à sa coloration normale, et quand on fait contracter les muscles de la cuisse, la tuméfaclion s'arrondit d'une facon notable.
A la palpation, les plans superficiels ne présentent rien de particulier : la tumeur ne peut guère être limitée plus exactement que par la vue. Cependant on reconnait très bien qu’elle ne communique pas avec le genou qui est absolument sain et ne contient pas la moindre goutte de liquide.
La consistance est molle, rénitente, presque fluctuante quand les doigts exercent des pressions suivant la direction verticale : quand au contraire on fait cette recherche transversalement, la main droite appuyant sur le côté interne de la tumeur, tandis que la gauche est appuyée sur le côté externe, on obtient la sensation caractéristique dite crépitation à grains riziformes, bruit de chaînon.
Rien autre de particulier à signaler.
Opération le 44 janvier 1901, par deux incisions longitudinales externe etinterne; les couches musculaires incisées, on arrive sur la poche tendue et absolument remplie ; elle est facile à détacher du squelette, mais du côté de la face profonde du quadriceps, il faut la disséquer : il n'existe nulle part de plan de clivage ; celte dissection est assez longue à cause des précaulions nécessaires pour éviter l'ouverture du genou. On finit par enlever la poche en laïssant intacte la synoviale du genou qu'on aperçoit nettement.
En raison du suintement sanguin, on passe un drain sous le quadriceps: sutures, pansement, légères douleurs 1e premier jour mais qui disparaissent le lendemain.
19 janvier. — 11 survient une légère élévation de tempé:rature 38°,6 à la suite de la suppuration d'un fil cutané.
LIVE an
Le drain estenlevé le dixième jour avec les autres fils.
L'opéré ne se décide à exécuter quelques mouvements que quand toute sensation douloureuse à disparu du foyer opératoire. Le 6 mars il se lève et marche avec une canne. Il est réformé en avril et renvoyé dans ses foyers.
L'examen histologique de la paroi a montré des follicules tuberculeux très nets. L'inoculalion des grains à des cobayes les à tuberculisés.
Ajoutons que la poche était remplie de grains à éclater, et ne contenait pas la moindre goutte de liquide.
OBSERVATION XIX (inédite)
(Due à l'obligeance de M. le médecin-major VIALLE).
L..., Pierre, 22 ans, soldat au 98° régiment d'infanterie entré à l'hôpital militaire Desgenettes, le 8 mars 1903, dans le service de M. le médecin-major Vialle, pour une tuméfaction siégeant au niveau de la malléole interne, jambe gauche. Son père eut des hémoptysies à la suite d'une chute de cheval et mourut six mois après l'accident. Rien dans ses antécédents personnels.
Le 3 février 1903, faisant l'exercice, le malade fut commandé pour un exercice d'assouplissement au cours duquel il ressent une douleur violente dans la région malléolaire interne : il put cependant continuer son service toute la journée. Le lendemain, il se présenta à la visite et fut dispensé de service pendant quatre jours. Il reprit ensuite son service pendant neuf jours. Mais la douleur et l'enflure consécutive persistant. il fut admis à l'infirmerie le 15 février. Il y resta jusqu'au 2 mars et fut évacué sur l'hôpital Desgenettes où il entra le 8 mars.
A l'examen, on se trouve en présence d'un homme bien
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constitué, mais présentant une saillie anormale au niveau de la malléole interne. Le tendon du jambier postérieur présente normalement une prédisposition à la luxation. On le voit faire saillie sur le bord postérieur de la malléole interne. La peau n’est pas rouge et ne présente pas d'ecchymoses. On aperçoit sur la malléole interne du côté gauche une déformation bilobée, occupant la malléole interne et se continuant à la partie postérieure, dans l'espace rétro-malléolaire.
A la palpation, là peau glisse parfaitement sur le tissu cellulaire sous-culané et ne présente pas d'adhérences. La tumeur siège dans le tissu cellulaire sous-cutané : elle n'adhère pas à la malléole interne qui est absolument saine. Si on palpe le prolongement postérieur de la saillie, on peut se demander si on n'a rien au niveau de la gaine des fléchisseurs ; tous les mouvements du pied s'effectuent sans influencer la tumeur : elle est donc parfaitement indépendante.
Si l'on appuie le doigt sur la partie antérieure de la saillie el que l’on exerce une pression sur le cul-de-sac postérieur, on à nettement l'impression de corps ronds filant sous les doigts, mais ces corps ne peuvent passer d'une poche dans l’autre. On a la sensation très nette de chaînons : le diagnostic d'hygroma à grains riziformes dans une bourse séreuse anormale est alors posé.
Intervention le 14 mars. — Incision au niveau de la région malléolaire interne. Après dissection de la peau, on tombe sur une poche en sablier présentant un cul-de-sac antérieur assez restreint situé sur la malléole et un cul-desac postérieur descendant dans la région rétromalléolaure. On trouve dans le cul-de-sac antérieur plusieurs grains riziformes dont l'un.est d'un volume supérieur au canal faisant communiquer les deux culs-de-sac. C'est ce qui explique que par la palpation on n'ait pu vider un des culsde-sac dans l’autre. La double poche est disséquée et enlevée intégralement : elle ne présentait aucunes connexions
Hs !
avec les gaines tendineuses voisines, niavec le plan osseux sous-jacent. Sutures au crin de Florence, drain. Pansement aseptique. Suites opéraloires très simples : après trois pansements le malade sort guéri le 5 avril avec un retour complet ad integrum.
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