OBSERVATION XVII
(Due à l'obligeance de M. DUVERNAY, interne des hôpitaux.)
Le malade est âgé de 53 ans ; il y a quatre ans, il eut une pleurésie droite ; il en reste de l'obscurité respiratoire sur presque toute la hauteur du poumon. Les sommets sont pourtant normaux, le malade ne tousse pas, ne € rache pas, il a toujours conservé son embonpoint.
Pas d’autres antécédents rhumatismaux qu'une légère atteinte de douleursrhumatoïdes dans une épaule 1l y à au moins quinze ans.
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D'autre part, jamais de grand traumatisme ayant porté sur le genou, mais depuis 40 ans, P... est plâtrier-peintre et dans son métier, il a la spécialité des ouvrages près de terre; les plinthes des portes, les soubassements des murs, les faux marbres, ete. Pour ce travail, il s'agenouille, mais non des deux genoux, un seul touche terre, dans l'attitude de la génuflexion, position, parait-il, moins pénible.
Il y à deux ans, P... s'aperçut, par hasard, d’une légère tumeur au-dessus du genou droit: elle était molle, fluctuante, « douce », ditle malade. Cetle tumeur augmente petità petit, sans occasionner grande gêne. Dans le courant de l'année dernière, une nouvelle tumeur semblable à la première prit naissance autour d'elle, en bas de la rotule. Toutes deux augmentèrent insensiblement de volume, se rapprochèrent et finalement arrivèrent à communiquer, ce dontle malade s'apercut en faisantrefluer le contenu de l'une dans l'autre.
Lorsqu'il se présente à la visite, le 5 novembre, il est porteur d'une énorme masse bilobée, comme collée à la face antérieure du genou.
Le lobe supérieur est arrondi, il siège exactement à la partie antérieure de l1 rotule et remonte très peu audessus ; sa consistance est essentiellement fluctuante, pressée avec la paume de la main, il s'affaisse, tandis que l'intérieur se gonfle et se tend. À ce même moment, soit la main quipresse, soil l'autre main placée sur le lobe inférieur, perçoit dans l'expression brusque, très nettement le bruit où plutôt la sensation de chaïnon, telle qu'on la décrit dans les synovites à grains du poignet, nous disons «sensation », car l'auscultation, même la plus minutieuse, ne permet de saisir aucun bruit. D'autre part, et cela se conçoit, celte sensalion n'est pas percue dans les mouvements exécutés par le malade lui-même, comme on loblient dans les synoviles à grains du poignet (Viannay). Déprimée el presque vidée la poche laisse sentir au doigt li face antérieure de là rotule: celle-ci est rugueuse ; le
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doigt, promené à la surface, ressent des sailliesetdes creux irrégulièrement disséminés, de temps à autre, on saisit sous le doigt des corps étrangers, pelits, roulant comme des noyaux. Quelques-uns d'entre eux semblent à poste fixe, surtout en dedans.
Le lobe inférieur beaucoup plus volumineux, est triangulaire, à sommet inférieur; à base légèrement excavée, son angle interne s'avance très haut, jusqu'au condyle du fémur.
Entre les deux poches, et les séparant très nettement, se trouve un sillon assez profond et qu'il est facile de voir sur la photographie qu'on a faite du malade.
L'articulation est absolument saine, tous les mouvements sont possibles, ils restent seulement un peu limités par suite de l'énorme masse prérotulienne.
Au-dessous du genou, les veines sont légerement dilatées.
Quelques ganglions à laine, sans importance d’ailleurs, ils sont bilatéraux.
L'opération est pratiquée par M. Rolletle 7 novembre. Une incision faite à la partie médiane du lobe inférieur ouvre la poche: il en sort un jet de liquide jaune contenant une grande quantité de grains pelts, h'ansparents, analogues à de la semoule ou du sagou cuits. La poche est très épaisse ; disséquée méthodiquement aux ciseaux, elle est excessivement adhérente aux tissus voisins, sans plans de clivage, sauf peut-être à sa face profonde, ce plan d'ailleurs pouvant être l’une des deux autres bourses prérotuliennes. La bourse ainsi extirpée répond exactement à ce qu'en indiquait la palpation : deux lobes, l'un supérieur plus petit, l'autre inférieur plus gros et poussant un prolongement en dedans. Entre les deux, le doigt est pris dans un rétrécissement laissant passer l'index. Le rétrécissement est encore augmenté par la présence d'une bride traversant en diagonale son orifice supérieur.
La paroi interne, presque lisse au bord inférieur, est à
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l'autre lobe parsemée de formations nouvelles, les unes à court pédicule, les autres complètement adhérentes. Quelques-unes ont la consistance carlilagineuse et sont blanchâtres, nulle part de fongosités ; la paroi donne assez l'impression d'une vieille synovite à grains, dépolie, el rugueuse.
Une légère ouverture cutanée est faite au point déclive, en dedans par précaution. Sulure, pansement compressif, immobilisation.
Le soir de l'opération, le malade à 37°5, c'est sa plus haute température.
Huit jours après, on fait le premier pansement, la réunion à été immédiate. Les fils sont ôtés : par la contre-ouverture il s'est écoulé de la sérosité sanguinolente.
Quinze jours après, le malade marche, va et vient dans la salle. Il est présenté à la Société des sciences médicales, le 27 novembre 1901, complètement guéri, avec l'arliculation du genou entièrement libre.
OBSERVATION XVIIT (inédite)
(Due à l’obligeance de M.le médecin-major de 1° class RUOTTE)
G. François 21 ans. Soldat au 99° d'infanterie. Entre à l'hôpital Desgenettes, le 4 janvier 1901, pour une luméfaclion siégeant au-dessus du genou droit, Rien dans ses antécédents hérédilaires. À eu depuis l’âge de 15 ans quelques légers rhumes en hiver seulement.
La déformation qu'il présente a été remarquée par le malade à la fin de septembre 1900, Elle avait le volume d’un œuf de poule el ne causait aucune gêne. Sous l'influence des exercices militaires, elle augmenta de volume, et finit par causer de la gêne et un peu de douleurs,
Il entre à l'hôpital de Bourgoin où on fait une ponction blanche : c'est alors qu'il est évacué sur l'hôpital Desgenettes.