‹ Contribution à l'Étude des Imperforations Ano-RectalesChapitre 3 sur 31 · NOTIONS EMBRYOLOGIQUES · texte numérisé non relu

NOTIONS EMBRYOLOGIQUES

. L’immense majorité des anomalies recto-anales n’étant que le vestige, ou, plus exactement, le résultat d’une irrégularité dans l’évolution embryonnaire, quelques notions résumées d’embryologie nous paraissent indispensables au début de ce travail ; on ne saurait sans elles comprendre la pathogénie des imperforations de l’anus et du rectum.

Pour plus de clarté, nous diviserons cette étude en deux parties distinctes, nous basant sur ce fait que l’anus et le rectum évoluent séparément chez l’embryon.

Nous nous oceuperons tout d’abord de la formation du rectum.

19 Recrum. — La portion de l'intestin primitif qui sera plus tard le rectum apparaît chez l'embryon en même temps que se différencie l’extrémité caudale du corps. Cette portion de l’intestin primitif porte le nom de cul-desac caudal de l'intestin (Tourneux) ou encore d’intesuin postérieur (Hertwig). L’intestin postérieur existe déjà chez l’embryon de un millimètre (treizième jour). C’est à ce moment une sorte de cul-de-sac entodermique très court, en communication d’une part, avec la cavité de l’entoderme, par un orifice, l’adilus posterior, d'autre part, avec la gouttière médullaire par le canal neurentérique.

CET QE Cette seconde communication est d’ailleurs éphémère, elle ne persiste que fort peu de temps, et bientôt s’oblitère.

En même temps que se passent ces phénomènes, on voit apparaître sur le cul-de-sac caudal de l'intestin, deux bourgeons qui auront une destinée toute différente.

Le premier de ces deux bourgeons est une sorte de prolongement de l’intestin à l’intérieur de l'extrémité caudale ; on lui donne le nom d’intestin caudal (Koœælliker), ou de lestin post-anal (Balfour) ; bientôt il s’atrophie et disparaît, soit « qu’il se transforme en un cordon épithélial plein qui se détache ensuite du rectum et du canal médullaire pour disparaître enfin complètement », comme le veut Hertwig, soit qu'il se fragmente en ee tronçons qui s’atrophient et disparaissent, selon la théorie de Tourneux. Quoi qu’il en soit, cette disparition est complète à la fin du premier mois.

Le second de ces deux bourgeons naït sur la face ventrale du cul-de-sae caudal de l'intestin ; il persiste en se transformant pendant toute la vie embryonnaire, et concourt à former des organes importants : c’est la vésicule allanioïde, à laquelle on peut considérer deux parties: une partie renflée et un pédicule.

La partie renflée est située dans le cœlome externe, en dehors de l’embryon, nous ne nous en occuperons pas ; le pédicule, au contraire, est contenu quant à sa majeure partie dans l’abdomen, lui seul nous intéresse ; il donnera naisssance par son évolution, chez la femme à la vessie et à l’urêthre tout entier, chez l’homme à la portion de l’urèthre prostatique comprise entre la vessie et les organes génitaux.

Ainsi, à cette époque dela vie embryonnaire, l'intestin postérieur devient une sorte de carrefour commun, dans lequel débouchent à la fois l'intestin proprement dit et

le

l’allantoïde : on lui donne alors le nom de cloaque interne (Bursa Pelvis — His). Notons encore que sur les côtés de l’allantoïde, et par conséquent dans le cloaque interne, débouchent également les canaux excréteurs de Wolf et les deux conduits de Müller, dont la destinée est diamétralement opposée chez l’homme et chez la femme. Tandis que les canaux de Wolf persistent chez l’homme où ils se transformeront en canaux déférents, ils s’atrophient chez la femme. Les conduits de Müller s’atrophient au contraire chez l’homme, tandis qu’ils continuent à évoluer chez la femme où ils donnent naissance aux trompes, à l'utérus et au vagin.

Cette disposition n’est que transitoire ; bientôt, en effet (fin du deuxième mois), le cloaque se cloisonne en deux parties distinctes : le processus suivant lequel se produit ce cloisonnement a donné lieu à des discussions ; nous ne pouvons que les indiquer ici : pour Tourneux, il est dû exclusivement à la descente d’une lame mésodermique située entre l'intestin et l’allantoïde, l’éperon périnéal de Kælliker ; pour Rathke, dont la théorie est antérieure, il est produit par la fusion de deux replis verticaux, nés sur les côtés du cloaque interne, les replis de Rathke, «qui s’avancent l’un vers l’autre comme deux rideaux » — Retterer enfin semble avoir mis les choses au point, en admettant d’une part le rôle de l’éperon périnéal, d'autre part, celui des replis de Rathke dont il a vérifié l’existence.

Quelle que soit la théorie que l’on accepte, ce qu'il importe de retenir, c’est que, d’une part, chez l'embryon humain, ce eloisonnement est terminé au cours du troisième mois, et que, d’autre part, le cloaque se trouve ainsi divisé en deux parties distinctes : 10 l’une antérieure, uro-génitale, qui comprend le pédicule de la vésicule allantoïde, les canaux de Wolf et de Müller, et enfin les uretères qui se forment vers la même époque ; 2° l’autre postérieure

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