CHAPITRE PREMIER
Définition de l’inadaptation urbaine ; ses symptômes ; son diagnostic différentiel ; écarter les troubles morbides dus à la privation de lumière, aux
aliments, au bruit.
Le professeur MouriQuanD de Lyon a, en 1932, dans une communication à l’Académie de médecine, soulevé le premier la question des inadaptés urbains (1). Depuis il s’est attaché à cette étude dans de nombreux articles et ouvrages (2). Enfin dernièrement, en mai 1937, il a fait un rapport complet sur la question au Congrès des sociétés savantes et de l’Association française pour l’Avancement des sciences qui vient de se tenir. Ce rapport n’est pas encore publié, mais nous avons eu l’heureuse chance de l’entendre.
« Un inadapté urbain est un sujet (enfant ou adulte) qui présente en ville — et en ville seulement — un ou plusieurs phénomènes pathologiques bien déterminés : asthme, eczéma, urticaire, intolérance alimentaire, glycosurie, albuminurie, nervosisme, etc. Ces accidents cessent dès que le malade se rend à la mer, à la montagne ou simplement à
(4) MouriIQuAnD G., Climato-pathologie. Les inadaptés urbains. Académie de médecine, 19 avril 1932.
a du ne en HE — nous y Hope ox sn même re diététique, parfois la même thérapeutique qu’en ville » (2).
Comme le dit le vulgaire, < c’est le changement d'air qui l’a guéri.
AU L’inadapté urbain présente comme symptômes it ou
associés :
Une dyspepsie amenant une intolérance alimentaire, pour s les œufs, les graisses, le lait, le chocolat. Il a le faciès jau- !, nâtre, langue blanche, haleine fétide. 11 fait des poussées d’eczémas, d'urticaire, des épistaxis, des vomissements, des coliques, de la constipation, de l’entérite muco-membraneuse, même de l’albuminurie, de la glucosurie. Il éprouve à de l’anorexie, a des états subfébriles. II n’assimile pas. L’enfant ne gagne pas du poids, il en perd. C’est un nerveux, inquiet, irritable. L'enfant est inattentif, instable, insomnique.
On a encore attribué l’aérophagie devenue si fréquente à l'air souillé par les vapeurs d'essence. IL est vrai que d’autres pensent à la mauvaise qualité du pain.
Quand le praticien, devant les symptômes que présente son patient, pense qu'il à affaire à un inadapté urbain, il faut qu'il s'applique à établir un diagnostic différentiel ; car l’état morbide peut tenir au séjour dans la ville sans qu'il s'agisse pour cela d’inadaptation urbaine : il s’agit
(2) MourQuaxD el Josseraxn, Syndromes météoro-pathologiques «et inadaptés urbains, 1935, p. 58. Mouriquan. Clinique et météoropathologie Presse médicale 14 septembre 1932 ; Les petits hépatiques inassimilateurs,
La Nuirition, 1932, t. 2, p. 31; Les Syndromes d’inassimilation, Lyon Médical, 5 mars 1933, et Revue de météorologie médicale, octobre 1935.
causes qui pourraient être évitées et résultent de la position géographique de la ville, des mœurs des habitants. Il ne faut pas en voir partout, et il y a des faux inadaptés urbains. Nous allons les passer en revue