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La ville incriminée peut avoir un climat que supporte
mal le sujet : C’est de la météoropathologie, mais ce n’est pas ce qu’on est convenu d'appeler inadaptation urbaine. Ainsi les villes d'Avignon et d’Arles sont particulièrement
exposées au mistral, le Caire subit le khamsin ou sirocco. Mais ce n’est point un microclimat spécial à la ville, toute la région le possède. Et si l’on observe une amélioration en déplaçant l’avignonnais par exemple, c’est qu’on l’aura envoyé dans un endroit abrité du mistral.
Lyon est sujet à des brouillards intenses qui proviennent du confluent du Rhône et de la Saône. Maïs ce brouillard n’est pas partie intégrante de l’atmosphère Iyonnaise. I suffit que vous vous éleviez en altitude dans des quartiers proches, à Fourvières par exemple, vous ne les subirez
plus.
L'hygiène dans les cités du moyen-âge était déplorable ; nous le voyons non seulement par les récits qui nous sont parvenus : rues non pavées, encombrées de détritus qu'on laisse aux chiens et aux cochons, égouts réduits à des trous punais, etc. ; mais par nos vieux quartiers qui en sont des témoins irréfutables. « Quand j'étais, dit le docteur ReexauLr, à Marseille, j'ai pu contempler ces maisons lépreuses, sans jour, donnant sur d’étroites ruelles, avec leur
70 3 LEA EU AR Jin DEL L \ ARE ides qui ne résultent pas forcément du fait de l’agglomération humaine mais sont dus à d’autres
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unique ruisseau coulant au milieu. Cette condensation des
habitats s’imposait alors par le manque de sécurité et la nécessité de se défendre au moyen d’un mur d'enceinte. Les villes étaient alors, dit Jean-Jacques Rousseau, le tombeau des races.
Nous admirons les progrès accomplis par nos larges rues, par les beaux alignements de nos maisons bourgeoises.
Si nous y regardons de près, il y aurait à critiquer. Ces façades majestueuses cachent des courettes étroites où le soleil ne pénètre jamais, où l'habitant s’étiole. L'architecte a sacrifié au tape à l’œil et surtout à l'intérêt des propriétaires. Le terrain étant très cher, il l’utilise au mieux en
surélevant les maisons. Si les étages supérieurs sont avan-
tagés, que dire des inférieurs, privés de lumière P La maison
haute est une erreur, dit l’urbaniste américain LAUWRENCE W. Waizrer, le cottage avec petit jardin triomphe. Que dire des gratte-ciel qui remplissent d'ombre les cités américaines ?
Ces défectuosités sont aggravées par les mauvaises habitudes sociales. Nos aïeux du moyen-âge étaient privés d’air et de lumière du fait de rues étroites et de fenêtres dont les carreaux consistaient en papier huilé. Nous autres nous privons volontairement de lumière en encombrant nos fenêtres de rideaux opaques, en fermant nos volets quand pénètre le soleil. Il est vrai qu’il mange les couleurs d’aniline de nos tapis et de nos tentures.
N'insistons pas sur l’exiguité des chambres qui diminue le cube d'air, sur le chauffage central qui supprime « la gymnastique météorologique » à laquelle l’homme s’est toujours livré. La climatisation si utile pour les maternités et les hôpitaux d'enfants, ferait perdre à l’adulte ses facultés d'adaptation, et diminuerait sa résistance aux variations météorologiques (VILLARET).
Parmi les troubles d’inadaptation les plus fréquents, figurent les troubles digestifs. Or ïls ne sont pas forcément dus au séjour dans la ville. Ils peuvent être causés par la
mauvaise qualité des aliments vendus dans la ville, souvent :
ils ne sont pas frais. Par exemple à Paris, le lait fermente parce qu'il vient de loin, jusque d'Alsace, il procure des diarrhées vertes aux enfants (APERT).
Les aliments peuvent encore être altérés : tel le fait de mettre un conservateur dans le lait ou encore de se servir de ferments chimiques pour la fabrication du pain. Les aliments peuvent être de mauvaise qualité parce qu’on les a obtenus avec des moyens de production intensive : c’est ainsi qu'on nourrit de drèches les porcs, les vaches, les poules, en les maintenant en stabulation ; non seulement la viande mais le lait et les œufs s’en ressentent. Enfin les citadins abusent des conserves, qui sont des aliments médiocres et parfois dangereux.
Certains produits comme le beurre, le boudin, la saucisse, sont communément médiocres dans les villes.
Cette alimentation défectueuse s’observe surtout dans les villes, mais elles ne leur sont pas inhérentes, et à la rigueur on peut la corriger tout en continuant à habiter la ville.
Au contraire les troubles digestifs seront attribués au séjour des villes, dans le cas suivant rapporté par Mouri- QUAND : une fillette qui ne tolère pas à Lyon les oranges et le poisson de rivière, digère en montagne les mêmes fruits et jusqu’au poisson de mer ; une autre est gravement incommodée à Lyon par des œufs alors qu’à la campagne elle digère ceux de même provenance.
Nous donnerons ici une observation clinique que nous avons faite et qui est inédite. C’est elle qui nous a incité à écrire cette thèse :
Mme X..., 44 ans, brune, de taille moyenne, fortement arthritique, est sujette à des coliques hépatiques. Caractère