CHOIX D'UN MATERIEL DE BLOCAGE HUILEUX
GRAF conseille d'employer du lipiodoi à 5 %. Le D' O. Moxop a employé pour ses premiers olécthorax du lipiodol lourd à 40 % et du lipiodol iéger à 10 %.
Il a abaissé ensuite la concentration d’iode jusqu’à 2 % et même 0,50 ‘ pour diminuer les risques que pourrait entrainer l’absorption d’iode. La réaction d’un sujet au lipiodol reste, en effet, imprévisible.
Dans beaucoup de cas, le lipiodol est bien supporté ainsi que le montre cette observation due au D' Cour- COUX : « Il s’agit d’un jeune homme de 23 ans, présentant deux volumineuses cavités isolées, voisines, d'apparition récente dans le sommet droit, sans lésions pulmonaires avoisinantes. Un mois et demi après la création d’un pneumothorax artificiel extra-pleural, on crée un oléothorax avec 20 cc. de lipiodol à 40 % et 140 cc. de lipiodol à 10 %. Malgré cette forte proportion d’iode, aucun accident n’est observé. Le plombage huileux est très bien supporté depuis sa création (28 août 1937). Les clichés en série montrent la disparition progressive des cavernes, l’expectoration ne contient pas de bacilles et l’état général est excellent. La guérison apparente se maintient en octobre 1938 ».
Mais, pour éviter tout danger d'absorption de liode
par le poumon, il est préférable d'utiliser l'huile go-
ménolée à 5 %. On sait que BERNOU lui attribue une action antiseptique spécifique contre les bacilles de Koch.
L’inconvénient de l'huile goménolée est qu’elle se résorbe certainement plus rapidement que le lipiodol, au début de la création de l’oléothorax.
Ainsi, dans un cas, nous avons observé une absorption de 50 cc. en trente jours.
Pour obvier à cet inconvénient, il est possible d’injecter 20 cc. de lipiodo!l à 40 % et continuer le blocage à l’huile goménolée à 5 %.
Cette huile goménolée à 5 % a une radio-opacité analogue à celle du lipiodol à 0,50 % qui a été parfois utilisé. |
SCHMIDT a utilisé la paraffine liquide et la considère comme le meilleur agent de blocage de la poche, après l’air. Mais il la mélange, pour la rendre opaque aux rayons, à du lipiodol à 20 %, dans la proportion d'un pour dix. D’après SCHMIDT, ce mélange est bien supporté et ne donne pas de réaction.
Cependant, l’inconvénient de la paraffine est qu’elle ne s’oxyde pas dans l’organisme. CaRDis a signalé l'existence de paraffinomes. LIVIERATOS a signalé également des paraffinomes de la plèvre et du poumon,
ainsi que la migration à distance de la paraffine.
Il importe également de rappeler que PINKERTON a observé expérimentalement que les réactions du tissu pulmonaire sont différentes suivant que lhuile intro-
gétale, animale
Ce
duite dans le poumon est d’origine vé
TE
ou minérale. Les huiles végétales provoquent des réactions nulles ou minimes.
JOANNIDÈS conclut, après étude expérimentale de l’oléothorax, que les huiles de paraffine ne doivent pas être employées.
Enfin, certains auteurs attribuent les accidents de la paraffine à ses impuretés.