Dubrisay et Jeannin. Précis d’accouchements
main introduite dans le col, la partie fœtale qui se présente, à abaisser le siège au moyen de la main « abdominale », à saisir un pied et à l’attirer dans le vagin. On amorce ainsi une dilatation, à la fois par le membre qui déjà a franchi le col, et par le siège que, par des tractions très douces sur le pied saisi, ou appuie d’une manière continue contre l’orifice interne, Accessoirement, cette méthode est hémostatique, car il se fait au niveau du segment inférieur une compression douce, continue, excentrique, qui arrête l'hémorragie. Elle arrête l’hémorrhagie : pas toujours. Assez rarement il est vrai, il peut, même avec ce procédé, se produire des pertes de sang très abondantes (dans un cas de Brodhead, l'extraction après version podalique [il s'agissait d’un P. P. central] aurait été suivi d’une perte de plus d’un litre de sang [40 onces]). C’est là un premier reproche. De plus, cette manœuvre est difficile à éxécuter, car, si l'utérus est tant soit peu rétracté, l’évolution fœtale devient très laborieuse. Enfin, la mortalité infantile est terrible; car l’enfant, soumis à des excitations cutanées longtemps avant d’avoir libre accès à l’air (environ 2 heures en moyenne, Hauch), fait des inspirations prématurées ; et il y a en outre compression du cordon.
Malgré ces quelques objections, la version est un trés bon procédé, car elle donne,comparée aux autres méthodes, une mortalité maternelle très faible. Elle est en effet de o pour Hauch, à 6,30/0 (Hannes). Le fœtus meurt dans 75 0/0 des cas (Haucbh).
Conclusion. — Laissant de côté le tamponnement vaginal et lesinjections chaudes, dangereux ou insuffisants ; le décollement du placenta, peu appliqué ; l'accouchement forcé, désuet ; les procédés de dilatation instrumentale, que nous ne saurions trop réprouver, voyons comment on procède en pratique.
On commence par rompre les membranes ; si cela ne suffit pas, on pose un ballon ; et, si c’est nécessaire, on fait la version. Eventuellement, on dilate le col suivant le procédé de Bonnaire.
La mortalité maternelle globale est alors de 10 o/o et la mortalité infantile de ;o à 80 0/0 (Stein).
Nous voyons donc que, si le P. P. ne doit plus être pour l’accoucheur le cauchemar que disait Dubois, son pronostic reste cependant grave, et son traitement par les moyens que nous venons d’indiquer, aléatoire.