SULFATE DE QUININE
(4 Art Sal Tue # ie TOR Tor Les premiers essais de traitement de la fièvre typhoïde par le sulfate de quinine ont été faits en France, par Broqua, en 1840. À l'hôpital Cochin, en 1842, Briquet et Blache l'employèrent à haute dose et obtinrent d'excellents résultats;
leur exemple fut peu suivi : l'accusation de provoquer la
mort subite, accusation reproduite tout récemment encore,
empêcha son emploi à haute dose malgré ses propriétés antipyrétiques incontestables et les bénéfices qu’on en pouvait retirer.
L'emploi du sulfate de quinine à dose élevée a été repris en Allemagne par Vogt, Waschmuth, Liebermeister. Ce dernier a étudié ses propriétés pharmacodynamiques et thérapeutiques d’une façon magistrale (1858).
Nous parlerons surtout dans ce chapitre du sulfate de qui- | nine, c'est le sel de quiuine le plus connu et celui qu’on peut se procurer le plus facilement. Les autres sels peuvent lui être substitués, leur action est la même. En Allemagne, on emploie surtout le chlorhydrate qui est plus soluble. M. le professeur Jaccoud préfère le bromhydrate. Récemment Brown a préconisé le salicylate de quinine que M. Labaäie- Lagrave a expérimenté et qui paraît un peu plus actif que le sulfate. Le chlorhydrate et le sulfate neutre de quinine ont la même activité, le bromhydrate a moins d’action que le sulfate. Ainsi, 1 gramme de salicylate correspond à 1 gr. 50 de
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7 ce = As % : sulfate, et à 2 grammes de bromhydrate. (Voir Ra thèse de Paris 1883.)
Les effets physiologiques qui suivent l’administration du sulfate de quinine sont très intéressants À étudier et montrent quel parti on peut tirer de ce médicament dans le traitement de la fièvre typhoïde et des autres pyrexies. Les principaux portent sur la respiration, sur la circulation, la
calorification et les sécrétions, et enfin sur les fonctions nerveuses. Îls présentent quelques différences suivant qu’on
observe chez un sujet fébricitant ou à l’état physiologique.
A petites doses, la quinine accélère le pouls, à haute dose, le pouls se ralentit, et si la quantité ingérée est trop considérable, la mort se produit par arrêt du cœur. Cet effet est dû à une action directe de la quinine sur le muscle cardiaque ou sur les ganglions qu’il renferme, élle ne se produit ni par l'intermédiaire des nerfs vagues dont la section n’empêche pas le ralentissement du cœur ; ni par l'intermédiaire du sympathique, puisque la section de la moelle cervicale et du sympathique ne fait pas disparaître le ralentissement (Lewitsky (1), Eulenburg). En même temps, la pression sanguine baisse notablement (Lewitsky, G. Sée et Bochefon-
fontaine) (2).
Action sur la température. — Tous les auteurs s’accordent sur ce point : à l’état physiologique, le sulfate de quinine déprime la température, mais cette action est bien plus accentuée chez les fébricitants. Cependant, Bloch (3) a trouvé une
(1) Lewisky. Centralblatt, 1869. Thèse de Fortin, Paris, 1872. (2) G. Sée et Bochetontaine. Acad, des sciences, 1883. (3) Bloch. Diss, inaug. Gœttingue, 1870.
action aussi énergique chez l'animal sain que chez l’animal atteint de fièvre. M. Delavaux, qui a fait des expériences sur
lui-même, a toujours noté une diminution de chaleur (DS
Dans une de ses expériences, il prit à six heures du matin, en trois fois, de six heures à six heures trois quarts, 2 grammes 50 de sulfate de quinine. De 37,4, le thermomètre est descendu en deux heures et demie. à 36,4 Pendant huit heures, la température a baissé graduellement, n'éprouvant qu’une légère exacerbation au moment des repas; le point le plus bas de la chute thermique a été atteint vers trois heures de l’après midi, soit huit heures après l'absorption; le thermomètre marquait alors 35,4, l’abaissement total a donc été de 1,8. Dans une autre expérience de M. Delavaux, il a noté une chute de 1,2. Huit heures après le début de l'expérience, la température a remonté graduellement et n’est redevenue normale qu'après vingt-quatre heures.
L'urée et l’acide urique diminuent, parallèlement au doses employées. L’élimination de l’acide carbonique n'est pas influencée à l’état physiologique, mais elle diminue etona rendu les animaux fébricitants (Strassbürg de Brème) (2).
Cette diminution des produits de désassimilation montre que la quinine abaisse la température en modérant les phénomènes de combustion dans les tissus. Il y a diminution dans la production de calorique, et non augmentation des pertes de chaleur, car Lewitsky a montré que, sous l’influence de la quinine, la température s’abaisse chez les animaux qu’on a soigneusement enveloppés de ouate; de même,
(1) Delavaux. Thèse de Nancy, 1878, (2) Ark. f. exp. pharmak., et Jour, de thérapeut,, 18 .
sets
la quinine empêche l'élévation de température consécutive à Ja section de la moelle cervicale, le phénomène n’est donc pas dû à une action sur les centres nerveux régulateurs de la thermogénie décrits par Tscheschichin. La quinine modère les échanges gazeux : sous son influencele sang absorbe moins d'oxygène et dégage moins d’acide carbonique (Binz.). Nousne ferons que citerl'action antiputride et antifermentescible. Enfin cet alcaloïde provoque la diaphorèse et exerce sur la diarrhée une action favorable; celle-ci est le plus souvent remplacée paruneconstipation; c’est un léger inconvénient auquel il est facile de remédier. L’absorption de la quinine est très rapide, surtout si on l’emploie en dissolution au moyen de l'acide sulfurique (bisulfate) ; au bout de cinquante minutes, on peut déceler sa présence dans l’urine (avec le sulfate neutreil ‘faut attendre un peu plub d’une heure pour obtenir la réaction (Briquet, Jürgensen) ; avec les injections sous-cutanées, l'absorption est encore plus prompte, les premières portions sont éliminées au bout de dix minutes (Jürgensen, Thau) (1). La durée de l'élimination est également très courte, la plus grande partie est rejetée par les urines dans les douze heures qui suivert l’ingestion, elle est totale après qurante-huit heures (Jürgensen); cependant Briquet obtenait la réaction soixante heures après; Delavaux l’a vue persister plusieurs jours. Ce qu’il faut retenir de ces faits, c'est que la majeure partie de la quinine s’élimine dans les quelques heures qui suivent son administration ; on s'explique ainsi l’insuccès de ceux qui ont employé la quinine à doses fractionnées et espacées dans les vingt-quatre heures ; d'où le précepte, formulé par tous les auteurs qui ont étudié l’action antipyré-
(1) Thau, cité par Delavaux, 1878.
Rousseau. Ù 10
- après l'ingestion de Ta quinine. La quantité de l’'abaissément
tique de la quinine, de l'administrer à doses massives ettrès rapprochée, le Suceës est à ce PTE Co vd Squers stone ME La température commence à s ‘abaisser ane Ééure 6 ] a deux
thermique, sa durée, en un mot, l'effet antipyrétique varient
suivant que la quinine est prise le matin ou le soir. ra
M. Delavaux 4 a fait à ce sujet de très intéressantes études; FN ta # après avoir donné la quinine à ses malades, il a fait les éxa- | mens thermométriques lui-même, les a répétés toutes les +: heures, et a construit des courbes où l’on peut se rendre È compte de la différence d'action de la quinine; suivant que ; cet effet s'ajoute à la rémission physiologique, con doit fatter contre l’exacerbation qui se produit du matin awsoir.
La quinine absorbée le matin, même à dose assez élevée,et presque d’un seul coup (4,50 — 2 gr.) produit une hypothermie très légère souvent nulle. Dans quélques cas,
la température ne s'abaisse pas et est aussi élevée le De. | soir que celle de la veille. Le: plus souvent, voici ce que lon Rs observe : élévation graduelle de la température après l'ingestion du médicament; puis, au bout de trois ou quatre heures,
abaissement qui atteint son minimum dans la soirée; lelen= SA À demain matin elle s'est déjà NE et 5 soir elle RES le dé. # Fe
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Au contraire,i on donne la quinine le soir, la chute de la Se température est plus rapide, plus considérable et persiste plus longtemps, elle dépasse la plupart du temps 1°, 1,5 et va souvent jusqu'à 3°. La durée de l’action antipyrétique est en moyenne de quinze à vingt-quatre heures. :
M. le professeur Jaccoud, sans s’em tenir aux prescriptions + de Liebermeister qui recommande d'administrer la quinine | |