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tuée goutte à goutie étant donné l'instabilité toute particulière du milieu humoral de ces malades. Elle ne saurait cependant dispenser de la radiothérapie du système réticulo-endothélial. : |
Dans l'hémophilie les petites transfusions répétlées pourront également avoir une action hémostatique ainsi que dans le purpura relevant d’un complexe hémorrhagique.
De même la transfusion goutte à goutte est particulièrement indiquée dans l'icitère hémolytique, dans les insuffisances hépatiques avec syndrome hémorrhagique qu'elle qu’en soit l’origine, intoxication ou infection, étant donné l'instabilité humorale de ces malades, surtout chez les éthyliques.
« Au cours des néphrites on connaît les graves ac+ cidents qui peuvent suivre une transfusion massive, et seule la transfusion goutte à goutte conserve quelques ‘indications en particulier dans les néphrites chroniques avec anémie,.
D'autres affections chroniques, surtout la tu-
({ berculose pulmonaire, même non hémoptoïque, pourront tirer bénéfice des petites transfusions goutte à goutte répélées. On pourra espérer ainsi combattre l’anémie habituelle, remonter l’état général, modifier le terrain, permettant ainsi une lutte plus efficace contre l’agent pathogène.
Enfin les travaux récents de Jeanneney et Castanet, après ceux des nombreux cliniciens qui les ont précédés dans cette voie, semblent autoriser l’espoir de voir s'étendre les indications de la transfu-
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sion au cours des affections aiguës, en particulier des septicémies, qu'il s’agisse d’immuno-transfusion connue depuis longtemps dans la fièvre typhoïde, ou de cataphylacto-transfusion dans les septicémies à strepto-, à staphylo-, à méningo- ou à gonocoques. Là, la transfusion va permettre non seulement d’enrichir le sang du receveur mais de lui transférer les qualités défensives acquises par le donneur. Et seul le goutte à goutte pourra être supporté par ces grands infectés en instabilité marquée et permettra l'introduction progressive des substances défensives du donneur.
Ces différents exemples nous montrent donc que « La transfusion goutte à goutte est indiquée dans tous les cas d’instabilité sanguine où la crainte des réactions post-transfusionnelles peut empêcher certains malades de profiter de la transfusion ».
En effet, on a observé bien souvent maloré toutes les épreuves préparatoires classiques, malgré ie caractère universel du groupe sanguin du donneur, les accidents les plus redoutables après une transfusion classique chez des hépatiques, des brightiques, des tuberculeux et des hémopathiques. Il semble donc que chez ces sujets instables, dont l’état nécessite une transfusion il y ait deux problèmes à résoudre :
1° Déterminer les caractéristiques sanguines du donneur et du receveur, étudier leurs inter-réac-
tions. Parmi les donneurs universels eux-mêmes, il en est pour chaque cas particulier, de plus ou moins recommandables.
2° Réduire au minimum tout danger de réaction par l'emploi d’une technique permettant aux mécanismes régulateurs, lentement sollicités, de maintenir l’équilibre humoral.
. Nous avons vu que dans la plupart des maladies pour lesquelles nous envisagions l'utilité d’une transfusion goutte à goutte il s’agit de sujets dont le sang a subi des modifications plus ou moins profondes. Il ressort des travaux de Benda, J.F. Porge, J. Boyer et Coro del Pozzo qu'au cours de ces divers états pathologiques les malades dont le sérum est doué du pouvoir offensif le plus accentué vis-à-vis des globules rouges étrangers, sont également ceux chez lesquels la vitesse de sédimentation globulaire se trouve particulièrement accélérée. La réunion de ces deux tendances respectives des hématies et du sérum semble donc constituer un syndrome hématologique très particulier et qui expliquerait en partie les possibilités de conflit séro-globulaire même dans les cas où le sang provenait soit d’un donneur universel, soit d’un groupe homonyme.
Ce syndrome n’éclaircit très probablement pas entièrement le problème de l'instabilité sanguine, mais vu sa fréquence relative, sa recherche systématique permet dans un grand nombre de cas de prévenir utilement des accidents. Sa mise en évidence
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in vitro est en effet très facile. L'accélération de la sédimentation globulaire est appréciable sans difficulté par les épreuves sédiométriques habituelles. Quant à l'agressivité sérique on la déterminera tout aussi aisément par la confrontation directe du sérum à éprouver avec les globules rouges les moins enclins théoriquement à se prêter à une action offensive, c'est-à-dire les globules rouges du groupe 0.
Toutefois, la seule recherche sur lame suivant les procédés macroscopiques et même microscopiques n’est pas toujours suffisante et il nous semble utile de la compléter systématiquement par la technique de Benda de la centrifugation après dilution. Les épreuves sur lame paraissent en effet moins constamment fidèles que l'épreuve de la centrifugation après dilution.
Malgré toutes ces épreuves on observe un certain nombre de cas, où il persiste un doute et où, sans avoir une agglutination franche ou pas d’agglutination du tout, on observe des phénomènes intermédiaires et il devient alors très difficile de se prononcer. Dans ces cas on doit recourir à l'épreuve de la synatrauphilie sérique comparée. Cette épreuve consiste à confronter d’abord les globules du donneur, universel le plus souvent, avec le séruin du receveur, qui appartient par exemple au groupe 2. On confronte ensuite les globules du donneur avec le sérum étalon du même groupe 2. Si la réaction est identique dans les deux cas on peut se servir sans danger de ce donneur. Si, par contre, il y a une dif-
férence marquée il faut chercher un autre donneur jusqu'à ce qu'on trouve un donneur chez qui les deux épreuves sont identiques.
Ceci prouve qu'il existe dans chaque cas des donneurs universels qui peuvent être meilleurs que d’autres pour un malade déterminé, lorsqu'il s’agit de malades à sang instable, dont le sérum possède une agressivité particulière envers les globules rouges provenant même d’un donneur universel.
La valeur pratique du syndrome hématologique de l'instabilité sanguine, déterminée, comme nous l'avons dit, par la vitesse exagérée de la sédimentation globulaire et par l'hyperagressivité du sérum, est démontrée par sa fréquence au cours des états pathologiques les plus variés. On à pu déterminer, grâce à ces recherches, quels étaient les receveurs les plus prédisposés aux accidents de la transfusion et montrer qu'une vigilance toute spéciale s'impose en particulier chez les hépatiques éthyliques, chez les urémiques, dans les leucémies aiguës, dans les ictères hémolytiques. Une telle prédisposition n’entraîne d’ailleurs pas fatalement l’idée d’une complication inévitable à la suite de la transfusion. Les tares séro-globulaires du receveur n’excluent pas, en effet, par elles-mêmes la possibilité de découvrir un donneur dont le sang sera parfaitement accepté par celui du malade. Il ne s’agit donc pas seulement de dépister les receveurs prédisposés mais on doit également choisir, parmi les donneurs proposés celui
qui conviendra le mieux au receveur à sang instable.
Ceci montre tout l'intérêt que l’on doit attacher en pareil cas, aux différentes recherches énumérées plus haut. Il n’y a pas à se préoccuper de la perte de temps occasionnée par ces recherches puisque dans les transfusions médicales que nous avons en vue l’urgence n'existe pas. D’autre part, la méthode du goutte à goutte permet précisément d'éviter les accidents, qu'il est commode de rattacher à une agressivité du sérum du receveur vis-à-vis des globules du donneur, et à la tendance à l’agglutination des globules propres du receveur. En effet, les globules rouges du donneur, le sang pénétrant goutte à goutte chez le receveur, sont immédiatement éparpillés dans le torrent circulatoire, et ne peuvent être ni rassemblés, ni à plus forte raison agglutinés. Réciproquement le sérum du donneur n'a pas le temps d'agir sur les globules rouges du receveur.
On connaît d’ailleurs les expériences de Benda et Debray sur le chien : l’animal supporte sans le moindre inconvénient des injections intraveineuses de mélanges sanguins absolument incompatibles, à condition que l'injection soit faite suivant la technique lente du goutte à goutte, alors que les mêmes mélanges injectés rapidement provoquent un choc
mortel.
Enfin, cette lenteur extrême permet aux défenses de l'organisme d'entrer en action et d'éviter ainsi
toute réaction dangereuse. Dans aucun des cas rapportés nous n'avons observé de réaction ou de frisson, sauf une très légère élévation thermique aux environs de 38 qui fut d’ailleurs passagère.
Une de ces observations illustre particulièrement la tolérance parfaite vis-à-vis du goutte à goutte.