II. L’épiphyse fémorale
Il est incontestable que chez le jeune enfant le traitement orthopédique bien conduit corrige, par un modelage progressif l’antéversion de la tête qui, persistante, est la source de maintes récidives. Pour cela il faut immobiliser suffisamment en rotation interne. Voici longtemps que Ch. Ducroquet a insisté sur la nécessité, au cours du traitement orthopédique, du retour à la position droite dans des conditions d’orientation fémorale tout à fait déterminées. Il a toujours insisté sur l’importance des deux temps qui doivent se succéder après la première position de réduction : une abduction de 20° avec rotation interne de 600. Dans cette dernière position en effet la partie antérieure de la capsule se trouve plissée sur elle-même et se rétracte. Cette rétraction empêche la rotation externe du fémur et les enfants, pendant plusieurs mois, gardent un certain degré de rotation interne dans la marche. Ainsi, pendant que la cavité acétabulaire se développe, la tête se modèle et s'oriente et l’antéversion fortement réduite par la capsule rétratée
disparaît.
on
On ne peut s'empêcher de penser qu’une butée, si elle est nécessaire du fait de la persistance de l’insuffisance cotyloïdienne, sera plus efficace si elle est abaissée sur une tête fémorale dont l’antéversion a été préalablement réduite.
Au même titre que le développement secondaire du sourcil cotyloïdien, c’est là un argument de poids en
faveur du traitement orthopédique préalable.
L'ÉPIPHYSE FÉMORALE LUXÉE APRÈS LES TENTATIVES MALHEUREUSES DE TRAITEMENT ORTHOPÉDIQUE
À l'encontre des bénéfices certains procurés par un traitement orthopédique où la réduction a été bonne et la contention sagement dirigée, il faut dire les méfaits provoqués par les tentatives de réduction qui ont échoué. Les lésions s’observent surtout chez l'enfant déjà grand de 7 à 12 ans, lorsque des tentatives de réductions manuelles ont été répétées avec trop d’insistance ou de force.
— L’orthopédiste obstiné, peut dans ces cas, provoquer un traumatisme grave de la hanche dont les effets sont sévères. Lamy et dernièrement Otto-Mayr ont insisté sur les troubles trophiques importants : très grosse atrophie de l’épiphyse fémorale qui peut aller jusqu’à la disparition presque complète de la tête ; inflexion du col très souvent en varus, importante atrophie de la diaphyse fémorale avec décalcification intense aussi marquée sur l’acétabulum que
sur le fémur.
Ces troubles trophiques sont très semblables à ceux
observés et décrits après les traumatismes articulaires, | les entorses. Il est probable qu’en ces cas, des tractions excessives sur les ligaments et les muscles périarticulaires dont les insertions osseuses peuvent être plus ou moins arrachées, provoquent des troubles d’ostéolyse dont nous ne connaissons pas l’ampleur et que nous ne pouvons pas juguler.
L'importance de ces lésions permet de supposer la gravité du choc articulaire que provoque une tentative trop appuyée de réduction manuelle, cette manœuvre provoque certainement une attrition consi-
dérable de toute la région ; les muscles, les tendons, les
ligaments sont contus, leur système vasculo-nerveux est offensé ; la capsule, le périoste peuvent être partiellement arrachés ; des hémorragies péri et intra-articulaires se produisent, comme le prouvent les larges ecchymoses qui ne manquent pas de s’extérioriser les jours suivants.
Ces accidents condamnent, à notre avis, d’une façon formelle, des manœuvres orthopédiques trop puissantes, trop prolongées et surtout répétées !.
Ils nous défendent, en outre, de faire suivre immédiatement une tentative de réduction d’une intervention sanglante, d’une butée, car la région contuse et de vita-
lité diminuée nous paraît particulièrement exposée à
1. Ce traumatisme de la réduction crée une décalcification qui fragilise le col et la tête fémorale à un point tel que des manœuvres renouvelées risquent de provoquer un décollement épiphysaire.
M. Mouchotte 3
LANGE a
l'infection et peu capable d'assurer le développement
de notre grejfon.