PS LEE
Ceci n’est pas fait pour nous surprendre quand nous réfléchissons au nombre de maladies auxquelles les voies aériennes supérieures servent de porte d'entrée. Il est à peu près admis aujourd’hui que les cryptes amygdaliennes en particulier, hébergent de très nombreux microbes, tantôt pathogènes, tantôt simples saprophytes ; mais en ce qui concerne ces derniers, nous savons bien que souvent ils deviennent pathogènes à leur tour soit par l’exaltation de leur virulence, soit à l’occasion d’un fléchissement des pouvoirs de défense de l’organisme.
Le Congrès d'O-R-Laryngologie de 1930 s'est déroulé presque entièrement sur cette question et le rapport de G. WORMS et J.-M. LE MEE est plein d'enseignements pour nous. Toutes les localisations secondaires d’origine tonsillaire y sont passées en revue et disculées. La majorité des congressistes spécialistes, assistés en cela par de nombreux médecins internistes et pédiastres, conclut à rapport indéniable entre l’amygdale et les affections suivantes :
Rhumatisme chronique.
Endocardite. Péricardite.
Néphrite.
Abcès du poumon. Broncho-pneumonie. Bronchite. Système osseux (ostéomyélite).
Etats méningés. Encéphalite.
G. WORMS a insisté, d'autre part, sur l'importance de ces rapports avec la médecine générale et la nécessité de le désinfecter. I1 attire l’attention sur le rôle important des conditions insalubres des grandes villes et de son enquête prolongée sur la question se . trouve impressionné par son importance.
Le rôle des amyédales comme foyer d'infection soulève naturellement la question de la contradiction apparente entre ce rôle
et celui qu'on leur attribue classiquement comme protecteurs de
l'organisme, sa première ligne de défense contre les microorganismes envahisseurs et en même temps la question de l'opportunité de leur suppression, Nous pouvons très bien admettre le rôle protecteur des amygdales et cependant rester interventionnistes, admettant que lorsqu'elles ont perdu leurs fonctions protectrices, débordées par une invasion trop massive ou trop prolongée, elles doivent être supprimées dans l'intérêt du reste de l'organisme.
A ce sujet, il faut signaler un article très éclairé de L. DUFOUR- MENTEL, qui, reprenant les conclusions du Congrès d'O.-R.-L. de 1930, les analyse et les discute avec une compétence et une impartialité remarquables.
Après avoir remis au point le rôle de défense de l’amygdale, il s'élève contre l'engouement montré par la majorité des congressistes interventionnisles et, tout en reconnaissant le rôle de source microbienne joué par l'organe dans des cas nombreux, il conseille cependant une certaine modération dans l'intervention. Il est en cela approuvé par les professeurs SEBILEAU et MOURE.
Il termine sa conclusion en préconisant l’'amygdalectomie subtotale qui donnerait des résultats aussi intéressants que l’amygdalectomie totale sans en causer les accidents, quelquefois très graves, Il semble bien que ce point de vue soit la solution raisonnable de cette discussion et nous adoptons entièrement cette façon de penser.
La dentilion, deuxième foyer important, est restée l’une des sources les plus fréquentes d'infection focale. Il est donc naturel de trouver parmi les dentistes et stomatologistes les plus chauds et les plus nombreux partisans de Ia théorie focale. C’est ainsi que nous pouvons relever une longue liste d'auteurs qui se sont occupés de ce foyer, tant en France qu’à l'étranger et dont nous ne ferons que citer quelques-uns : TELLIER, BERWISTLE, BOUSQUET,
Le M7
J. DUFOUR, EASON, LEJARS, PALMER, RUPPE et LAMBING.
Cest le foyer dentaire aussi qui permet les plus brillantes réussites thérapeutiques, puisque quand un foyer est nettement diagnostiqué au niveau d'une ou plusieurs dents, leur avulsion suffit pour amener une guérison ou tout au moins une amélioration notable. Parmi les très nombreux cas cités par les divers auteurs, nous relevons une observation due à M. OACKLAND, d’arthrite persistante, d’origine traumatique, du genou, où la guérison complète fut obtenue par la suppression du foyer septique dentaire. Cet auteur insiste sur la nécessité de ne jamais renvoyer un malade traité pour une angine de Vincent, avant de s'assurer qu’il n'héberge plus de bacille fusiforme autour de ses dents. Pour lui, ces foyers septiques dentaires sont responsables, dans cerlains cas, de troubles de la croissance chez les enfants et sont de plus cause de troubles gastro-intestinaux, prédisposent à la tuberculose, causent directement ou favorisent : les otites moyennes, la bronchite septique, les maladies cutanées.
Dans l'observation princeps de W. HUNTER, le foyer se trouvait au niveau des dents, quatre dents de sagesse incluses, qui avait déterminé une confusion mentale typique, le diagnostic n'étant établi qu'après une radiographie des mâchoires, faite parce que la malade, malgré son affection mentale, persistait à se plaindre d'avoir mal aux dents.
Vient ensuite le foyer uro-génital. Jusqu'ici, nous n'avons pas parlé des microbes en cause. Pour les autres foyers, le'streptocoque, dans ses diverses formes, semble lemporter de beaucoup. Dans les voies uro-génitales, le colibacille lui dispute cette distinction, ‘tandis que, bien entendu, le gonocoque fait son apparition. On connaît bien la fréquence des infections par le colibacille pendant
la grossesse, et pour L. MAC-IIROY, il serait étroitement lié