‹ Contribution à l'étude des Infections FocalesChapitre 8 sur 13 · ES · texte numérisé non relu

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aux manifestations toxémiques et pré-éclamptiques. La mention du colibacille nous amène naturellement à dire quelques mots du fover intestinal, duquel le colibacille passe par voie sanguine dans les voies urinaires, donnant lieu au «syndrôme entéro-rénal : d'HEITZ-BOYER. Et cependant, on ne peut jamais mettre le colibacille en évidence dans le sang qui lui sert de vecteur de l'intestin jusquà l'appareil urinaire. Cela tient, pour LEGUEU et FISH, au pouvoir bactéricide du sang vis-à-vis du colibacille ; ce n'est que quand le sang est débordé par l’agent microbien que ce dernier peut coloniser dans l'appareil urinaire et apparaître dans les urines. À propos des colibacilluries, LEGUEU insiste sur importance du foyer appendiculaire, faisant remarquer que l’ablation de l’appendice peut, quand il était en cause, amener la guérison radicale el définitive.

À propos des annexes du tube digestif, WILKIE attire l’attention sur l'importance de la vésicule biliaire, véritable pépinière de microbes, ef surtout du streptococcus viridans, qui, quoique tué par la bile, dans certaines souches, montre une affinité élective pour les parois de la vésicule biliaire, d’où on ne peut le déloger que par une cholécyst2ctomie. Il rapporte cinq observations d’amélioration notable affections mentales après cette opération.

Comme autres foyers d'infection possibles, on peut trouver n'importe quel organe ou partie du corps, et nous ne ferons que mentionner : l'oreille moyenne, les sinus, l'utérus et ses annexes.

Il n’est pas douteux que la connaissance de ces foyers est d’une importance primordiale, du triple point de vue de leur recherche dans toute infection, de leur désinfection prophylactique, et de leur extirpation dans le traitement des infections locales reconnues.

Selon la statistique de BILLINGS, dans 98,6 0/0 des cas, le foyer siège au niveau de la bouche, du naso-pharynx et de ses

annexes. Comme nous l’avons vu, WORMS a signalé toute l’importance de cette localisation au point de vue de la prophylaxie des infections focales. La grande originalité des auteurs anglo-saxons est d'avoir insisté sur la fréquence de la localisation buccale, et tout particulièrement sur celle de la localisation dentaire. Ceci à tel point que l'expression «infection focale » devient presque synonyme d'infection à point de départ dentaire. Et c’est sans doute cette idée de prédominance du foyer dentaire qui nous rend si dificils d'admettre l'infection focale.

Au sujet des foyers, se pose la question de leur multiplicité. Pour LOWE, le foyer est unique dans 28 0/0 des cas. Quand il existe plusieurs foyers, il est nécessaire d’y distinguer des foyers primitifs et des foyers secondaires. Pour citer un exemple, l’infection buccale peut être à l’origine d’une dilatation des bronches, celle-ci à son tour pouvant constituer un foyer secondaire qui donnerait une localisation à distance, par exemple un abcès du cerveau.

BILLINGS pense que les ganglions Iymphatiques constituent d'importants foyers secondaires qui peuvent persister après l’ablation de la localisation primitive.

Le rôle du «foyer », d'accord avec les auteurs français, nous semble donc primordial dans les infections. « L’aire circonscrite infectée par les microorganismes pathogènes » (Billings), que constitue le foyer, dissémine les microbes et les toxines dans toutes les parties de l’organisme et peut réaliser les syndrômes cliniques les plus variés. Ce sont ces manifestations de l'infection focale

que nous allons passer en revue dans le chapitre suivant.

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