‹ Contribution à l'étude des Infections Secondaires dans la Tuberculose Pulmonaire: Etude clinique; hemocultures et examens bactériologiques de l'expectorationChapitre 57 sur 62 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

LA DOCTRINE DES INFECTIONS SECONDAIRES D’APRES NOS EXPERIENCES ET NOTRE ETUDE CLINIQUE. — DISCUSSIONS

Nous essayerons ici de déterminer, devant les faits établis et d’après nos recherches, quel est le rôle véritable que l’on doit faire jouer aux microbes associés au bacille de Koch dans la marche de la tuberculose pulmonaire. Le bacille de Koch et ses toxines peuvent provoquer tous les types de fièvre. Ce qui le prouve, c’est avant tout la fièvre des poussées récentes de granulie, où l’on ne peut pas faire intervenir des microbes secondaires, puisqu'elle peut se produire sans lésions ulcéreuses concomittantes ; c’est la fièvre des tuberculoses fermées : c’est l'accès fébrile qui se produit après l’injection de tuberculine pratiquée dans un but thérapeutique. Les variations de température sont grandes même dans l’évolution de la même forme de tuberculose pulmonaire : il existe des cas où la bacillose peut évoluer insidieusement pendant des mois et des années sans qu’on observe de la fièvre et qui ne sont pas nécessairement d’un pronostic bénin. Ces cas sont con-

sidérés par les partisans des infections secondaires comme production de l'infection tuberculeuse pure ; par contre dans les cas où on observe des élévations thermiques il s'agirait pour eux d’une infection mixte. Nous ne voyons pas la raison pour laquelle l’éruption des tubercules dans un poumon et le processus inflammatoire qu’elle provoque, qui, lui n’est pas produit par une infection secondaire, se comporterait autrement qu’une tubereulose pleurale, péritonéale ou méningitique, qui, de l'avis même de ces auteurs, sont des infections purement tuberculeuses et qui pourtant s’accompagnent de fièvre. D'autre part, il n’est pas démontré que la fièvre existé nécessairement quand on constate le streptocoque au niveau d’une lésion locale quelconque (Frankel, p. 733) et notre obsevation X. Il se peut cependant qu’à la période de fonte caséeuse et formation rapide des cavernés, moment le plus favorable pour l’envahissement secondaire es microbes, moment où on constate dans des très nombreux cas les oivers types de fièvre élevée, le type hectique entre autres, il se peut, disons-nous, que l’action du streptocoque se surajoute alors à celle du bacille de Koch. Mais dès qu’on cherche à élueider ce rôle, à toucher du doigt le problème, on conclut que celui-ci est inexistant, négligeable, et nous nous élevons contre l’éxagération et la généralisation du rôle pathogène des mierobes pyogènes dans la fièvre des phtisiques.

Dans la tuberculose chirurgicale les auteurs contemporains paraissent être d'accord sur le rôle positif des microbes associés. Un abcès froid, qu'il soit pottique, osseux ou articulaire, se réchauffe brusquement, le malade est pris des frissons, d’agitation, de fièvre plus ou moins élevée ; la suppuration qui s’est tarie à un moment donné,

RÉ re

devient plus abondante, interminable : le pus perd sss: caractères spécifiques, et le malade maigrit et se cachectise. lei, cliniquement, le rôle des mfections surajoutées paraît net, de même que dans la tuberculose rénale, où les microbes associés sont apportés à la suite des cathétérismes répétés. Nous disons cliniquement, Car il y a une contradiction dans les recherches des bactériologistes et histologistes. Ainsi Petroff qui pratiqua dans vingt-sept cas des coupes sur des fragments d’abcès froid, trouve dans un seul cas des amas de staphylocoques en-. tourés de foyers nécrobiotiques dus à leur présence. Il fait la même constatation sur des coupes de fausses membranes de péritonite tuberculeuse ouverte. Dans les autres vingtsix cas il ne peut démontrer la présence des microbes dans les tissus, tout, au plus en trouvait-il quelques-uns, en petit nombre, au voisinage de la surface :; et ceux-ci n’avaient provoqué aucune réaction appréciable des tissus environnants. Pourtant plusieurs de ces cas présentaient des signes d’acuité très prononcés et parfois même des signes généraux d'infection pyogène. Il cite, en particulier un cas de tuberculose du pied ouverte, très enflammée, ayant nécessité l’amputation ou un examen très minutieux des coupes de la synoviale tibio-tarsienne ne réussit pas à démonterr la présence des microbes dans l’épaisseur des tissus. Or, cette synoviale baignait dans du pus contenant des staphylocoques, des streptocoques et des bacilles pyocyaniques

Il y a cependant des faits indiscutables montrant l’'aggravation des symptômes locaux et généraux chez des tuberculeux chirurgicaux après l’ouverture de la lésion à la peau, où quand il se fait de la rétention du pus dans une articulation infectée ; par contre une atténuation de signes

Page 1