‹ Contribution à l'étude des Infections Secondaires dans la Tuberculose Pulmonaire: Etude clinique; hemocultures et examens bactériologiques de l'expectorationChapitre 58 sur 62 · LETTRE · texte numérisé non relu

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morbides s’observe quand le chirurgien incise et rétablit le drainage. Nous admettons done, puisque l’accord semble établi sur ce point, l'importance du rôle des microbes pyogènes dans la tuberculose chirurgicale. Mais une question se pose alors : pourquoi refuser dans un poumon les complications accordées aux lésions tuberculeuses chirurgicales ? Pourquoi en effet, les chirurgiens redoutent-1ls tant le streptocoque, le staphylocoque au niveau d’un abcès froid, alors que les phtisiologues semblent négliger les microbes pyogènes dans la tuberculose pulmonaire ? C'est que le poumon est un milieu peu favorable à l’action des microbes autres que le bacille de Koch ou en toul: cas il neutralise leur virulence. Peut-être est-ce à cause de sa richesse considérable en vaisseaux sanguins et lymphatiques ; un poumon même malade résiste relativement bien à l’envahissement de ces microbes, et pour la même raison, puisque sa richesse en sang est telle que 1 /5 d’un poumon suffit pour assurer l’hématose. L’expérience de la grande guerre l’a souligné : le nombre de projectiles intra-pulmonaires parfaitement tolérés est considérable. D'autre part, en présence d’un homme atteint de bléssures multiples, dit Roux-Berger, il faut Savoir négliger la plaie de poitrine; le danger immédiat est au niveau des plaies des membres, ce qui montre que le poumon jouit par rapport aux autres organes d’une résistance toute particulière à l'infection. Au contraire, tout projectile intra-pleural doit être extrait ; la plèvre à l’inverse du poumon se défend mal contre l’infeclion. A l’appui de cette théorie nous pouvons encore citer un fait d'observation clinique. Si au cours d’une cure par pneumothorax artificiel, la plèvre viscérale vient à se rompre

au niveau de la lésion, le contenu de la caverne se répand dans la plèvre. On constate alors que l’irruption dans la cavité pleurale des microbes contenus jusque là dans la spelonque, détermine une pleurésie purulente avec tout 16 cortège symptômatique que nous lui connaissons, alors que les mêmes microbes n’avaient traduit leur présence en aucune façon tant qu'ils étaient enfermés dans le parenchyme pulmonaire. |

Au poumon est dévolu un rôle protecteur d’une importance extrême, car toutes les substances solubles, quelle que soit leur porte d’entrée, doivent forcément, avant d'arriver aux centres nerveux, passer par le réseau pulmonaire. Certaines expériences ont tenté de démontrer que le poumon est capable d’arrêter, de transformer, de neutraliser certains poisons. Roger, entre autres, injectait des solutions toxiques par une veine périphérique et par le bout central de l’artère carotide. Dans la deuxième expérience le poison est amené par les remous sanguins à lorigine de l’aorte de façon qu’il arrive aux centres nerveux sans avoir subi l’action du poumon. Les expériences ont été faites avec des poisons multiples et dans tous les cas l'action du poumon a élé indéniable : mais la quantité neutralisée a présenté des grandes variations. Le rôle protecteur du poumon, peu marqué pour l’acide propionique et la morphine, a été surtout manifeste avec les acides oxalique, formique, lactique, avee le bicarbonate d’ammoniaque, l'hydrogène sulfuré, l’acide éthyldiacétique ; cette dernière substance est trois fois plus toxique quand on l’injecte par la carotide que lorsqu'on l’’introduit par une veine. | . Une autre question se pose : les cavernes pulmonaires

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sont-elles modifiées par les infections dûes aux microbes que l’on trouve toujours dans leur parois où dans leurs cavernes ? Nous ne le croyons pas. La formation des cavernes est l’aboutissant direct de la caseification. Nous les voyons se former de la façon suivante : le centre du foyer tuberculeux se ramollit, le contenu tend à se faire Jour au dehors, en même temps la paroi de la caverne, s’épaissit et le tissu conjonctif prolifère de plus en plus les cavernes étant dûes aux processus tuberculeux luimême. Quand la caverne s’est ouverte, les germes y pénètrent rapidement, soit par voie aérienne, soit provenant d’un foyer Suppurant voisin ; les associations se font, sur les prélèvements faits à l’autopsie on constate l’existence

des microbes pyogènes dans les lésions tuberculeuses et autour. d'elles, mais on ne constate pas cliniquement leurs actions, ce qui nous pousse à les considérer comme des agents accéssoires saprophytes.

L’allure terminale des infectés phtisiques, comme nous avons essayé de le démontrer, est empreinte des caractères spécifiques et ne ressemble pas à celle des grands infectés chirurgicaux. Plusieurs infirmières que nous avons interrogées à ce sujet et leur longue carrière hospitalière, leur contact permanent avec les malades donnent, pensons-nous, un certain poids à leurs observations ont été unanimes à déclarer que le tuberculeux ne meurt pas comme les autres catégories des malades : ou bien, il n’a pas conscience de la fin qui approche, il s’illusionne, et ces cas sont fréquents, ou bien il est résolu, calme, mais il ne s’agite pas, ne délire qu’exceptionnellement, ne présente pas de frissons, malgré une température très élevée, conserve un appétit relatif. S'il s'agissait des infections

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