‹ Contribution à l'étude des Injections HypodermiquesChapitre 10 sur 54 · DER ET · texte numérisé non relu

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sont dues les différences des résultats obtenus par Auer et Mac Callum ;

2° Quand on donne de petites doses de purgatifs doux, on doit donner une alimentation légère, peu riche en déchets; une alimentation considérable pouvant cacher les effets dus aux purgatifs ;

3° L'injection sous-cutanée de citrate de soude détermine une augmentation de l'élimination des fèces pendant les 3 à 5 premières heures qui suivent l'injection, atteignant jusqu'à 23 fois la quantité éliminée par les animaux de contrôle ;

4° L'injection intraveineuse des doses maximales de sulfate de soude rend dix fois plus importante l'élimination des fèces ;

5% L'injection sous-cutanée de 2 cc. de chlorure de baryum n/6 augmente l'élimination de 14 fois 1/2 Ft les deux heures qui suivent l'injection ;

6° L'injection sous- -cutanée ou intraveineuse à forte dose de ces trois sels rend les matières fécales plus aqueusés que d'habitude. Le chlorure de ba-

ryum les rend mème partiellement fluides ;

7° Des fèces fluides sont plus faciles à obtenir par l'ingestion de ,citrate de soude que par son injection. De même avec le sulfate de soude ;

8° L'administration sous-cutanée de chlorure de barvum détermine la fluidité des fèces plus facile-

. ment que son ingestion ;

9° Tous ces résultats sont en accord ave les conclusions de M. Callum, à savoir que : le mécanisme

qui détermine la purgation siège dans les parois In-,

testinales et il est excité quand les purgatifs salins atteignent ses parois en concentration suffisante quelque soit le procédé par lequel ils ont été introduits dans l'organisme. »

La même année (1904) Georges Co dans sa thèse étudie l’action purgative du chlorhydrate d’apocodéine en injections hypodermiques ; avec une dose moyenne de deux centigr., il obtient des résultats positifs dans les 2/3 des cas. |

Hertz, en 1908, étudie sur l'homme les mouvements de l'intestin à l’aide des rayons X.

Berthommeauet Daguin étudient l’action purgative de la phénolphtaléine. *

Jean Gomez Ocana, en Espagne, observe les mouvements d'intestins isolés et plongés dans un liquide

nutritif ; il constate que le sulfate de soude aug-

mente le tonus et l'énergie des contractions intestinales et que les sels de magnésie relâchent l'intestin el suspendent ses contractions.

Un peu plus tard, Sabbatini étudie le péristaltisme intestinal à travers un verre de montre eénchâssé dans la paroi intestinale ; puis Fleig et Bouvaist après de Vamossy, Wenhardt, Unterberg, de Buda-

pest ; Tunicliffe, de Londres ; Wernicke, de Buenos-

Ayres, étudient l’action de la phénolphtaléine et de son dérivé le sodophtalyl en injections sous-cutanées. Ce sont des purgatifs synthétiques, pas toxiques, même par voie intraveineuse : Fleg injecte sans accident 1 à 3 centigrammes de phénolphta-

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léine À solution dans 1 ce d'alcool à un lapin de 900 grammes. Les injections répétées de doses quotidiennes ne sont pas non plus toxiques : l'animal continue à augmenter de poids. Les injections de phénolphtaléine et-de sodophtalyl sont efficaces : ils produisent de la diarrhée sans coliques ni ténesme. L'injection sous-cutanée d’une solution alcoolique de phénolphtaléine est bien supportée par les animaux aux doses de o g. 5o centigr. à r gramnie par kilog. La solution alcaline ou sodophtalyl peut être injectée sous la peau, dans l'estomac ou dans les veines sans aucun trouble, aux doses de 2 grammes par kilog pour la voie gastrique, o g. 5o centigr. à. 1 cramme pour la voie intraveineuse — les solutions de sodophtalyl employées dans les cas d'injection intraveineuse sont de 1 à 3 % faites dans l’eau salée de 5 à 5 0/00. — L'élimination se fait très rapidement : à la suite de son injection dans les veines, on retrouve la phtaléine dans l'urine au bout de quelques minutes. L'injection rapide de doses massives peut amener : de l'agitation, du ralentissement de la respiration et du cœur, une forte dyspnée, dec convulsions et la mort. L'injection intraveineuse de phtaléine peut produire un effet excito-sécrétoire sur l'intestin, le foie el pancréas. Le sodophtalyl a la même action, Aucune action sur le rein, ce qui fait de ces substances des purgatifs de choix chez les albuminuriques. Ces substances ont, de plus, une faible action hypotensive sur le système circulatoire, donc utiles chez les cardiaques. Aucune influence

nocive non plus dans les périodes menstruelles, la grossesse, la ménopause. Ces purgatifs synthétiques s’administrent en injections sous-cutanées à la dose de o gr. 20 centigr. à o gr. 30 centigr. ; il est préférable d'utiliser le sodophtalyl (disodoquinone phénolphtaléinique) qui est soluble. Fleig, d'après les observations cliniques et expérimentales montre que ces composés chimiques agissent non pas tant en excitant directement le péristaltisme mais en provoquant surtout l’hypersécrétion des glandes hépatique, pancréatique et intestinale. Ils sont indiqués dans tous les cas de constipation relevant d’une insuffisance sécrétoire ou d’une asthénie de la musculature intestinale. Nombreuses sont les observations cliniques de purgation par la phénolphtaléine tant par ingestion que par injection ; elles ont été publiées entre autres par Wenhardt, de Budapest ; Un: terberg (120 cas) ; Tunnicliffe, Bokay, Kéthy, Gaudin, Suzor, Corby, Tison, Kaminsky, Bardet, Legrand, Robert Wernicke (8o cas), Martin Mendelson, Moncorvo Filho, Munck, Bader, etc.

En 1909, Berti Antonio étudie les mouvements péristaltiques de l'intestin, il expérimente sur des lapins et enregistre les mouvements des parties d’intestin immergées dans une cuvette contenant un liquide apte à procurer la persistance de ces mouvements. Il a surtout expérimenté avec la bile.

- Matthews et Brooks, en 1910, reprennent l'étude du sulfate de magnésie en injection intraveineuse. I nous dit que l'action purgative de ce sel per os est

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connu depuis longtemps (1675), également sa toxicité par injection intraveineuse. Par ce procédé, le sulfate de magnésie n'a pas d'action purgative, mais détermine une sorte de paralysie, et si le sel est injecté à hautes doses, celle paralysie’ s'accompagne d'un arrêt de la respiration, d’une chule immédiate de la pression sanguine et d’un arrêt des battements du cœur. « Le sulfate de magnésie a une aclion analogue au curare ; à doses suffisantes, il exerce une action marquée sur les terminaisons motrices et produit peu d'effet sur le centre respiratoire ; à plus fortes doses, il cause une dépression de ce centre. Quand on l administre à des animaux non anesthésiés, on observe d’abord une excitation primaire des mouvements respiratoires. L'action, du sel sur le cœur s'explique le mieux comme résultant d'une dépression du système nerveux CHRIS en Pate culier des accélérateurs. »

Tyrode, la même année, en Angleterre, étudiant le mode d'action des purgatifs salins, pratique des injections intrayeineuses de ces substances. IL observe que le sulfate de soude, de magnésie, le phosphate de soude placés dans la lumière d’anses intestinales isolées amènent des contractions. Ces purgatifs appliqués sur la paroi intestinale externe diminuent l’activité fonctionnelle de l'intestin et cette diminution est plus marquée avec le sulfate de soude. Les résultats sont les mêmes pour l'intestin grêle et pour le gros intestin. Ces sels ont donc deux actions : sur la muqueuse intestinale, ils sont ab-

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sorbés très peu, d'où action irritante ; sur la paroi externe de l'intestin, ils agissent sur la musculeuse et le système nerveux intestinal ; quand toute connexion a été interrompue avec le système nerveux central, ils amènent de la dépression, surtout les sels de magnésie : la plus petite partie de ce sel, injeclée dans le sang , paralyse l'intestin. Par la voie stomacale, ces sh produisent l'effet purgatif car ils ne sont pas assez absorbés pour atteindre la muscu. leuse et produire la dépression intestinale par action sur le système neuromusculaire de l'intestin. Et Tyrode donne une classification des séls, suivant leur action sur le système neuromusculaire de l'intestin : :

LE. Sans action sur le péristaltisme : chlorure de soude ;

IL. Action slimulante sur la muqueuse : sulfate et phosphate de soude ; |

HT. Action stimulante sur la muqueuse et dépression sur le système neuromusculaire : sulfate de magnésie ; | é

IV. Action stimulante spéciale sur le système neuromusCculaire : chlorure de baryum agissant comm l'ergot, la physostygminre.

Au point de vue des injections intraveineuses où sous-cutanées, les deux premières classes de sels ne peuvent évidemment pas être employées ; pour Ty: rode, le sulfate et le phosphate de soude ne sont pas purgatifs en injections. La classe III : sulfate de magnésie ne donne aucun résultat : au contraire, il y

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a paralysie intestinale. Quant à la classe IV : le chlorure de baryum, agissant spécialement sur le sysème neuromusculaire, va avoir un effet purgatif en injection. Le péristaltisme, dit Tyrode, est le facteur le plus intéressant dans la purgation car « comment, dit-il, y aurait-il augmentation du liquide de l'intestin si le système neuromusculaire est paralysé ? » ie | Herr, en Allemagne, nie toute action du sulfate de magnésie sur la muqueuse intestinale.

La même année Pietsch, à l'institut pharmacologique de l’université de Berne, étudie la péristaltine : glucoside extrait de l'écorce de Rhamnus Purshiana (cascara sagrada). Ce glucoside agit aussi bien comme purgatif par la voie hypodermique que par la voie buccale ; Les injections sont indolores et ne sont suivies d'aucun symptôme morbide immédiat ou médiat. Gürberg, de l’université de Marburg, s’est injecté sous la peau o gr. 20 centigr. de -péristaline :’au bout de 10 à 12 heures, il obtient deux selles copieuses sans douleur.

Pour l'injection hypodermique, les doses de péristaltine sont de o gr. 15 centigr. à o gr. 30 centigr. ; elles doivent être répétées quotidiennement si on veut s'assurer un résultat durable, la péristaltine étant un purgalif doux : l’action se produit en général dans un délai de 10 à 12 heures, en agissant sur le péristaltisme intestinal.

Dans sa thèse Jean Lassolle donne de nouvelles -observations sur l’action purgative du chlorhydrate Wir j

FPE d'apocodéine en injections sous-cutanées el reconnaît à ce corps chimique des propriétés laxatives.

En 1911-12, Aubourg et Lebon étudient les mouvements intestinaux à l’aide des rayons X et emploient certains purgatifs pour rendre plus actif le . péristaltisme intestinal et étudier l’action de ces

substances. Ils expérimentent l'huile d'olive, l'huile de ricin qui amènent des contractions fortes du gros intestin : les infusions de séné introduites en lavement, amènent des contractions un peu fortes du colon avec coliques et segmentation de cette partie de l'intestin ; la phénolphtaléine agit aussi bien sur la musculature de l'intestin que sur les glandes et la radioscopie le prouve : la phénolphtaléine agit directement sur le péristaltisme ; on a vu que Fleig, au contraire, pensait que si la phénolphtaléine agissait sur Île péristaltisme ce n'était que secondaire ment et que c'était l’ afflux d’une grande quantité de liquide dans l'intestin qui réveillait le péristaltisme. Le sulfate de soude provoque un accroissement notable du liquide de l'intestin grêle sans agir d’une façon très appréciable sur ses contractions directement ou indirectement.

Signalons ici les essais tentés ces dernières années d'injections sous-cutanées de phénolphtaléine en solution huileuse qui, d’après M. A. Martinet, seraient moins irrilantes qu’en toute autre solution.

En juillet 1912, le professeur Albert Robin avec le docteur Sourdel, son ancien interne, communique à Ja Société de Médecine des hôpitaux une série d’ob-

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