‹ Contribution à l'étude des Injections HypodermiquesChapitre 48 sur 54 · I. On a cherché depuis longtemps à purger par la · texte numérisé non relu

I. On a cherché depuis longtemps à purger par la

méthode des injections hypodermiques. Les uns ont |

expérimenté surtout les sels purgatifs, les autres les

extraits et les principes actifs des plantes ainsi que

les résines purgatives. Récemment; on expérimente avec succès un purgaltif synthétique, la phénolphtaléine et son dérivé le sodophtalyl. Beaucoup de physiologistes ont cherché à se rendre compte de l’action des purgatifs injectables par la voie hÿpodermique, d'où nombre de procédés spéciaux qui ont abouti à la radioscopie, la radiographie et à la méthode de perfusion intestinale de MM. Carnot P. et KR. Glénard.

IE. Nous avons expérimenté sur le lapin et le chien vivants ; dans ces expériences nous nous sommiés

surtout rendus compte de la toxicité des purgatifs

reconnus injectables sous la peau : nous avons utiisé ainsi les sulfate et citrate de soude, le sulfate de magnésie, le séné, la rhubarbe, le cascara en infusion, l'écorce de bourdaine en infusion et en macé-

De

ration ; l’aloès en solution liède ; enfin, un purgatif synthétique : la phénolphtaléine.

Les injections de sulfate de soude sont douloureuses ; elles laissent à leur suite de l'induration et même entraînent dans certains cas la formation d’es- | carres. Ce sel amènerait des selles plus abondantes, plus rapprochées mais jamais liquides.

Le citrate de soude en solution est excessivement douloureux injecté sous la peau : il doit être rejeté de la pratique malgré qu'il nous ait donné de bons résultais au point de vue purgatif.

Le sulfate de magnésie (solution à 20 %) n’a donné aucun résultat purgatif : au contraire, il a constipé les animaux en expérience et amené une diminution parfois considérable du poids des matières.

Les infusions de séné, de rhubarbe et de cascara, ‘en injections hypodermiques, donnent aux lapins des selles plus molles qu'à l'ordinaire en même temps qu'une augmentation dans le poids de /ces matières. Il en est de même avec la bourdaine.

La solution d’aloès employé (4%) est toxique pour le lapin ; le chien paraît bien la supporter et on obtient chezrlui des effets purgatifs nets.

La phénolphtaléine chez le lapin n’amène pas de selles liquides mais une augmentation en poids et une consistance plus molle des fèces ; chez le chien porteur d’une fistule intestinale, nous avons cons-. taté des effets purgatifs nets et une augmentation de la sécrétion intestinale.

III. Carnot et Glénard R., dans leurs expériences sur la perfusion intestinale, ont expérimenté avec nous les purgatifs cités plus haut :

Le sulfate de soude augmente, exagère le péristaltisme et ne paraît pas avoir beaucoup d'influence sur la sécrétion ;

Le citrate de soude paralyse l'intestin qui se remplit d’un liquide transsudé abondant qui, ne pouvant s’évacuer, gonfle l’anse à se rompre ;

Le sulfate de magnésie a arrêté le péristaltisme intestinal et supprime les évacuations ;

Le séné exagère le péristaltisme et le débit intestinal, il a de plus une action lymphagogue tout à fait nette. Egalement la bourdaine:

L’aloès augmente énergiquement les mouvements intestinaux, amène la vaso-dilatation des vais:caux mésentériques ; le débit intestinal paraît légèrement augmenté. |

La phénolphtaléine exagère le péristaltisme et accroît la sécrétion intestinale ; mais les contractions ne sont pas aussi brutales que celles obtenues avec l’aloès, le séné et surtout le sulfate de soude.

IV. Les quelques observations cliniques personnelles jointes à celles relatées dans la littérature médicale nous portent à croire que purger par voie sous-cutanée ou intraveineuse est possible. Tous les purgatifs expérimentés ci-dessus nous ont donné quelques résultats. Les injections de sulfate de soude, de citrate de soude et de solution d’aloès seraient à rejeter : les

unes parce que douloureuses, les autres parce que toxiques. Cette question des injections hypodermiques purgatives est assez intéressante et importante pour qu'on s'en occupe ; ces injections seraient dans “certains cas d’une utilité incontestable (constipation opiniâtre, coma, vomissements incoercibles, refus d'ingérer, enfants difficiles à soigner) mais avant de conclure affirmativement à l'effet purgatif de certaines substances par voie sous-cutanée, il faut multiplier les observations, établir une statistique portant sur de nombreux chiffres : alors on pourra trancher la question en toute connaissance de cause.

mm =

Vu : Le Doyen L. LANDOUZY.

Vu : Le Président de Thèse :

e A. GILBERT.

4 Vu et permis d'imprimer.

Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris,

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