‹ Contribution à l'étude des injections intra-utérines dans les suites de couches pathologiquesChapitre 13 sur 24 · Tarnier. De l’asepsie el de l'antisepsie · texte numérisé non relu

Tarnier. De l’asepsie el de l'antisepsie

HO taire retenu dans l'utérus. L’hémorrhagie peut alors être très abondante, mais, en réalité, c’est un accident beaucoup plus alarmant que réellement dangereux étant donné que l’opérateur se trouve dans les meilleures conditions pour:y parer. Il suffit de porter à 48° le liquide de l'injection et en général l'utérus se contractant l’hémorrhagie s’arrête.

Si nous envisageons le second groupe d'accidents nous trouvons que heureusement, caril est très grave … et le plus souvent mortel, il est relativement très rare. M. Jasinski (1) en cite un cas. Nous en retrouvons un autre dans une revue allemande. Ici l’autopsie révéla que dans le voisinage de l’orifice utérin de la trompe droite l’utérus avait été perforé dans toute son épaisseur. En général la perforation se trouve située beaucoup moins haut ; on la rencontre dans l'angle que forme le segment inférieur, avec le corps de l’utérus comme dans l’ebservation de Gessen que nous repro-

duisons, ici l’ayant trouvée très instructive.

OBsERvATION (Résumée de Gessen) (3).

Nous passons la première partie de l’observation qui n'offre pas d'intérêt. Il s’agit d’une femme entrée dans le service de M. Budin à la Charité. Cette femme qui avait une rétention des membranes présente deux jours après l’accouchement des lochies fétides. La sage-

1, Jasinski, thèse de Paris, 1889, 2. Gehlard. Zeistrech, Geb, v. gyn. 1798 Bd. XXI, H. £. t. 2. 3. Gessen, thèse de Paris, 1891,

ire

femme sans l’autorisation de M. Budin fait faire une injection intra-utérine parun élève de garde. À peine un litre de liquide était-il passé que la femme accuse une grande douleur dans le ventre ; le visage devient anxieux, le corps se recouvre de sueurs, la température ne dépasse pas 37°.

Pendant 20 jours la malade présente une température qui oscille entre 36, 6 et 39. Après des consultations multiples, et des traitements nombreux, une laparotomie est faite par M. le professeur Duplay. Nettoyage du péritoine et lavages abondants et tièdes de la séreuse péritonéale. La malade succombe trois jours après.

L’autopsie laisse apercevoir sur la face postérieure de l'utérus, un orifice déchiqueté, large de deux m.m. situé à trois millimètres au-dessus du fond du cul-desac de Douglas. En ouvrant l’utérus on remarque sur la partie postérieure un autre orifice situé au fond d’une dépression infundibuliforme. Une sonde canelée introduite par ce trou traverse la paroi utérine. On se rend compte que le trajet est oblique de bas en haut et de dedans en dehors. La pénétration s’est produite au-dessous d’un épaississement circulaire de la paroi, vestige de l’anneau de Band. La sonde dirigée directement en arrière a donc buté dans l’angle que forme le segment inférieur avec le corps. Fe

En suivant bien le manuel opératoire que nous indiquons plus loin, en ayant soin la main gauche appuyée sur le ventre de la malade pour corriger l’anteversion de l'utérus, de bien abaisser le manche de la sonde sitôt que le bec de celle-ci aura franchi l’orifice interne

du col, il nous semble facile de pénétrer dans le corps

de la matrice sans crainte de la perforer comme dans l'observation rapportée ci-dessus. ;

Frisson et fièvre. — Nous ne nions pas cet accident, beaucoup moins fréquent du reste qu’on a bieu voulu le dire. Il peut arriver qu’après une injection intra-utérine, faite dans de bonnes conditions il survienne un frisson dans les quelques minutes qui suivent cette injection. La température peut s’élever de deux ou trois degrés. Spiegelberg, Schrôder et Gusserow signalent ces frissons. : : due

Labesque (1) dans sa thèse relate ce fait et l’accompagne d’une assertion de M. Lucas-Championnière qui lui fit part que dans plusieurs cas il avait observé de la fièvre à la suite d’injections. Celles-ci cessées la température de 39° était redescendue à la normale. Tout le portait donc à croire que l’ascension thermique était due à l'injection. L’auteur l’attribue aux traumatismes répétés de la cavité utérine. Peut-être est-ce une raison ? ;

Dôderlein semble faire intervenir les produits septiques ramassés dans le vagin et sur le col. Il n’observe plus ces ascensions thermiques, dit-il, depuis que pour donner une injection intra-utérine il se sert d’un spéculum pour découvrir le col. Nous avouons ne pas bien comprendre comment des microbes, entraînés et baignés dans le liquide de l'injection, réussiraient à

infecter l’utérus.

Contractions spasmodiques et douloureuses de l’uté-

1. Labesque. Essai sur les moyens antiseptiques Th. Paris 1881.

AT

rus. — C’est là un accident assez fréquent. Ces douleurs peuvent se révéler au moment même de l'introduction de la sonde, ou dès le premier jet de l’injection; plus souvent il est vrai, on les observait alors que le liquide était retenu dans l'utérus, l'opérateur ne se servant pas d’une sonde à double courant. Toujours est-il que cet accident se traduit par une contraction subite de l’utérus, qui devient ligneux. C’est une sorte de crampe de tout l'organe avec irradiation dans les reins, les aines, les cuisses, etc.

Quelquefois la douleur est localisée en un point de l'abdomen que la malade indique d'une façon précise. La moindre pression en ce point est intolérable. Nous avons même vu un cas où la femme ne pourait suppor- ‘ter la pression des couvertures. Dans ce cas, il faut l'avouer, les craintes sont fondées et tout s’accorde à faire croire à une péritonite. En réalité il n’en est rien ; la température du corps reste normale et bientôt la douleur s’atténue pour disparaître en quelques heures. - x

Phénomènes d'inhibition. — Que penser des phénomènes d’inhibition décrits par Bonvalot (1) dans sa thèse. Evidemment toute irritation utérine a été susceptible par réflexe d'amener la mort, mais cet acci- . dent ne nous semble pas bien à craindre pendant les injections intra-utérines pratiquées dans les suites de

couches. L’organe a perdu sa susceptibilité réflexe, du

1. Bonvalot. Th. Paris 1802. De la mort subite. Phénomènes d'inhibilion ayant pour point de départ de l'utérus.

Lecacheur 3

Ses fait même que pendant neuf mois il a supporté le contact du produit de la conception. 2 Passage du liquide à travers les trompes jusque dans Le péritoine et pénétration du liquide dans Les

sinus veineux. Entrée de l'air dans les veines.

Ce sont là deux groupes d’accidents qui ont fait le

sujet de controverses aussi nombreuses que variées.

Au sujet du passage du liquide à travers les trompes, nous ne reproduirons pas l’historique complet de la question (1).Les premières expériences datent de 1840. Elles furent faites par Widal (de Cassis} (2) mais sur des utérus normaux. De même Hourmann (3) dans les mêmes conditions, vit six fois sur onze expériences le liquide refluer par les trompes. Dans les cas où l’expérimentation porta sur des utérus de nouvelles accouchées

la proportion est loin d’être la même. Danyau déclare qu'il ne lui a -pas été possible de faire pénétrer le liquide de l'injection par les trompes. De même Delore (4) le liquide s’accumula dans l’utérus et ne s’écoula pas dans le péritoine. Fontaine, Guichard, Rendu arri-

vent aux mêmes résultats.

C’està peine s’il est besoin de citer les travaux de

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