HISTORIQUE
S’il est relativement fréquent d'observer des malformations congénitales du cœur, l’insuffisance aortique de ce type est au contraire de constatation très rare, c’est ce qui explique que de nombreux traités de médecine mentionnent à peine son existence. ”
Cependant, cette affection a été étudiée dans des thèses anciennes : celle de Haranger, en 1882, a trait aux cardiopathies congénitales et, dans les thèses! de Lefébure, en 1886, sur les insuffisances aortiques chez l’enfant, et de Julian, en 1896, sur les insuffisances aortiques en général, nous pouvons retrouver un certain nombre d’observations. Malheureusement toutes ne peuvent être utilisées, soit que les constatations cliniques et anatomiques n’aient pas une précision suffisante, soit qu’il n’y ait que l’un ou l’autre de ces faits d'observation.
Il y a quelques années, en 1934, Brandenburg, en étudiant le souffle diastolique au cours de la maladie de Roger, a montré qu’à cette affection pouvait s’associer une insuffisance aortique congénitale.
Parcourons maintenant les traités classiques de
EMI
pathologie interne, nous voyons que Dieulafoy, en 1880, n’y fait pas allusion, Manguin et Delon, Fleury, dans l'Encyclopédie Médico-Chirurgicale, puis Laubry et Routier, dans un ouvrage récent (1930) n’en parlent par davantage. A la fin du siècle dernier, Josué et Paillard citent l’opinion de Lanicereaux, qui considère que cette affection existe à titre exceptionnel et l’attribue à l’hérédo-syphilis. .
Dans l’ouvrage de Brouardel et Gilbert, Vaquez en signale un cas rapporté par Ed. Fournier : il s'agissait d'une jeune fille de 23 ans qui avait conservé l’aspect infantile et présentait en même temps de nombreux stigmates d’hérédo-syphilis. e
En 1933, Giraud, dans son article de traité de Roger, Widal et Teissier, admet la possibilité d’insuffisances aortiques par lésions valvulaires congénitales et par malformations. Il considère ces anomalies comme fort rares. Dans l’ouvrage de Sergent, en 1920, Lian la mentionne comme une maladie exceptionnelle. Il admet que l'arrêt de développement d’une valvule sigmoïde, l’endocardite fœtale peuvent créer des insuffisances organiques et l’état criblé des valvules contribuer à la genèse d’insuffisances fonctionnelles.
Enfin, les traités de cardiologie ne font pas une part plus large à cette maladie. Elle n’est pas signalée dans les ouvrages de Peter (1833), Stockes (1854) et Mackensie (1926). P. D. White, en 1938, écrit même :
« Une insuffisance aortique congénitale de quelque importance n’a pas encore été signalée à ma connaissance ».
Au contraire, dès 1892, le professeur Ed. Weill et dès 1908, le professeur Gallavardin, reconnaissent son existence. Depuis, Miss Abbott en a relevé quatre cas sur mille cardiopathies congénitales, dans sa statistique. l
Ainsi, malgré le silence que gardent sur cette ‘affection beaucoup d'ouvrages classiques, tant de cardiologie que de médecine générale, on trouve actuellement dans la littérature médicale quelques observations ayant trait à des insuffisances aortiques de nature congénitale. Nous reproduirons, au cours de ce travail, celles dans lesquelles cette origine est certaine, et en des discutant, celles dans lesquelles elle nous paraît très probable.