‹ Contribution À L'Étude Des Invaginations Intestinales De La Seconde EnfanceChapitre 34 sur 41 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

INVAGINATIONS DU DIVERTICULE DE MECKEL

Le diverticule de Meckel est implanté sur le bord libre de l'iléon, à quatre-vingts centimètres environ de la barrière iléocæcale. À l'état, de repos, son calibre.est sensiblement égal à celui de l'intestin grêle (Testut). Il doit y avoir, à l’état physiologique, des différences de calibre considérable : l’intestin grêle étant sujet au péristaltisme, et d’un autre côté rien ne s’opposant à l'hypothèse d’un D. M. se contractant pour son propre compte.

Les diverticules adhérents à l'ombilic provoqueront un étranglement ou un valvulus; un diverticule de longueur anormale s’enroulera en boucle autour de l'iléon; les petits diverlicules de forme conique auront plutôt tendance à l’invagination.

La fréquence paraît être de 7 p. 100 des diverses variétés d’invaginalion. Dans 85 p. 100 des cas, on se trouve en pré- ‘sence de malades du sexe masculin. Des invaginations agoniques ont été constatées.

Sur les causes de l’invagination, les auteurs ne sont pas d'accord. Les uns incriminent le péristaltisme du D. M., dont les contractions seraient assez puissantes; pour d’autres, le passage rapide des matières déterminerait une sorte d'aspiration du diverticule. Les polypes, pancréas accessoires, tumeurs muqueuses insérées sur le fond du D. M. auraient une action plus vraisemblable et plus facile à admettre.

Une fois invaginé, le D. M. comme une tumeur qui donne naissance à une invagination : le péristaltisme cherche à. chasser ce corps étranger et réussit à provoquer une invagina-

, tion descendante. Dès maintenant, faisons remarquer que dans ‘certains cas, l’invagination était du type rétrograde.

Le diverticule de Meckel peut siéger à une certaine distance d'une invagination banale du grêle. Koch et OErum en ont donné deux exemples.

Il peut s’invaginer seul, partiellement ou totalement. Dans ce dernier cas, le retournement est complet el il occupe la cavité du grêle où il flotte plus ou moins librement, entraînant obstruction et gangrène. ‘

Secondairement, il se produit une invagination du grêle, quelquefois courte. Dans d’autres cas, le diverticule retourné par- : court la lumière de la fin du grêle, qui se plisse en accordéon ou s’invagine réellement, et ce paquet intestinal vient se bloquer contre la valvule iléo-cæcale, qui se laisse refouler (Grisel et Bize); repousser dans l’intérieur du côlon, formant une invagination iléo-cæcale (DARTIGUE) ou forcer : c'est alors une invagination iléo-colique, dont le D. M. retourné forme l'apex.

Enfin (Weill et Frankel) il est des cas où le diverticule n’est pas retourné mais se trouve entraîné avec l’invagination entérique qui se trouve près de son point d'implantation.

Nous avons eu 15 observations, d'invaginations du D. M. 10 fois, il y avait invagination entérique : Koch et OErum ont toujours vu l’invagination franchir les limites de l'intestin grêle ; formant des invaginations : iléo-colique (1), iléo-cæcale (2), et 4 fois l'invagination du grêle avait franchi la valvule de Bauhin, formant une invagination entérique-iléo-colique.

Le tableau clinique de l'invagination du D: M. est celui de la variété entérique. Les selles sanglantes sont plus fréquentes, mais la percussion permet de déceler la présence de liquide ascitique qui est, — tous les opérateurs l'ont constaté —, fétide, abondant, sanglant ou séro-sanglant. Sur 8 cas, Drummond a noté 2 fois la protrusion en avant de la cicatrice ombilicale; Gray l’a également constatée, et c’est le seul cas, croyonsnous, où une invagination du D: M. ait pu être dirénostiée avec une telle précision. :

Les vomissements fécaloïdes ont été observés. Enfin, la gué-

rison par élimination spontanée à été mentionnée par O’ Connor, et Missiroli.

L'opération doit être aussi précoce que possible : ainsi Drummond a oblenu une guérison en opérant dans les 24 heures, tandis que 3 malades opérés le huitième jour n’ont pas survécu à la résection de l'intestin.

Obs. I. — (0° Connor. The British Médical Journal, 24 Juillet 1894).

Le 1 Mai 1893, je fus appelé auprès d'un garçon de 13 ans, qui présentait tous les signes d’une péritonite aiguë. Il avait eu 2? ou 3 crises de coliques très accentuées. Il avait des vomissements, des nausées, et une douleur intense en coup de poignard dans labdomen. Il était étendu sur le dos, les genoux fléchis, le visage anxieux, la langue petite, rouge et sèche, une soif intense. 5

Respiration : 50, par minute. 5

Température : 104.

Pouls à 138, petit et filant.

L'abdomen était très distendu. On ne pouvait le palper, même très légèrement, sans provoquer des cris de douleur.

re auparavant. le malade avait eu une transpiration profuse. : Rentré chez lui, il s'était couché et avait pris des boissons chaudes. Le lendemain, il n'allait pas plus mal et reprit ses occupations pendant 4 jours. Pourtant depuis son refroidissement, il restait constipé. Il prit de l'huile de castor, sans résultat, et? jours plus tard, ses amis lui firent prendre une once de maj. sûph. Il eut de violentes douleurs, lui arrachant des cris; mais la constipation persista.

La veille du jour où l'on m'appela, il avait 2 pilules « héroïques » et je sus que son état s'était aggravé et que la constipation n'avait pas cédé.

Je fis appliquer sur le ventre des flanelles imbibées de. thérébenthine. J'ordonnai de la teinture d’opium XV gouttes toutes les 3 heures jusqu’à ce que j'aie revu le malade.

On me dit alors qu'il avait eu une selle abondante. En examinant les selles, il ne me fut pas difficile de découvrir qu'un fragment d’intestin en constituait la plus grande partie.

Les douleurs disparurent, le malade put s’alimenter avec prudence, les selles peu à peu redevinrent normales. Il commença à se lever le 14 Mai.

Un an plus tard, la guérison était toujours maintenue. L'enfant, devenu grand était bien portant, et ne se ressentait plus d'aucune douleur dans l'abdomen.

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