ETIOLOGIE ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE
D’après les statistiques américaines l’intussusception dûe au diverticule de Meckel, se préente dans 1 1/2 à 3 % des invaginations totales, 17 % des cas pathologiques Meckeliens (34 cas sur 287 d’après Forgue et Riche).
Elle paraît surtout frapper le jeune enfant entre 3 et 10 ans (cependant nous avons pu retrouver deux observations, la deuxième de Guibé chez un enfant de 8 mois, et l'observation de de Langre en 1932 chez un nourrisson de deux mois et demi), et d’autant moins l’adulte, qu’il devient plus âgé.
Le sexe masculin, tout comme dans l’invagination intestinale courante, est le plus souvent atteint. 79 % (Harkins).
Quel est son processus de création ?
Beaucoup d’auteurs signalent à son origine l’existence d’une tumeur dans la lumière du diverticule, soit qu’elle proémine dans l'intestin, soit qu’elle s’imlante sur une face ou à l’extrêmité distale. Des entérokystomes, des polypes, un adénocarcinome, fréquemment un pancréas abhérent, quelquefois un ilôt de muqueuse gastrique ont été ainsi rencontrés.
Agissant à la manière d’un polype dans l'intestin, elle entraîne le retournement du diverticule de Meckel en doigt de gant qui, libre dans la cavité intestiiale, poussé par les contractions péristaltiques, attire dans l’anse vitelline l’anse aïfférente.
Dans d’autres cas plus rares, le diverticule de Meckel pénètre directement, face séreuse contre face muqueuse de l'intestin, et forme la tête du boudin invaginé.
Beaucoup d'observations dont les trois emruntées au Docteur Nédélec, signalent l’intussusception du diverticule de Meckel, sans cependant qu'il ait été possible de reconnaître aucune tumeur diverticulaire, ni aucun élément histologique anormal.
Enfin nous avons pu retrouver deux cas d’observations rétrogrades celles de Kauntze et de Caminiti.
Au cours de sa régression, cette hernie intra-intestinale peut se bloquer dans l’iléon ou tout contre la valvule de Bauhin (variété iléo-iléale), ou bien forçant cette valvule, pénétrer plus ou moins loin dans le cadre colique (variétés iléo-cœæcale et iléo-colique).
L’anse invaginée entraîne avec elle dans le cylindre invaginant le mésentère qui se tend fortement, attire la tumeur vers la ligne médiane et le long de la paroi #bdominale postérieure, où il peut la fixer très profondément. Par sa tension il est d’ailleurs le frein le plus important à l’augmentation de la progression.
Nous verrons lors de la discussion du traitement quelle importance présente l’existence de cette fixation profonde,
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Cette participation du mésentère, auquel s’adjoint parfois l’épiploon explique les troubles vasculaires importants : congestion et œdème des éléments qui forment la tumeur, suffusions sanguines à travers les tuniques, ulcérations hémorragiques au niveau de la tête, apparition de ganglions mésentériques par stase lymphatique, enfin complication redoutable placards de sphacèle par ischémie, porte largement ouverte à la péritonite. Ce sont ces lésions accessoires qui deviennent le plus grand obstacle à la désinvagination ; car elles provoquent la naissance d’adhérences entre les divers éléments et surtout la disparition de la souplesse habituelle des tuniques intestinales intéressées. Enfin cette gêne circulatoire provoque la formation d'un liquide ascitique plus ou moins clair en petite quantité, libre dans la cavité péritonéale.