‹ Contribution à l'Étude des Iodures d'Alcaloïdes: L'Iodure d'Antimoine, Réactif des AlcaloïdesChapitre 8 sur 66 · LJ · texte numérisé non relu

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SR Pere

les meilleures conditions, IEFERVRE (4I) dans son étude critique des réautifs généraux des alcaloïdes, recommnde l& formule de BOUCHARDAT,

Recherche des alcaloïdes:

__. Le réaction peut se faire en milieu neutre ou en milieu acide, la sensibilité varient dans l'un et l'autre cas suivant les alcaloïdes,

Les précipités obtenus sont rouges. Ils sont en général insolubles dans l'eau, le eulfure de carbone: solubles dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, l'acétone (LINARIX),

Le sensibilité du réactif iodoioduré est très grande: IEFEBVRE (4I) indique, par exemple, un louche nettement visible dans une solution d'atropine à I/I1I5.000, dans une solution de cocaïne à 1/360,000 et dans une solution de spartéine à 1/700.000.

Un désaccord a régné longtemps au sujet de la caféine, certains auteurs assurant qu'elle ne précipitait pas par le réectif de BOUCHARDAT, d'autres décrivant une précipitation et-même une cristallisation,

On a dit aussi que la théobromine et la colchicine ne précipitaient pas avec le réactif de BOUCHAKDAT,

Or, GOMBERG (21) a montré que le réactif préparé selon la formule de WAGNER précipitait complètement le caféine en solution acidifiée par un acide minéral, mis ne la précipitait pas en solution neutre, Une acidité à I p.100 en HCI ou H2504 convient très bien, tandis qu l'une acidité trop élevée (8 p.100 en HS04 ) donne des résultatse moins satisfaisants, En présénoé de HCO1 la sensibilité du no est plus grande (I/I0,000) qu'en pré-

sence de H50, (1/8.000).

De son côté, TANRET (69) indique une sensibilité de I/20.000 se manifestant par un trouble, en présence de H550, étendu ou d'un autre acide minéral,

Le caféine précipite donc par le réactif iodoioduré à condition d'être en milieu acide, Quelques substances non alcaloïdiques: glucosides, albumine, peptones, oi caséine I se également en milieu acide, c'est pourquoi on recommande toujours de faire la recherche des alcaloïdes en milieu neutre afin d'éviter cette cause d'erreur; dans ces conditions, évidemment,

il est exact de dire que la caféine ne précipite pas par le réactif de BOUCHARDAT,

Identification des alcaloïdes:

La solution iodoiodurée donne des précipités microcristallins avec quelques alcaloïdes: VAN URK (73) a utilisé ce réactif pour différencier la morphine et quelquesuns de ses dérivés. WAGENAAKX (83) l'a utilisé également pour caractériser la morphine, WIEDERKEHR (87) à décrit les formes obtenues avec le sulfate d'&tropine, la caféine et son citrate, la codéine à l'état de chlorhydrate, de phosphate ou de base, le chlorhyärate d'éthyl-morphine, le bromhydrate d'homatropine, le nitrate de strychnine. Il est, sans doute, assez délicat d'utiliser toutes ces cristallisations pour ceractériser avec certitude les alcaloïdes: MAURAIN (50) trouve, par exemple, que les cristaux formés avec l'atropine sont trop petits et assez polymorphes pour ne pas se prêter à une identification: le cristellisetion manquerait également de spécificité dans le cas de la théobromine (dont la réaction avait Été indiquée comme une des plus sensibles par WAGENAAR),. Le réactif iodoioduré n'en garde pas moine de valeur pour l'identification des quelques alcaloïdes avec lesquels il donne une cristallisation caractéristique,

Dosage des alcaloïdes:

Les réactifs destinés au dosage des alcaloïdes corno en sine ral à un titre de 0,1 ou 0,05 N en iode. C'est à WAGNER (@&4) qu'on doit le premier réactif destiné au dosage des alcaloïdes, aussi désigne-t-on souvent sous son nom les solutions iodoiodurées employées dans les dosages. Le réactif de WAGNER est, rappelons-le (formule os

7) une solution aqueuse décinorne le d'iode préparée en présence d'une quantité suffisante d'iodure de potassium

Le réactif précipite les alcaloïdes à l'état de periodurés répondant à 18 formule générale: AICAIGIGE. HI, In.

Nous ne pouvons mieux faire pour définir ces corps que de nous en rapporter à LINAxIX (44): Les perioâures des bases organiques sont des fee cristallisés qui renferment un ou plusieurs atomes d'iode possédant toutes les propriétés de l'iode libre, IR tous ces corps la base reste inattaquée. Les atomes d'iode ne sont pas substitués à des éléments faisant partie invésrenute desle HR ede mis simplement ajoutés: ils forment l'iode d'addition....(Cet iode) est tantôt fixé à l'alcali Libre, exemple: tétraiodure de pyridine CHEN, T4; tantôt fixé

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à l'iodhydrate de la base, exemple: tétraiodure de trimé-.

thylamine (CH3)4N HI. 1,"

M2is nous ne pouvons oublier que les premières déterminetions de formules sont celles de PELLETIER (57): "Nous serons amenés à considérer l'iodure de strychnine comie un protoiodure représenté par ia formle St I£, Mais, dès

lors, on serait peut-être conduit à considérer la estrychni-

ne comme jouant ici le rôle d'un radical métallique.,,.", Le cinchonine et la quinine fixent un iode par molécule, la trucine 2 où 4 suivant les conditions de formtion, Quant à la morphine, sa combinaison avec l'iode est instable et ne se prête pas, dit l'auteur, à une détermination de formule,

LINARIX (44) a donné en 1909 la liste des periodures d'alcaloïdes connues:

Le composition en iode du précipité alcaloïdique varie avec le mode d'obtention, comme l'avait bien remarqué PELLETIER, Ii est, en effet, possible, en modifiant les . quantités de réactif et d'alcaloïde en présence ou la nature du milieu, aqueux ou éthéré, d'obtenir en général plusieurs periodures avec un même alcaloïde, L'atropine, par exemple, àa fourni biiodure, triiodure, tétraiodure, hexaiodure et'octoiodure d'iodhydrate, Mais on ne connaît qu'un periodure pour quelques alcaloïces: le biiodure d'iodhydrate de spartéine et de cocaïne, l'heptaiodure d'iodhyärate àd'émetine, le triiodure d'iodhyürate de morphine.

La composition du précipité alcaloïdique varie aussi avec la nature de l'alcaloïde: la strychnine, par exemple, donne un biiodure ét un hexaïiodure d'iodhydrate, la brucine un monoiodure, un triiodure et un hexaiodure d'iodhydrate. WAGNER (84) avait d'ailleurs déjà proposé de déterminer par la quantiré d'iode fixée la proportion des deux alcaloïdes dans la noix vomique.

D'autre part, on obtient toujours des periodures df iodhydrate lorsque l'alcaloïde est en solution légèrement, acide; tandis qu'il se formereait en milieu neutre soit un iodure d'alcalcïde soit un mélange d'iodure et d'iodure d'iodhydrate (LEFEBVRE).

Un alcaloïde, pourtant, se conduit différemment des

autres alcaloïdes: c'est le quinine, Sous forme de chlorhy-

drate, elle ne donne pas avec la solution iodoiodurée de periodure d'iodhydrate, mais plusieurs periodures a'iodochlorhydrates, tels que le tétraiodure, par exemple, de formales 2 Quinine.HCI.3 HI. I4.

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Le quinine donne églement des periodures d'iodosul-

fates tels que l'hérapathite: COH24No02. 3 SO4Hc. 2 HL LM

6 H20, et des iodoséléniates (36)(44): le précipité alcaloïdique que BOUCHARDAT avait obtenu par action de son réactif sur la quinine n'était pas, comme il le croyait, un iodure d'iodhydrate, mis un iodosulfate,

D'une facon générale, les periodures contenant peu d'iode sont très stables et s'obtiennent facilement à l'état cristallisé, Les periodures plus riches sont les uns suffisamment stables pour être recristallisés (ex: l'octaiodure d'iodhydrate d'atropine) d'autres se décomposent aisément en iode libre et en periodures moins riches (ex: l'hexaiodure d'iodhydrate de strychnine), (x)

Puisque la composition des periodures varie pour un même alcaloïde avec les conditions dans lesquelles sont obtenus ces periodures, les formies servant à calculer les résultats des dosages sont inséparebles des techniques utilisées, Prenons, per exemple, le cas de 18 strychnine :

SCHWEISSINGER -(66) établit un dosage sur la formation d'un biiodure d'iodhydrate dans les conditions sui-— vantes:

Une solution d'iode O,I N est ajoutée à la solution d'alcaloïde; on agite violemment, on filtre rapidement, on lave le précipité à l'eau froide (lavage qu'il faut arrêter à temps) et on titre l'excès d'iode, La solution surnageant le précipité doit être seulement jaune pêle, car en présence d'un trop grand excès d'iode les résultats seraient trop élevés, Ce dosage convimt à la strychnine mis non à la brucine,

KIPPENBERCER (37) comme SCHWEISSINGER, ajoute la solitioniioderà 14 solution d'alcaloïde, mis'contraires ment à cet auteur, il penée qu'il faut laisser le précipité au repos jusqu'à début de clarification de la liqueur surnageante (soit 5,10 ou I5 minutes suivant l'alcaloïde); ce contact lui paraît nécessaire à l'obtention des periodures, quelques-uns (ceux de papavérine, brucine, narcotine) étant particulièrement lents à apparaître, Ici encore il s'agit de biiodures â'iodhydrates (appelés aussi triiodures), puisque l'auteur indique que I cm d'icde 0,05 N correspond à 5,566 mg de strychnine, /

PR ————— (x) Dans notre étude expérimentale,nous indiquerons pour chaque alcaloïde les periodures connus et l'auteur des formules citées.

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Il est à remarquer que les auteurs précédents ajoutent la solution d'iode à la solution d'alcaloïde, Or, comme l'ont bien mis en évidence GOMRERG (21) puis PRES- COTT et GORDIN (61), c'est toujours le periodure le plus faible (en général le triiodure) qui se forme, quand on prend bien soin que pendant toute l'opération l'alcaloïdersoit'en excès, Au contraire, si on verse la solution d'alca loïde dans le réactif et que celui-ci soit toujours maintenu en excès, c'est en général le periodure le plus riche en iode qui se forme, Cette règle s'est trouvée vérifiée en particulier pour la strychnine et aussi pour la brucine et l'aconitine.

Evidemment, SCHWEISSINGER et KIPPENPRERGER utilisaient un excès certain d'iode mais SCHWEISSINCER soulignait l'impor tance d'un faible excès sinon les résultats ne s'accordai ent plus avec la formtion d'un triiodure et correspondaient à une fixation d'iode plus importante.

PRESCOTT et GORDIN, au contraire, notent qu'après précipitation de l'alcaloïde la liqueur surnageante doit être rouge, donc en très grand excès, Iem> d'iode correspond alors à 5,55467 mg de strychnine, l'alcaloïde se trouve lié à l'iode dans le précipité à raison de 439 m par atome d'iode, ce qui correspond à la formation d'un hexaiodure G'iodhydra te.

Examinons mintenant le cas de l'atropine:

KIPPENBERGER indique que 1 em? d'iode 0,05 N corres-

pond à 4,816 mg d'alcaloïde, tandis que PRESCOTT et GOR- DIN notent la ecrrYespondance: I emi d'iode O,I N.:..,

3,6048 mg d'atropine.

I1 s'agit dans le premier dosage de la formation d'un biiodure d'iodhydrate et dans le second d'un octaiodure d'iodhydrate.

Evidemment, lorsqu'un alcaloïde possède un seul periodure (la morphine, par exemple), le même est obtenu dans les différentes méthodes,

Les periocdures d'alcaloïdes étant plus ou moins riches en iode, il n'est pas sans intérêt de noter, quant à la valeur des résultats, les différents modes de dosage qui ont été proposés:

Tous les auteurs précédemment cités titraient l'excès d'iode du réactif par l'hyposulfite et en déduisaient la

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Quantité disparue, donc la quantité d'alcaloïde combinée en appliquant les formules convenant à leurs conditions opé-

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D'autres auteurs (in LINAXIX (44) ont analysé le précipité lui-même: les uns se contentant d'un dosage d'iode total, les autres déterminant séparément l'iode TOUa Et JaTGoe d'addition

Mais il est également possible de terminer le dosege par alcalim trie et non par iodomtrie:

Noue avons vu plus haut (p, 5 ) , que la formule générale des periodures d'alcaloïdes était: Alcaloïde -— HI-I,, autrement dit, comme l'avait remarqué GORDIN (22), lors de la précipitation d'un alcaloïde par le réactif iodo-ioduré en présence d'acide, le periodure contient pour chaque molécule d'alcaloïde une quantité équiva lente d'acide iodhydrique.

Le periodure résulte des deux réactions suivantes: His eraUL NON TOEAC TL ATo, HC1 + KT TON DEN RE DOTE Net lo HT)m in

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C'est-à-dire que le chlorhydrate d'alcaloïde échenge HCI contre HI, puis fixe de l'iode pour donner finalement le précipité de periodure.

Il est donc possible de déduire de l'excès d'acide utilisé pour la dissolution de l'alcaloïde, la quantité d'alca loïde présente.

Le dosage. se fait de la manière suivante: (22),

On ajoute d'abord à la solution d'alcaloïde une quantité connue d'acide titré (0,05 N}), puis la solution iodo-iodurée par petites portions, en agitant, On complète à un volume déterminé et, on agite encore violemment jusqu'à ce que la liqueur rouge surnageant le précipité soit devenue, limpide, On filtre, Dans le filtrat décoloré par quelques gouttes d'hyposulfite de sodium à I0O p.100, on titre l'excès d'acide par une solution titrée de sœde 0,05 N, en présence de phénolphtaléine,

Dans ces conditions I emÿ d'acide 0,05 N correspond

15,7 mg de morphine TO, 2 imstrde caféine 18,4 mg d'hydrastine 13,9 mg d'atropine 16 mg de strychnine 14,6 mg de cocaïne,

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La caféine précipitant, nous l'avons vu, dans des conditions particulières d'acidité, il convient d'opérer en milieu nettement plus acide que pour les autres alice loïîdes. Four la colchicine, il faut acidifier très for tement,

Cette méthode présente sur le méthode alcalimétrigue courante deux evantages: d'abord dans certains sels d'alcaloïdes les acides sont si faiblement liés qu'ils réagissent conme s'ils étaient libres et aucun indicateur ne peut donner nettement le fin de 12 réaction, si bien que le dosage direct de l'excès d'acide après dis-

solution de l'alcaloïde à l'état de sel est parfois inutilisable: ici, au contraire, la précipitation de l'alcaloïde à l'état d'iodure permet un titrage très précis puisqu'il se fait en l'absence de combinaison alcaloïdique; ensuite, dans la méthode de GODIN, beaucoup d! impuretés précipitent avec l'alcaloïde, si bien que la liqueur débarressée du précipité et décolorée par l'hyposulfite de sodium conserve à peine quelquefois une faible teinte jaune.

Il convient de noter cependant que le dosage acidimétrique sera toujours moins favorable que lé dosage iodométrique, l'alcaloïde ne fixant qu'une molécule d'acide par molécule, tandis qu'il fixe toujours plusieurs atomes d'iode, GORDIN à d'ailleurs remplacé la solution 0,05 N d'acide utilisée dans ses premiers travaux (22) par Une solution deux fois plus faible 0,025 N° (23),

Le choix de l'élément du complexe à doser est donc important, et nous verrons plus loin, lors de l'exposé de nos expériences, commet nous avons envisagé ce problème pour les iodostibinates d'alcaloïdes,

Application aux drogues et préparations galéniqgues:

Les dosages d'alcaloïdes au moyen de leurs perioäu-

res ont été appliqués par PRESCOTT et ses collaborateurs (23) (24) (38 (6) à l'analyse des drogues et de leurs préparations. |

Plus récemment le réactif iodo-ioduré a été employé par DIETZEL et PAUL (9) pour le dosage des alcaloïdes dans la teinture de colchique, puis plus tard par MUHL- MANN et TOBLER (53) (54) (7I) pour cette même préparation et pour les drogues et préparations à base de caféine, de dosage se faisant par alcalimétrie suivant les indications de GORDIN,

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