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OBSERVATION XI
Dr Jocxs, 1898.
J. Ch., dix-huit ans, vient consulter le 18 février 1897. Elle se plaint d'un trouble de la vue tel qu'elle ne peut plus se livrer à aucun travail. Elle compte seulement les doigts à trois mètres.
Les deux cornées, uniformément troubles, présentent un aspect qui ne rappelle ni celui de la kératite parenchymateuse, ni celui des taies superficielles ; elles sont grisâtres et laissent voir les pupilles comme à travers nn nuage de fumée. Légère photophobie.
La conjonctive bulbaire, dans sa lolalilé, est parsemée de petits kystes si nombreux qu'on ne trouverait nulle part la place de loger une tête d'épingle sans en toucher un.
Ces kystes sont transparents, les uns arrondis, les autres vermiculaires. Les dimensions des plus grands ne dépassent pas un millimètre de diamètre.
Ils sont tous compris dans les couches superficielles de la conjonctive et par conséquent mobiles avec elle sur le tissu sous-conjonctival.
Toute la conjonctive bulbaire a subi la transformation kystique, c'est-à-dire qu'elle commence au bord de la cornée et se termine dans les culs-de-sac sans empiéter sur eux.
La face de la malade présente un aspect éléphantiasique. La peau est terne, comme épaissie par une hypertrophie générale, les paupières supérieures et les lèvres sont comme œdémateuses, et cependant il n'y a pas d'œdème. L'aspect, en somme, est à peu près celui d'un érysipèle de la face sans rougeur des téguments.
Des deux côtés, les ganglions sous-maxillaires et parotidiens sont engorgés et du volume de grosses noix. À gauche, la région sousmaxillaire est occupée par une tumeur ganglionnaire de la grosseur d'une orange. À droite, le ganglion pré-auriculaire est pris ; à gauche, les ganglions mastoïdiens. Les autres régions du corps sont normales ; pas d'hypertrophie dans d’autres régions ; donc, pas de lymphadénie probable,
L'état mental de celte jeune fille laissant beaucoup à désirer, je manque de renseignements sur le début de la maladie et sur les