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antécédents. En tous cas, il est certain que la malade est dans cet état depuis plusieurs mois au moins.
L'examen du sang a démontré une légère augmentation du nombre des globules blancs, qui ne peut être qualifiée de pathologique.
L'examen général, au point de vue du myxædème, n'a rien fait découvrir comme pouvant se rapporter à cette maladie. Enfin, renseignement qui peut avoir son importance, dans le cas particulier, la malade n'a jamais habité les pays chauds.
Le traitement a consisté dans l’excision d'un centimètre environ de conjonctive toul autour de la cornée. Après cicatrisation, plusieurs séances de massage au calomel.
L'amélioration ne s'est pas fait longtemps attendre. Au bout d'un mois et demi environ, les cornées s'étaient éclaircies au point que la malade pouvait reprendre son travail, et les ganglions avaient légèrement diminué de volume. Depuis, son état ne s'est guère amélioré. A la périphérie de la conjonctive bulbaire qui n'a pas été excisée, il reste quelques dilatations lymphatiques.
Examen anatomique du tissu excisé, — J'ai fait un grand nombre de coupes sur plusieurs fragments de la conjonctive enlevée. Presque toutes les préparations présentant le même aspect, je ne vous en montre qu'une seule, qui m'a paru particulièrement démonstralive.
Le fragment de la conjonctive qui à servi à cette préparation présentait, après le recroquevillement dû à sa conservation dans le liquide de Muller et au durcissement, environ trois millimètres de longueur ; il provient de la partie équatoriale du bulbe, c'est-à-dire à égale distance des deux limites extrêmes de la conjonctive malade.
En examinant la préparation à l'œil nu ou avec une lampe, on voit à sa surface trois bosselures. Ces bosselures, multipliées en quantité innombrables à la surface de la conjonctive bulbaire, donnent l'idée de l’aspect général de la lésion.
La préparation (grossissement de 115 D) porte sur sa bosselure médiane qui est vue en entier et sur la plus grande partie de l'une de ses voisines (celle de gauche); on voit qu’elles sont constituées non par un seul kysle mais par plusieurs cavités irrégulières, au milieu du stroma conjonctif.
Ces cavités sont complètement vides ou lisses, elles renferment un
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contenu granuleux, résidu transformé et altéré du liquide qui remplissait à l'état frais ces cavités. Au milieu de ce contenu, et dans certaines préparations, on trouvait des cellules dévoyées du tissu conjonctif environnant et quelques globules blancs ; ceux-ci, d’ailleurs, trés rares. |
Ces cavités sont très irrégulières. Quelques-unes sur plusieurs préparations communiquent manifestement entre elles. Elles sont plus ou moins volumineuses; mais ce qu'il y à d’intéressant, c'est que, entre ces cavités et plus ou moins parallèlement à leurs bords, on voit des cavités allongées qui ne sont autre chose que des capillaires lymphatiques déjà dilatés, mais ne formant pas encore une cavité kystique. Sur certaines préparations, on voit aussi un détail qui a son importance : la plupart de ces cavités, au lieu de se terminer nettement comme des kystes, se prolongent à leurs extrémités par des fissures; ce sont les coupes de ces fissures qui constituent les cavités cylindriques dont nous venons de parler.
La paroi de ces cavités doit être décrite d'après des préparations colorées à l'hématoxyline et au picro-carmin.
Déjà sur les préparations colorées à l'hématoxyline, on devine un revêtement continu de la paroi interne par l'aspect des noyaux cellulaires faisant relief qui se trouvent sur une même ligne; c'est, à n’en pas douter, un endothélium qui se distingue facilement des noyaux du tissu conjonctif environnant. Ce revêtement endothélial n'est pas contenu sur nos préparations, mais il se trouve en assez grande abondance pour qu'on ne puisse pas nier son existence.
D'ailleurs ce sont les préparations colorées au picro-carmin qui, à l'encontre de ce que l'on pourrait croire, démontrent le mieux son identité. En effet, ici, les noyaux du tissu conjonctif ambiant sont peu distincts, il en est de même des noyaux de l’endothélium, mais on voit mieux une mince paroi qui tapisse l'intérieur des cavités et faisant relief sur cette paroi, les cellules mal colorées, mais suffisamment indiquées de l'endothélium. Ces cellules ne font pas cependant une couche contiuue.
Nous pouvons en somme dire, utilisant la description même de Panas : « Leurs parois sont constituées par du tissu lamineux, condensé, recouvert d'une couche endothéliale, qui n'est pas partout
continue ».
Indépendamment des dilatations lymphatiques, on voit encore sur cette préparation : À la périphérie, la conjonctive et dans l'épaisseur du stroma, quelques vaisseaux sanguins, les uns superficiels, les autres profonds; les uns coupés perpendiculairement, les autres obliquement.
Nous croyons, après ces détails, n'avoir pas à insister sur la nature lymphatique de ces kystes.
OBSERVATION XII
CABanNEs, 1901.
Georges G..., âgé de 18 mois, est atteint, sept jours après sa naissance, d'une conjonclivite purulente qui met deux mois à guérir et ne rétrocède définitivement qu'après une admission de l'enfant, pendant huit jours, dans les salles de l'hôpital des Enfants. L'œil droit, au cours de la maladie, avait suppuré plus abondamment et plus longtemps que l'œil gauche.
Le 29 mai dernier, la mère du petit malade, voulant lui enlever un moucheron qui était tombé dans son œil droit, remarqua la présence d'une petite tumeur dans le cul-de-sac inférieur droit.
À l'examen, cette tumeur, liquide, kystique, à contenu citrin, a le volume d'un gros grain de blé ; elle est couchée transversalement dans le fond du cul-de-sac inférieur dont elle occupe la moitié interne. Sa forme est oblongue, à grosse extrémité externe, à petite extrémité interne, effilée, séparée de la première par un sillon peu profond. Cette tumeur n'est pas réductible.
Après simple anesthésie à la cocaïne, la tumeur a été extirpée.
La ponction de la tumeur liquide, grosse comme un gros grain de blé, donne issue à deux ou trois gouttes d’un liquide un peu trouble que nous avons soumis à l'examen microscopique (après fixation), d'abord sans coloration puis après coloration au bleu de méthylène et à la thionine aqueuse. Cet examen nous a permis de constater au milieu d'une substance fondamentale (matière albuminoïde coagulée), un nombre considérable de leucocytes et en particulier de lymphocytes. La présence de ces globules blancs nous paraît offrir un cer-
tain intérêt ; peut-être permettrait-elle de différencier par la fonction et l'examen microscopique les kystes Iymphatiques des kystes glandulaires. Ce fait que l’on pourra vérifier dans des cas analogues n’a pas encore été constaté. D'ailleurs, on a peu fait l'examen microscopique des liquides des kystes conjonctivaux.
L'examen histologique de la paroi du kyste nous a donné les renseignements suivants :
Dans un des points de la préparation qui représente la coupe de la paroi du kyste qui s’est affaissé après la ponction capillaire, on reconnait : 1° la couche épithéliale conjonctive modifiée, composée de plusieurs plans de cellules cylindriques profondément ovoïdes dans la région moyenne, plates superficiellement,.
2° Le derme sous-jacent avec ses fibres ondulées, ses noyaux disséminés, quelques vaisseaux sanguins turgescents, pleins de sang. En un point, le derme se raréfie, ses fibres sont comme distendues, de nombreuses mailles se montrent; il semble que l'on a fait une injection dans son épaisseur; au voisinage de cette région raréfiée et distendue, on apercoit un gros vaisseau lymphatique distendu, de forme ovalaire, très volumineux, à parois tapissées d'un épithélium plat, dont les noyaux sont très apparents grâce au carmin boraté.
Le contenu de ce vaisseau est vaguement granuleux et ressemble à de l’albumine coagulée. Tout autour de la région raréfiée du derme (précédemment décrite), région qui était certainement remplie de liquide avant la ponction, et au voisinage du gros canalicule Iymphatique distendu et même déchiré en un point, on voit des coupes de nombreux capillaires Ilymphatiques, reconnaissables aussi à leur épithélium plat. Par places, on en voit de coupés en long. Tous sont distendus et leur nombre important autour de ce qui est le vestige de la cavité centrale, prouve bien que cette dernière prend comme des racines lymphatiques dans le derme conjonctival : c’est plus exactement un Iymphangiome inflammatoire qu'un kyste lymphatique à proprement parler. Des vaisseaux sanguins assez nombreux et congestionnés, cernent cette zone et ses lymphatiques. En un point, l’un d'eux, rompu, à donné naissance à une petite hémorrhagie interstitielle.
OBSERVATION XIII
SüRosso, 1902,
Tumeur grosse comme un haricot, adhérente à la conjonctive et à la selérotique du côté interne de l'œil droit, D'après l'examen microscopique, elle était née par fusion de plusieurs vaisseaux et espaces lymphatiques dilatés.