OBSERVATION III
(Idem.)
Un jeune homme de 21 ans entre dans le service de M. le professeur Terrier le 16 février 1904 pour une tumeur du cou. |
Cette tumeur serait apparue il y a deux ans, à la suite d’un rhume : le malade aurait eu à ce moment des ganglions cervicaux volumineux qui diminuèrent ensuite, mais il resta toujours un ganglion assez gros dans la région cervicale gauche. La tumeur, à ce moment-là, était grosse comme une noisette ; elle resta telle pendant 22 mois.
Il y a deux mois le malade remarqua que sa tumeur grossissait, el actuellement elle a atteint le volume d'une petite orange ; le malade dit avoir maigri,-pendant l'hiver dernier, au moment où sa tumeur cervicale s’accrut.
Acluellement (IS février 1904), on constate dans la région
carotidienne gauche une tumeur du volume d'une manda-
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rine ; elle s'étend en haut jusqu’à l'angle du maxillaire inférieur ; en arrière elle adhère au sterno-mastoïdien ; en avant elle S'avance Jusqu'à la grande corne de l'os hyoïde. La lumeur est de consistance dure en arrière, Ià où elle adhère au sterno-mastoïdien ; en avant, au contraire, elle est de consistance beaucoup plus molle, et en un point même elle est fluctuante : la contraction entravée du sterno-mastoïdien immobilise en partie la tumeur. Celle-ci né présente pas traces de battements ni de réductibilité : elle est très peu douloureuse à la pression et la peau glisse à sa surface ; 1l n'existe pas d’autres ganglions perceplibles au niveau du cou, des aisselles ni des aines.
Antécédents personnels. — Le malade a eu la rougeole vers la quatrième ou cinquième année ; il est sujet à des amygdalites fréquentes ; de plus tous les hivers, depuis quelques années, le malade tousse, enfin il a été réformé l’année dernière.
Antécédents hérédilaires. — Son père est mort d'une fluxion de poitrine à 52 ans. La mère et ses frères sont tous bien portants.
À l’auscultation des poumons on entend une respiration normale des deux côtés ; il n’y a jamais eu d'hémoptysie ni de pleurésie. On fait le diagnostic de ganglion tuberculeux du cou suppuré.
Le 25 février le malade est opéré par M. Duparier, chef de clinique. On pratique une incision parallèle au bord antérieur du sterno-mastoïdien. Au cours des manœuvres de dissection la poche kystique est rompue et 1l s'écoule un liquide verdâtre d'aspect purulent. On pratique l'extirpation complète de la poche ; l'hémostase est faite et l’on suture en ayant Soin de drainer. Le malade sort guéri au bout de 10 jours. |
Examen histologique fait par M. Lecène. — La paroi kys-
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tique examinée à un faible grossissement nous a montré Ja structure suivante : 1° en dehors une coque fibreuse dense el peu vasculaire ; 2° en dedans un revêtement composé a) d'un épithélium pavimenteux stratifié sans cellules à l'éléidine ni couche cornée ; b) d’une nappe de tissu Iymphoïde séparée de l’épithélium par une membrane basale très mince: Ce ‘issu lymphoïde, examiné par un fort grossissement, montre un beau réticulum renfermant dans ses mailles de nombreux lymphoïdes. On ne constate pas ici, comme dans l’observalion précédente, de centres germinatifs, et d'une façon générale la nappe du tissu lymphoïde est ici beaucoup moins abondante.