OBSERVATION IL
(Coltelloni, Thèse de Paris, 1905.)
Mlle J..., âgée de 19 ans, opérée le 6 février 1904 d’un kyste dermoïde du cou à droite.
Il y a deux ans, par hasard, la malade constata à la partie droite du cou une tuméfaction légère qui ne faisait une saillie appréciable que lorsqu'elle tournait fortement la tête à gauche.
L'accroissement fut depuis lors très lent et indolore.
Le 6 février 1904 on constate, au niveau de la partie droite du cou, une tuméfaction du volume d'une orange, un peu étalée, siégeant à la partie moyenne du bord antérieur du sterno-mastoïdien droit, ; la tumeur est très limitée, mobile, sous-musculaire (car s1 l’on vient à faire contracter le sternomastoïdien la tumeur s'immobilise en partie et paraît plus profonde ; la tumeur est nettement fluctuante.
On ne trouve à côté de cette tumeur aucun ganglion appréciable : il n'y à Jamais eu d’adénopathies cervicales : la
nn.
MT dd 75 Vie
0 2 malade ne tousse pas et l’auscultation ne permet de révéler aucune lésion pulmonaire.
On porte ie diagnostic vraisemblable de kyste branchial du cou.
L'opération fut pratiquée le 6 février 1904 par M. le docteur Gosset.
Incision sur le bord antérieur du sterno-mastoïdien droit longue de 6 centimètres. Section du peaucier, que l’on trouve très développé. On isole et on recline en arrière le bord antérieur du sterno-mastoïdien. Alors apparaît la tumeur recouverte par un lacis veineux très développé ; l'énucléalion est facile grâce à un plan de clivage celluleux.
Au cours de l’ablation la tumeur s'est ouverte et son contenu (liquide blanchâtre d'aspect purulent) s'est en partie écoulée au dehors.
Après ablation de la tumeur on aperçoit au fond de la plaie des vaisseaux carotidiens et le tronc veineux thyro-lingno-facial.
On pratique ensuite l'hémostase et la suture cutanée sans
drainage. La guérison a lieu rapidement par première intention. Examen histologique. — L'examen histologique de la pa-
roi kystique, qui a été pratiquée par M. le docteur Lecène, à permis de constater à un faible grossissement que cette paroi est constituée de dehors en dedans :
1° Par une capsule d’enveloppement fibreux formée de tissu conjonctif adulte parsemée de quelques vaisseaux ;
2° Par un revêtement interne qui comprend lui-même deux portions bien différentes
a) En dedans, un épithélium pavimenteux stratifié avec couche basale bien développée ; nulle part 1l n'existe de cellules chargées d'éleïdine ni de couche cornée ;
b) En dehors et séparée de l’assise épithéliale par une mem
HO brane basale extrêmement mince, on rencontre uné épaisse couche de tissu lymphoïde qui présente même en certains points des centres germinatifs des plus rets. L'’épithélium pavimenteux de revêtement s'enfonce même en de profondes invaginations au sein de la nappe réticulée sous-jacente.
Lorsqu'on étudie les coupes à un plus fort grossissement, on constate que l'épithélium pavimenteux possède des filaments d'union ; de plus la structure du tissu lymphoïde apparail beaucoup plus nettement et l’on voit le réticulum coloré en rouge vif par le Van Giesson enfermant dans ses mailles de nombreux lymphocytes : l’épithélium pavimenteux est même pénétré par des leucocytes, comme on le constate normalement au niveau de l'amygdale par exemple.