‹ Contribution à l'étude des kystes congénitaux du cou: kystes dermo-lymphoïdesChapitre 9 sur 19 · RER · texte numérisé non relu

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débris branchiaux qui doit donner l'amygdäle, et comme le pense Massabiau, pourquoi n'admettrait-on pas simplement l'enclavement d'une portion de la partie externe ectodermique de la fente branchiale doublée d'une petite masse de mésoderme qui donnera le lissu lymphoïde ?

Quoi quil en soil, toutes ces explications reposent sur la théorie branchiale telle que nous l'avons exposée au début de la pathogénie.

Du reste, cette théorie branchiale qui explique. là formation des tumeurs congénitales du cou n'est point quelque chose d'isolé dans l'histoire du A pESDen des formations néoplasiques.

On doit la considérer, nous semble-t-il, et on a à l'heure actuelle de plus en plus tendance à le faire, on doit la considérer comme relevant d'une théorie exposée récemment el qui a pris naissance en Allemagne, la théorie blastomérique.

Celte théorie est encore peu connue en France, elle est très clairement exposée dans la thèse de Chevassu. Elle est due à W. Roux et repose sur l'expérimentation.

L'idée de Roux est que, dès les premiers stades de la segmentation, chaque cellule segmentaire à sa destimat'on définitive, est prédestinée à devenir telle ou telle portion du corps. Dès la première division de l’ovule, l'embryon es! divisé en un hémiembryon droit et un hémiembryon gauche. Au stade blastula à 16 cellules par exemple, chaque blastomère est destiné à former un seizième de l'individu, non pas un seizième quelconque, mais un sezième déterminé.

Ainsi Roux, qui a expérimenté sur des œuls de grenouille, ayant détruit après la première segmentation l'un des deux blastomères, constata que le blastomère resté intact donnait naissance, par la suite, non plus à un embryon tout entier, mais à un hémiembryon. Roux concluait que chaque divi-

sion de la cellule primitive avait pour résultat une réparti-

lion déterminée des matériaux ovulaires. Il

comparait la formation de l'embryon à un travail de mosaïque.

Maintenant, admeltons dans la blastula une inclusion, un enclavement de l'un des blastomères primitls et son développement ultérieur donnera une tumeur. :

Or, pour la région cervicale qui nous occupe ici, selon le moment où s'est produite l'inclusion et selon la quantité el la nature des tissus branchiaux embryonnaires inclus, il pourra se développer des tumeurs de différents types ; dans certains cas 71 se développera un épithélioma branchial, dans d'autres une tumeur mixte du type des tumeurs mixtes de la région parotidienne ou sous-maxillaire.

Si la portion incluse à consisté simplement en quelques: cellules de la partie externe ectodermique de la fente branchiale on pourra avoir un kyste dermoïde pur classique ; Si: lenclavement a porté aussi bien sur la partie externe que sur Ja partie interne de la fente branchiale, le kyste qui se développera sera un kyste mixte dermo-mucoïie.

De même nous pouvons penser que si les éléments inclus sont constitués par la zone externe de la fente branchiale doublée (le mésoderme, la fumeur qui se développera sera une tumeur dermo-lymphoïde. Er

De telle sorte qu'on peut concevoir qu'il existe toutes les transitions, tous les termes de passage entre la tumeur mixte solide Ia plus complexe de la région cervicale, la tumeur mixte kyslique, véritable bidermome représenté par les kystes dermo-lymphoïdes par exemple et les kystes dermoïdes simples, dans la formation desquels l'ectoderme seul intervient.

Ces considérations ont toutes pour base la notion de l'enclavement, de l'inclusion, expliquée d’une facon claire à la lumière de la théorie blastodermique, dont nous venons d'exposer les principes.

LR

Quant à l'hypothèse d'Albarran, qui voulait assimiler ces kystes dermo-lymphoïdes à des kystes ganglionnaires, elle est généralement abandonnée, car on ne voit pas (rop comment une prolifération épithéliale, en dehors de tout néo-

plasme, se développerait dans un ganglion lymphatique.

SYMPTOMATOLOGIE

a) Symplômes physiques. — Le siège des kystes latéraux est variable. Ils sont situés dans la région sous-maxillaire et la région carotidienne. Ils sont superficiels ou profonds. On a remarqué que la plupart des kystes dont la paroi renfermait du tissu lymphoïde étaient des kystes profonds. C’est ainsi que cette particularité est mdiquée et dans l'observatien de Jeanbrau, dans la thèse de Gigante, et dans les deux observalions de la thèse de Coltelloni. Il en était de même dans notre cas. Le kyste ,s'étendait très profondément et avait méme des adhérences avec le paquet vasculo-nerveux, adhérences telles avec la jugulaire en particulier qu'on dut réséquer une parle de la veine.

Ces adhérences des kystes profonds du cou ne sont pas très rares, parfois même on en a trouvé soit avec l'os hyoïde, soit avec la paroi latérale du pharynx. Du reste la pathogénie de ces tumeurs explique bien l'existence de ces adhérences.

Le volume du kyste est également très variable, il peut atteindre le volume du poing, comme dans cette observation, mais 1l peut être beaucoup plus petit. La forme est également inconstante. L |

La consistance est parlois assez molle : si le contenu est plutôt liquide, elle est rénitente, mais il n’y a pas de fluctualon bien nette. Au contraire, d'autres fois ces tumeurs peu-

Ho — . vent êlre dures à cause de l'épaisseur de la paroï, mais plus souvent elles sont élastiques.

Ces tumeurs sont irréduclibles, elles ne sont pas habituellement adhérentes à la peau. :

Symptômes fonclionnels. — Au début ils sont à peu près nuls. Mais si le kyste est assez volumineux et sil a des adbérences profondes, il provoque des phénomènes de compression.

La compression des nerfs se traduit par des douleurs, de la céphalée, comme dans notre observation où le malade se plaignait de douleurs dans l'hémicrâne gauche.

De même cette compression peut entraîner de la gêne à la déglutition, à la phonation, à la respiration entraînant de la dyspnée et des suflocations.

Par suite de la compression des jugulaires 11 peut y avoir de la congestion de la face.

Mais malgré tout l'état général reste bon.

La tumeur peut rester longtemps stationnaire, augmenter tout d’un coup et à certaines époques. Ainsi la puberté semble influer d'une façon notable sur l'augmentation de la tumeur, ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut. Dans l'observation qui fait le sujet de celte thèse, nous avons relevé que la tumeur avait mis 8 ans à évoluer, et ce n'est que dans les 3 dernières années qu'elle a augmenté d’une façon appréciable. Donc la marche est assez régulière.

Le pronostic est en somme assez bénin, mais les phénomènes de compression de la tumeur peuvent parfois devenir assez graves.

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