MENT
pénétrer dans la cavité attenante au kyste ponctionné échoua parce que les parois du kyste étaient trop épaisses. L'ouverture par ponction fut pratiquée avec une pince de Nélaton et alors l’incision rectifiée fut conduite à gauche de l'utérus, sur la grosse convexité de la tumeur. Après le clivage de l'enveloppe péritonéale, j'arrivai avec toute la main entre la surface de la tumeur et le péritoine, et je pus sans hémorrhagie remarquable, décortiquer de sa loge l'énorme tumeur qui se trouvait complètement rétropéritonéale. Seulement la séparation avec la paroi postérieure de l'utérus fut plus difficile à pratiquer. La tumeur n'avait point de pédicule ; cependant au fond du petit bassin, où la décortication ne fut pas conduite plus loin, on lia à la soie une partie minime des tissus solides et enroulés. Pour l’énucléation de la tumeur les instestins furent prolabés, et contenus dans des linges chauds et sublimés. Le collapsus était imminent. Injection d’éther.
En replaçant l'intestin, le péritoine se posa très bien contre la paroi abdominale postérieure et contre la paroi du bassin. Seulement l’utérus libéré de sa couvertur? péritonéale postérieure, ballottait au fond du petit bassin sur le col démesurément étiré dans la longueur. Outre cela, il y avait, en dehors de la blessure artificielle à la corne gauche, qui du reste ne perforait pas le cavum, deux myomes sous-séreux, gros comme des noix ; et il me parut que le plus opportun était d’extirper tout l’utérus. Après ligature préalable avec caoutchouc, l'utérus fut enlevé ; le moignon suturé, la muqueuse cervicale étant réséquée, et suturée à la manière habituelle. La cavité abdominale fut refermée. La durée de l'opération fut de 1 heure 1/4.
La tumeur extirpée se démontra comme un kyste multiloculaire de l'ovaire, avec de nombreux kystes, plutôt petits, et un liquide ‘épais et noirâtre.
Au deuxième jour après l'opération, il y eut une ascension de la température à 393 (dans le rectum). Cependant le pouls était bon et l’état général satisfaisant. Dans la nuit qui suivit, une bronchite aiguë grave et une crise violente d’asthme firent leur apparition. Malgré la douleur ressentie par la patiente au niveau de la plaie abdominale, la malade ne put respirer qu’en demeurant assise dans la position verticale. Et dans la nuit une forte injection dé morphine fut nécessaire pour ame-
ner le sommeil. Il apparaissait sans doute, dès le début, que la fièvre
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