OBSERVATION VI
Hager. Centralblatt für Gynaecologie, 1890, n° 1. Lo Décortication d’un kyste ovarique sous-séreux d’une grandeur insolite.
Le 14 juillet 1888, je fus appelé auprès de M” M.., professeur de musique, âgée de cinquante-quatre ans; pour une grosse tumeur abdominale. Mme M... avait été chlorotique dans sa jeunesse, réglée à 18 ans, et avait %3 ans lorsqu'elle se maria. Elle eut deux avortements à 95 et 27 ans. Bientôt après sa deuxième fausse couche, les règles devinrent très abondantes et cela demeura ainsi jusqu'à la 49° année. Après la ménopause, la malade eut des crises d'asthme, de fréquentes bronchites, qui la gènèrent fort dans sa profession. Depuis 3 ans, elle veut avoir souffert dans les côtés du bas-ventre, souffrances constituant une sensation de pression et de pesanteur. Le ventre devint dur et résistant, mais ne se développa que très lentement au début. Puis depuis sept ans, il est devenu manifestement plus volumineux, et sont apparues des incommodités douloureuses de la miction et de la défécation. Les crises d'asthme devinrent plus fréquentes, la marche trainante et chancelante, si bien que Me M... ne put plus parcourir même une petite étendue de chemin sans de violentes douleurs, et se vit complè-
tement réduite à la charité des personnes étrangères.
Etat actuel. — Personne de taille moyenne, mauvais état de nutrition. Peau jaunâtre, anémique ; il en est de même des muqueuses. Marche lente, pénible. Légère enflure des articulations.L'abdomen est dilaté par une tumeur volumineuse qui donne à la patiente l'aspect d'une femme enceinte. Cette tumeur élève jusqu’au ‘creux épigastrique sa plus grande circonférence, et atteint en haut le scrobiculus cordis, re-
poussant fortement en haut le diaphragme du côté gauche. Sur la tumeur
et part=ut la percussion donne un son mat; tympanique seulement dans les hypocondres, de même que dans la région droite du bas ventre. La tumeur est parfaitement immobile ; on la sent dure et ferme, élastique seulement à une pression profonde. La surface en est unie; mais dans la région ombilicale se trouve une petite saillie sphérique, grosse comme le poing d’un petit enfant, immobile. L’exploration interne montre que le vagin est allongé, fortement attiré en haut.
Le col de l'utérus ne peut se palper avec précision au niveau de sa courbure. On ne peut rien sentir de l'utérus par l'examen bimanuel; il en est de même mais moins pour l'ovaire droit. Le cul-de-sac de Douglas est rempli par une tumeur élastique, que l’on sent parfaitement par le rectum. La pression sur cette tumeur n’est pas perçue par la main appuyée sur l’abdomen. Le cathétérisme du canal cervical échoue.
La respiration est accélérée. Au poumon des symptômes de bronchite diffuse sans infiltration démontrée du parenchyme. Urines sans albumine.
D’après l'examen, il s'agissait d’une tumeur profondément reliée à l'utérus, provenant de la région gauche du bas ventre. La nature élastique de la tumeur faisait présumer avec vraisemblance un kyste ovarique ; sa croissance avec l'utérus plutôt un myome. La ponction d’épreuve devait donner des renseignements. La ponction faite le jour suivant ramena un liquide de kyste ovarique, épais et colloïde, Je posai alors le diagnostic de kyste prolifère, fortement développé avec les
organes environnants.
Opération le 18 juillet. — Inc'sion sur la lgne blanche depuis lombilic jusqu’à trois doigts au-dessus de la symphyse pubienne. Après l'ouverture de la cavité péritonéale, il sortit quelques cuillerées à potage de liquide d'ascite, et une tumeur incrustée de veines rayonnantes et bleuâtres apparut. La patiente fut couchée sur le côté gauche et un bi-touri enfoncé dans la tumeur. Mais pas de liquide de kyste ne fut évacué, et on s’aperçut que l’incision pratiquée dans la tumeur, avait surpris l’utérus remonté jusqu’à l'ombilic. Alors lincision abdominale fut j rolongée jusqu’à un travers de main au-dessous de l’appendice xyphoïde. Un gros kyste se présenta qui fut ponctionré et vidé.
Un demi-litre environ d'un liquide colloïde fut évacué. La tentative de
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