INTRODUCTION
Dans un travail publié en décembre 1907, dans la « Revue mensuelle de Gynécologie, d’obstétrique et de pédiatrie », M. le professeur Boursier écrivait au sujet des kystes de l'ovaire rétropéritonéaux.
« À part quelques indications d'anatomie pathologique données par Pozzi dans son traité de Gynécologie, quelques lignes éparses dans quelques traités classiques et un petit nombre d'observations de ce genre que l’on rencontre dans la littérature médicale, on n’en trouve nulle part une description complète, ni au point de vue de l'étude détaillée de leurs rapports, ni au point de vue de leur histoire clinique ni même au sujet de leurs indications thérapeutiques. »
A la fin de nos études médicales, quelques mois avant nos derniers examens, nous avions demandé à M. le professeur Boursier, un sujet de Thèse. Une année passée dans le service de clinique gynécologique en qualité d’externe, nous avait permis d'apprécier la valeur de l’enseignement de ce maître et nous pouvions penser qu'il nous réserverait un bon accueil. Il nous donna à étudier cette question des kystes de l'ovaire rétropéritonéaux. Dans notre travail, il nous a patiemment aidé de ses bons conseils. Peu à peu, du champ de nos recherches se sont éliminés les matériaux inutiles. C’est ainsi qu'on ne trouvera pas dans notre
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thèse les observations de Bardenhener et de Zweifel que le professeur Pozzi a citées comme exemples de laffection dans son traité de Gynécologie. Dans le cas de Zweifel, le kyste était bien rétropéritonéal, mais « n'avait aucune origine ovarienne ni même génitale. » Dans le Cas de Bardenhener, le kyste, rétropéritonéal, provenait de la veine cave inférieure.
Nous avons toutefois conservé l'observation de Heurtaux, bien que l'analyse histologique n'ait pu être faite, que l'ovaire correspondant fût sain; l'apparence générale des parois du kyste, son contenu se rapprochant trop du type des kystes de l'ovaire, pour l’omettre. Nous respecterons les doutes que l’auteur laisse planer au sujet de l’origine ovarienne; mais nous verrons que cette origine a de nombreuses probabilités et est parfaitement admissible.
Notre étude comprend 7 parties:
1o Définition. Historique.
20 Observations.
30 Etiologie et Pathogénie.
40 Anatomie pathologique.
po Signes et Diagnostic.
60 Traitement.
79 Conclusions.
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Définition et Historique
Le professeur Pozzi a proposé de donner le nom de kystes de l'ovaire rétropéritonéaux à une variété de kystes sessiles, qui, ne restant point confinés dans le ligament large, en dépassent les limites et cheminent sous le péritoine dans les interstices cellulaires, très loin de leur point de départ.
La littérature médicale antérieure à l’époque où fut ainsi formulée cette définition, ne contient que peu de choses ayant trait au sujet. Les ouvrages de gynécologie restent pour la plupart muets sur cette situation que pourraient affecter les kystes inclus.
Lawson-Tait, dans son traité des maladies des ovaires (1886), nie l’affection en ces termes: Il est naturellement impossible de se figurer eomment une tumeur de l'ovaire ou une tumeur développée aux dépens d’un ovule égaré pourrait d’une facon quelconque se développer en dehors du péritoine.
A la même date Olshausen (Deutsche Chirurgie, lief 58, die Krankheiten der ovarien, p. 66), au contraire, insistait sur le développement dans une cavité rétro-péritonéale, terme qu'il emploie et en indiquait la rareté. Il renvoie à deux mémoires de N. Flaischlen, qui auraient pu nous être d’une précieuse assistance. Il ne nous a malheureusement pas été possible de les consulter. Olshausen écrivait: « le kyste ovarique inclus peut s’avancer sous les feuillets péritonéaux,
le plus fréquemment du côté du rectum. Tandis que le péritoine du plancher de la cavité de Douglas se trouve repoussé en haut, la tumeur se glisse entre le rectum et l'utérus, en contact direct avec les deux organes, après que leur revêtement séreux a été refoulé vers la cavité abdominale. Il arrive enfin, que la tumeur, dans cette cavité, proprement rétropéritonéale, peut reposer directement sur la colonne vertébrale et les gros vaisseaux, ou croître entre les feuillets des mésentères, surtout du mésentère de l’'S romain. De cette manière des connexions intimes, étroites, directes, sans interposition de péritoine, s’établissent entre la tumeur et la paroi intestinale. — Plus rarement, l’enveloppement de la tumeur étant antérieur, la tumeur entre en relations avec la paroi vésicale. ÿ
Terrillon, en 1889, dans sa clinique chirurgicale, note à son {our cette disposition dont il a rencontré deux cas au cours de sa carrière. « … Nous arrivons maintenant à la deuxième forme d’adhérences que nous avons signalée, les adhérences dites par infiltration dans le ligament large. Il importe de remarquer que rarement on trouve la totalité de la tumeur ainsi enclavée dans le ligament large. Le plus souvent, il ne s’agit que d’un prolongement plus ou moins considérable. Or, ce prolongement peut se développer dans deux sens différents et donner lieu en conséquence à deux types anatomiques différents entre lesquels vient se placer toute la série des formes intermédiaires.
1° Le prolongement peut en se développant se porter verticalement en bas, etc.
2° Au lieu de descendre verticalement, il peut s’incliner en arrière vers la concavité sacrée. Après avoir soulevé et effacé le cul-de-sac péritonéal postérieur, il s’insinue sous le mésentère el repousse l'intestin. Il peut alors contracter des adhérences soit avec les gros vaisseaux, de l’excavation ou du mésentêre, soit avec l'intestin. Disposition heureusement fort rare. »
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Accompagnant des observations que “nous citons (Bassini,
Heurtaux, Hager) de brèves notices ont paru dans des re-
vues médicales.
À la suite du professeur Pozzi, dont ils adoptent la dénomination, Labadie-Lagrave et Legueu, le professeur Boursier, dans leurs traités, donnent une place à l'affection dans le cadre des kystes de l'ovaire.
Enfin publiés dans le congrès de chirurgie de 1907, et dans la « Revue mensuelle de Gynécologie d’Obstétrique et de Pédiatrie », il nous faut citer les trois cas que le professeur Boursier a rencontrés et décrits d’une façon détaillée. Un bref historique précède cet excellent travail que terminent de précieuses indications thérapeutiques.