OBSERVATION I
(Professeur Boursier, in Henry Dupuy, th. de 97.)
Mme M...,39 ans, ayant eu un enfant à 27 ans, et une fausse couche à 37 ans, a présenté depuis sa fausse couche, des crises douloureuses dans le bas ventre, toujours localisées dans le côté gauche, et parfois assez vives pour obliger la malade à s’aliter. Ces crises assez fréquentes durent chacune quelques jours. Avant de venir consulter elle a vu son ventre s’accroitre graduellement, mais en notant que son développement a toujours, comme les douleurs, siégé du côté gauche. Un peu d’amaigrissement, pas d’œdémie des jambes, un peu de constipation. Bon état général. A l'examen, on trouve un ventre volumineux, développé seulement dans sa moitié gauche. La palpation révèle, dans cette moitié gauche de l’abdomen, une tumeur arrondie, de forme régulière, à surface lisse, fort peu mobile, et ne plongeant pour ainsi dire pas dans la cavité pelvienne. Cette tumeur est manifestement fluctuante, elle est mate à la percussion; la partie supérieure de l'abdomen et tout le flanc
droit sont sonores.
L’utérus, très haut, est difficile à saisir. Il parait indépendant de la tumeur.
Ovariotomie le 27 février 1897. — Après laparotomie médiane sousombilicale, on arrive sur la poche kystique, qui est ponctionnée et qui laisse couler plus de 2 litres 1/2 de liquide noirâtre et gluant.
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En essayant l’extirpation de la poche, nous voyons que le kyste est intimement adhérent au côlon descendant qui passe au-devant de la partie gauche. Le kyste a dédoublé le mésocôlon en s’insinuant entre ses deux feuillets.
Cette adhérence nous paraît si serrée que nous nous bornons à réséquer la partie la plus saillante de la poche et à marsupialiser le kyste, en respectant autant que possible la partie adhérerte au côlon.
Bourrage de la poche avec des compresses aseptiques, suture des parois abdominales autour de la poche kystique. Malgré des cautérisations répétées de la face interne de la cavité kystique, celle-ci n’a cessé de sécréter du liquice kystique, tout en se ratatinant et en diminuant progressivement de volume. “
La malade quitte l'hôpital au commencement du mois de juin. Son état général est satisfaisant, mais elle n’est pas complètement guérie ; il reste encore un orifice fistuleux communiquant avec une poche très rétrécie, mais non fermée.
En janvier 1898, la malade n’était pas encore complètement guérie.