PATHOGÉNIE
PATHOGENIE
Les kystes sublinguaux dermoïdes comme toutes les formations dermoïdes, sont des tumeurs congénitales. Ils sont d'abord latents et ce n’est que secondairement que se produit leur accroissement.
LANNELONGUE les considère comme des organes anormaux ectopiés par suite d’un développement fœtal défectueux, d’un « accident d'évolution ».
Avant d'examiner ce trouble de développement lui-même, pourquoi ce développement s’établit-il en deux temps: la tence d’abord, accroissement actif ensuite ?
Ce développement, nous l'avons vu, se fait généralement peu après la puberté. Les explications proposées ne peuvent s'appliquer à tous les cas.
— On a parlé d’abord d'infections atténuées. Or il est d'observation banale que ces kystes ne suppurent presque jamais, même à la suite de ponctions, d’incisions ou d’extirpations incomplètes. Or, point n’est besoin d’insister sur la richesse microbienne de la salive et du milieu buccal. Lax- NELONGUE affirme la stérilité parfaite de ces kystes. Cette théorie infectieuse avait été échafaudée par PoNcer (du Valde-Grâce), par VERNEUIL et CLADO.
— LEGLAND insiste sur les cas féminins et incrimine un trouble glandulaire ovarien. Mais nous savons que les sexes paient un tribut égal aux kystes dermoïdes.
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Arrivons donc à l'explication de cet accident d'évolution lui-même. Diverses théories ont été successivement échafaudée pour cela. Nous les passerons rapidement en revue en insistant tout particulièrement sur celles qui sont aujourd'hui classiques:
Théorie de la diplogenèse par inclusion (PIGNE, GIRALDES, BARTHE, CRUVEILHIER). — Les kystes dermoïdes seraient des individus primitivement distincts formant au cours d’un développement embryogénique dévié une monstruosité double dont l’un des constituants se serait atrophié. Cette explication aujourd’hui désuète fut détruite par LEBERT, BROUE et surtout LANNELOGUE.
Théorie de l'hétérotopie plastique (LEBERT). — Basée sur la production autogène de tissus « qui peuvent se former de toutes pièces dans des régions où, à l’état normal, on ne les rencontre pas ». Les kystes seraient en somme des néoplasies. Cette véritable génératicn spontanée est un non-sens histogénique. |
Théorie des cellules nodales de Barp. — L'organisme contiendrait des cellules dites nodales, dérivées des premières divisions de l’ovule et susceptibles de prendre un caractère absolument spécifique, de telle sorte que leur prolifération pourrait, dans le cas de kystes dermoïdes, engendrer une tumeur de structure ectodermique. « Cette curieuse théorie, dit P. DELBET, est un peu de l’ordre des hypothèses qu'on prend facilement pour des réalités démontrées parcequ’elles donnent une certaine satisfaction d’esprit. »
Théorie folliculaire. - Les kystes dermoïdes ne seraient pas congénitaux mais de simples kystes sébacés formés par oblitération canaliculaire et distension secondaire. Mais nous avons vu que tout, examen macroscopique et histolouique, distingue les dermoïdes des kystes sébacés.
Enfin, arrivons à la théorie actuellement admise:
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Théorie de l'enclavement. — Elle est due à VERNEUIL. (1885) pour qui ces kystes dériveraient du revêtement’ectodermique de l'embryon dont une portion s’enclaverait au sein des tissus sous-jacents, présenterait un développement retardé et produirait une formation kystique par un accroissement anormal ultérieur.
La paternité de cette théorie a été d'abord attribuée à REMAK, et les auteurs allemands la désignent généralement sous le nom de théorie de l’involution de REMAK.
On sait que chez l'embryon, la future région cervicale est composée d’arcs branchiaux séparés par les poches branchiales.
Le premier are du mandibulaire formera le maxillaire inférieur, le deuxième et le troisième vont se réunir sur la ligne médiane pour constituer l’os hyoïde au-dessous du tuberculum impar.
Primitivement ces arcs pharyngés sont écartés l’un de l’autre; ils se rapprochent progressivement «et finissent par se souder. Au moment où les arcs se rapprochent et tendent à la soudure, une petite portion ectodermique peut se trouver coincée, voilà l’origine probable des kystes dermoiïdes.
Il en résulte qu’au milieu des tissus adjacents à ces arcs branchiaux, tissus destinés à fournir le plancer buccal, se trouve enfouie une parcelle ectodermique.
Cette parcelle peut rester longtemps stationnaire, indéfiniment même, mais il se peut aussi que sous des influences inconnues, elle se développe et donne finalement le kyste dermoïde, Expérimentalement d’ailleurs, on a pu reproduire des tumeurs analogues par transplantation (Mas- SE, KAUFMANN, GROSS et SCHWENINGER).
Cette hypothèse explique l'existence des adhérences osseuses, base de la classification de GERARD-MARCHANT.
QT LES aussi de l'existence des kystes latéraux.
Elle rend compte enclavement d’une parcelle
En résumé, il semble que F de la soudure des arcs branchiaux, suffi-
ectodermique lors de kystes dermoïdes du plancher
se à expliquer lexistence
de la bouche.