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leurs fonctions primitives, se mettraient à pro'iférer et à secréter, comme leurs congénères.
Malheureusement cette ingénieuse théorie, admise
encore par quelques auteurs, a le grave inconvénient
de ne pas expliquer pourquoi les kystes dermoïdes
affectent certains sièges de prédilection bien déter-
minés, tels que la queue du sourcil et les raphés
médians de la face et du cou.
La théorie de l’enclavement est encore la théorie la plus en faveur, et c’est certainement célle qui répond le mieux à la généralité des faits. Cette théorie, Verneuil l'avait formulée en :852 pour les kystes dermoïdes du pourtour de l'orbite; plus tard il la formula de nouveau pour les kystes dermoïdes du plancher de la bouche. C’est cette théorie que le professeur Lannelongue a cru devoir accepter, et qu’il défend avec conviction dans son Traité des kystes congénitaux. Toutefois, pour bien la comprendre il est nécessaire de rappeler auparavant les quelques notions suivantes d'embyologie.
La face et la région antéro-latérale du cou, sont formées par quatre bourgeons latéraux pairs, qui, partis des côtés de la noto-corde, viennent converger et se réunir avec les quatre bourgeons symétriques de Vlautre moitié du corps. Ces bourgeons appelés « arcs branchiaux » sont séparés ‘es uns des autres par des fentes transversales dites « fentes branchiales ». Les quatre bourgeons d’un côté sont séparés des quatre bourgeons symétriques du côté opposé, par un sillon médian.
Mascarel 2
nie Ra,
La première fente branchiale correspond à l'orbite et sépare le bourgeon frontal du bourgeon maxillaire.
La deuxième fente corfespond au bord inférieur de la mâchoire. |
La troisième fente correspond au bord inférieur de los hyoïde.
La quatrième fente correspond à la membrane miothyroïdienne. 1
La seconde et la troisième fente seules nousintéressent. à ! La seconde fente sépare le bourgeon maxillaire du bourgeon supérieur du cou. La partie inférieure dece bourgeon maxillaireformera le maxillaire inférieur. Primitivement, à la place que doit occuper cet 6s, se trouve le cartilage de Meckel, et, fait très important, l'os véritable commence à apparaîtresur la face externe de ce cartilage.
La troisième fente branchiale de chaque côté, sépare le bourgeon supérieur du cou, du bourgeoninférieur. Le bord supérieur de cette fente, c'est-à-dire la partie inférieure du bourgeon inférieur du cou, formera l’os hyoïde.
Les arcs branchiaux <ont évidemment recouverts par l’ectoderme qui formera la peau.
Normalement, les deux bourgeons situés au même niveau, se soudent par leur extrémité antérieure. Cependant suivant Verneuil, il peut arriver que par hasard les arcs branchiaux ne se soudent pas ou se soudent incomplètement. Il en résulte alors qu’à ce
de
LMD
niveau la peau s'enfonce, en formant une sorte de godet cutané qui devient de plusen plus profond. Le colletde ce godet, à force d’être étiré finit par se rompre, et la portion de peau enclavée est isolée du revêtement cutané. IL suffit alors que les éléments cutanés emprisonnés se mettent à proliférer, pour que le kyste dermoïde soit constitué. Ainsis’expliquent les adhérences au squelette de cette variété de kyste, et la situation médiane habituelle. |
Ce faif que le kyste dermoïde quand il adhère au
maxillaire inférieur s’insère toujours à la face
postérieure de cet os s'explique, d’après MM. Lannelongue et Achard, par cette considération que le maxillaire inférieur prend naissance comme nous
. VPavons dit ailleurs à la face externe du cartilage de
Meckel qui constitue la machoire de l’embryon qu’il s’agit d’une formation secondaire et relativement tardive, apparaissant bien après le momentde l’évolution où ont pu se produire les petits enclavements ectodermiques dont il s’agit, et qu’il n’est pas étonnant que se développant à la face externe du cartilage de Meckel, il est, par'ce fait même,
dans une situation antérieure à celle des produc-
tions kystiques qui peuvent résulter de ces enclavements... Ces faits méritent d'autant plus d'être
rappelés, qu'il y a quelques années on a voulu in-
voquer pour ces tumeurs unethéorie toute différente.” Des travaux importants avaient attiré l’attention sur le canal de Bochdaleck ; le tractus thyréo-
glosse, etleur rôle pathologique. Exagérant des don-
nées dont la valeur était incontestable, on a voulu un instant faire rentrer tous. les kystes du plancher de la bouche dans le domaine des affections dépendant du tractus thyréo-glosse » (x).
Le professeur Lannelongue invoquant la structure histologique du kyste dermoïde, a repoussé formellement la théorie qui voulait faire de la variété kystique que nous étudions, un dérivé du canal de Bochdaleck. L'opinion du professeur Lannelongue est pleinement justifiée aujourd’hui, en ce, qui concerne les kystes dermoïdes proprement dits, qui sont d’ailleurs de beaucoup les plus fréquents des kystes congénitaux du plancher de la bouche.
Ce qui précède s'applique surtout aux kystes dermoïdes médians de la région sus-hyoïdienne. Pour ce qui est des kystes latéraux, malgré leur situation latérale ; ils sont quelquefois eux aussi réunis par un pédicule à la partie moyenne du maxillaire ou de l'os hyoïde ; mais ce fait est inconstant, et le plus souvent ils sont dépourvus de toute coñnexion squelettique. |
Les kystes dermoïdes latéraux du plancher de la bouche sont d’ailleurs exceptionnels, et pour expliquer leur genèse, il faut, dit M. Morestin « admettre un enclavement latéral pendant la formation du
champ mesobranchial » (2).
4. Morestin. Traité de chirurgie Le Dentu Delbet, t. VI, page 270.