‹ Contribution à l'étude des kystes dermoïdes du plancher de la boucheChapitre 15 sur 53 · Rolland, Th. Montpellier · texte numérisé non relu

Rolland, Th. Montpellier

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sus-hyoïdienne; quelquefois cependant, dans des cas très rares d’ailleurs, ils proéminent exclusivement soit du côté de la bouche, soit du côté de la peau.

L’exploraticn par le palper,: du plancher de la bouche est quelquefois assez difficile, à cause de la tonicité des muscles qui constituent cette région. Pour bien se rendre compte, il est indispensable de faire une sorte de palper bimanuel, en plaçant d’une part un doigt sous la langue, et d’autre part un doigt sur la région sus-hyoïdienne. On constate alors que la tumeur kystique qui occupe le plancher de la bouche est habituellement lisse, bien limitée, nettement circonscrite, et qu'elle est parfaitement: indolente. La consistance en ést très variable, parfois elle est dure, au point de simuler une tumeur solide: d’autres fois elle est molle, pseudo-fluctuante, ou même nettement fluctuante; dans certains cas enfin, la tumeur pourrait, paraît-il, conserver l'empreinte : du doigt sous forme de godet. Pour quelques auteurs, le dernier signe serait absolument pathognomonique, malheureusement il existe très rarement, et de plus, quand il existe, il est très difficile des constater au dire des auteurs mêmes qui l’ont décrit. La peau et la muqueuse sont généralement complètement indépendantes de la tumeur, et se laissent facilement plisser sur elle; à condition toutefois qu’une inflammation antérieure, ou encore qu'u-

ne imitation quelconque, telle qu’une ponction, ou

une injection médicamenteuse n’aient déter miné

des adhérences.

Il est quelquefois possible de reconnaître les atta-

ches du kyste dermoïde soit au maxillaire, soit à Vos hyoïde; mais M. Gérard-Marchant va certainement beaucoup trop Ioin lorsqu'il prétend qu’on. peut déterminer en clinique d’une façon assez consstante le point d’implantstion, et reconnaître si on a affaire à un kyste adgénien ou adhyoïdien : « Les adhyoïdiens, dit-il, suivent cet os dans les mouve-

ments de la déglutition. Pour être sûr de ne pas être

victime d’une illusion et de ne pas rapporter à la tumeur, une mobilité qui appartient à toute la région sus-hyoïdienne, il suffit d’interposer le pouce et l’index de la main droite entre la tumeur et l’os hyoïde. Alors dans les mouvements de déglutition, la tumeur vient buter contre le doigt, et témoigner ainsi de ses adhérences hyoïdiennes ».

On a fait de nombreuses objections à cette théotie; nous ne tretiendrons ici que les principales. D'abord comme nous l'avons déjà dit bon nombre de kystes sont absolument dépourvus d’insertions osseuses; et, dès lors, échappent à la classification de M. Gérard-Marchant. Ensuite, il n'est pas juste de prétendre que les kystes adhyoïdiens seuls suivent l’os hyoïde dans les mouvements de la déglutition. C’est ainsi par exemple que dans une observation de Rolland, la tumeur Kkystique quoique uniquement adhérente au maxillaire, se reconnaît cependant avec l'os hyoïde. Ce fait, dit Rolland,

s’expliquait d’ailleurs facilement de la façon suivante : « Le kyste reposait sur la sangle mylo-hyoïdienne et sur les muscles génio-hyoïdiens, qui attiraient en haut et en avant à la fois l’os hyoïde et le kyste ». |

Lorsque les tumeurs qui nous occupent ont atteint un certain volume, égal ou supérieur par exemple à celui d'un œuf de poule, elles peuvent donner lieu à des troubles fonctionnels assez graves.

Nous avons vu que dans les nouveau-nés, la succion était gênée même par de petits kystes. On comprend donc que cette fonction puisse devenir impossible lorsque ces kystes acquièrent un certain volume. L'alimentation de l’enfant devient alors très difficile.

Chezl’adulte,la salive s'écoule continuellement au dehors, à cause de la surélévation du plancher buccal et la mastication devient très pénible.

La tumeur refoulant la langue en haut et en arrière, les mouvements de celle-ci sont très gênés, et dès lors la déglutition se fait mal.

Par suite du rejet de la langue en arrière, l’épiglotte se trouve abaissée, et retrécit notablement l’orifice supérieur des voies aériennes.

La phonation et la respiration peuvent être alors gravement compromises comme chez le malade de M. Reclus qui vint du fond du Béarn à Paris et qui faillit mourir d’asphyxie.

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