‹ Contribution à l'étude des kystes dermoïdes du plancher de la boucheChapitre 14 sur 53 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Le début des kystes dermoï4es du plancher 1e 1a bouche passe presque toujours inaperçu; car l’évolution de ces tumeurs est habituellement lente, graduelle, et s'effectue sans occasionner de douleurs. Aussi les malades hésiteni-ils à venir consulter 1e médecin; et ne se décident-ils finalement que lorsque le kyste a atteint le volume d’un œuf ou tout au moins d’une grosse noix.

Dans quelques observations cependant, le diaguostic a été fait dès le débuf, alors que la tumeur était à peine dela grosseur d’une noïsette. Mais alors c’est tout à fait par hasard que le clinicien en a fait la découverte, en examinant le malade pour üne toute auire affection. Il est rare d’ailleurs que la simple inspection de la bouche ou de la région sus-

hyoïdienne suffise pour permsttie au médecin de

reconnaître un kyste au début ; il faut en effet sur-

tout palper très soigneusement le plancher de 1a bouche en fous sens; pour arriver à sentir en un

: certain point, une saillie anormale plus ou moins fluctuante dont le malade ne soupçonnait pas le moins du monde l'existence,

PANIER Mint, bé,

Léa nu

Les kystes dermoïdes sus-hyoïdiens ne déterminent donc au début aucun trouble fonctionnel capable d'attirer l'attention du patient, et par suite du clinicien. Toutefois cette règle, toujours juste lorsqu’il s’agit d'adultes, ne doit pas être acceptée sans réserves, lotsqu'il s’agit d'enfants ; et surtout de nouveau-nés. Dans ce dernier cas en effet, On a constaté parfois une gêne très marquée de la succion, qui n’avait d'autre cause que l’existence d’une très petite tumeur du plancher de la bouche.

Lorsque le kyste dermoïde est devenu suffisamment volumineux pour incommoder celui qui le porte; lorsqu'il a atteint la grosseur d’un œuf par exemple, voici en général ce qu’on observe.

La région sus-hyoïdienne est déformée, soulevée sur la ligne médiane par une saïliie plus ou moins considérable; mais toujours arrondie; hémisphériqueouovoïde. Au niveau la peau a conservé sa coloration normale, à moins qu’il n'y ait inflammatiôn du kyste; auquel cas les téguments prennent généralement une teinte vineuse plus ou moins foncée.

Si lon fait ouvrir la bouche du malade, on aperçoit une tumeur plus oumoins volumineuse quisoulève la région sublinguale et rejette la langue en haut et en arrière. Cette tumeur occupée ordinairement la ligne médiane, et alors le frein de la langue la partage en deux parties symétriques; mais cette règle est loin d’être absolue ; et dans un assez grand nombre de cas, la tumeur proémine d’un côté du plancher de la bouche.

A oO,

D'ailleurs lorsque le kyste est très volumineux, il n’est pas rare d’observer outre la déformation des parties molles, des déformations considérables du squelette, en particulier du rebord alvéolaire du maxillaire inférieur.

Comme le fait remarquer Rolland dans sa thèse il

est indispensable pour éviter la confusion avec la gtenouillette, d'examiner attentivement la couleur de la muqueuse buccale qui recouvre la tumeur. « Cette muqueuse lorsqu'il s'agit d’un kyste dermoïde, est presque toujours opaque ; quelquefois rosée, sillonnée par une ou plusieurs veines plus ou moins volumineuses. Plus rarement elle est lisse, unie, et laisse apercevoir une coloration blanchâtre ou jaunâtre due à la présence de la matière sébacée de la poche kystique » (1). Lorsqu'il s’agit d’une simple grenouillette au contraire, la muqueuse sublinguale est transparente. et présente une teinte bleuâtre caractéristique.

Ajoutons que dans le cas de kyste dermoïde il est aisé de constater la perméabilité des canaux de Wharton en déposant une substance sapide dans la bouche. On voit alors en effet la salive sourdre abondamment par les deux petits orifices situés de chaque côté du frein de la langue.

Habituellement, comme nous venons de le dire, les kystes dermoïdes font à la fois saillie au niveau

de la région sublinguale, et au niveau de la région

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