OBSERVATION XX
(BÉRAUD, résumé)
Mile O.., 20 ans, est amenée à lhôpital de Blida, le 14 mai 1921, avec le diagnostic de « tumeur abdominale ».
Signes de toxi-infection sévère. Ventre ballonné et douloureux dans toute son étendue, mais surtout dans la position sus-ombilicaie. Le diagnostic de kyste hydatique du foie, multiloculaire, de dimensions considérables et en voie d'infection, est porté.
Première intervention (15 mai 1921). Révèle l’existence de deux kystes développés aux dépens des lobes gauche et droit, s'étendant du bassin à la coupole diaphragmatique. Marsupialisaltion des deux poches réunies en une seule, après formolage.
Suites opératoires immédiates favorables.
Quatre mois après, persistait, cependant, au niveau de l’épigastre une fistulette d’où s’écoulait, d’une façon intermittente, du pus mêlé à de rares débris hydatiformes. Une deuxième intervention permit d’extirper le trajet fistuleux.
La malade sort le 25 novembre 1921, pouvant être considérée comme guérie.
Un an et demi après (mai 1923), elle revenait cependant, amaigrie et souffrant presque constamment du côté droit.
A l’examen fut perçue, en dehors du rein, profondément, une tuméfaction douloureuse, difficile à limiter, intumescence plutôt, qui semblait faire corps avec le foie.
La radioscopie montra, à hauteur et à droite de l’ombilic, une ombre plus dense que l’ombre hépatique, à contours imprécis, n’atteignant pas la crête iliaque en bas, se confondant en haut avec le foie.
Weinberg, positif.
Eosinophilie, 2 %.
Deuxième intervention (14 juin 1923). Incision abdominale en L renversée. Feutrage d’adhérences, avec chapelet de ganglions scléreux, dont la libération fait découvrir une vésicule seléro-atrophique, blanchâtre, dont les parois semblent avoir subi une transformation crétacée et contenant de petits calculs. Cholécystectomie rétrograde. Enfin, dans la profondeur on découvre, en dehors du rein, une tumeur arrondie de la grosseur d’une mandarine et de teinte grisàtre qui prolonge, en bas, le tissu hépatique. Cette tumeur est dure comme de la pierre: toutes les ponctions exploratrices restent bianches, ou du moins ramènent une substance calcaire, blanchâtre, desséchée, où l'examen microscopique ne devait pas révéler la présence de scolex. Etant donné lPétroitesse du puits d’accès, on ne peut que faire une toilette minutieuse au formol avec drainage par un ruban de gaze.
Suites apyrétiques.
Mais quatre mois plus tard, il fallut réintervenir et à plusieurs reprises, pour une collection sous-hépatique avec réaction fébrile.
La malade sortit cicatrisée en mai 1924, tous malaises disparus.