‹ Contribution à l'étude des kystes hydatiques des osChapitre 6 sur 29 · RAR · texte numérisé non relu

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De temps en temps, la grosseur diminuait pour revenir de nouveau, et toujours sans douleur. Un médecin de la ville ouvrit un peu cette tumeur qui, depuis, est plus ou moins douloureuse,

Entrée à l'hôpital. — Quatre jours après, la température monte, la malade prend l'aspect d’une intoxiquée et meurt.

AUTOPSIE. — En enlevant le rein droit, on ouvre à son pôle supérieur un gros abcès qui devient plus nettement visible après la sortie du foie. L'abeès est situé au niveau des extrémités vertébrales de la VITT® etde la X° côtes qui sont complètement entourées par l’abcès. Il s'étend vers la face antérieure de la colonne vertébrale dont le périoste ne montre pas de modifications. L’abcès s'étend devant la capsule surrénale jusqu'au pôle supérieur du rein et touche la face inférieure du lobe droit du foie dont la séreuse est prise dans la paroi de l’abcès. Dans le tissu adjacent du foie, il y a un foyer intrahépatique, gros comme une noix, et qui consiste en tissu fibreux avec des nodules jaunâtres quasi caséifiés. Cette masse n'est pas ramollie, mais forme un noyau plus compact; les contours de ce foyer intrahépatique ont un aspect cicatriciel et un aspect plutôt étoilé. Tout l’abcès rétro-péritonéal a le volume d'un poing d'adulte.

Ilest le point de départ de la fistule s’ouvrant dans le

dos.

Il renferme 30 à 6o centimètres cubes d’un pus jaunâtre crémeux.

Sa cavité sinueuse, forme de petites pochettes. Elle est tapissée d'une membrane blanchâtre, molle et nécrosée audessous de laquelle il y a des zones fibreuses qui contenaient de petits foyers de granulations graisseuses. Le pus de l’abcès prévertébral présente au microscope des polynucléaires, des diplocoques, des streptocoques. Pas de bacille de Koch.

Le périoste des parties atteintes des côtes est épaissi, la surface de l'os irrégulière. A la coupe, on remarque que

A la zone corticale est par places, nettement épaissie, très dure, comme éburnée; dans la zone spongieuse de ces endroits, on constate de petits foyers jaunâtres, comme purulents, siégeant dans la moœælle, dont les trabécules osseuses paraissent quelquefois raréfiées.

Les vertèbres voisines sont intactes. Cependant la première vertèbre lombaire fait remarquer à la coupe de petits foyers analogues à ceux des côtés.

En présence de telles lésions, on pense à un abcès tuberculeux, mais les caractères du pus et la présence de ces petits foyers font écarter ce diagnostic. On fait l'examen microscopique.

EXAMEN MICROSCOPIQUE, — Au niveau du foie : l'examen des foyers fait penser à des tubercules. On y voit, en effet, des cellules géantes (qui toutefois ont ceci de particulier (que les noyaux sont disséminés dans tout le protoplasma). Au centre, qui parait ramolli, on voit des polynucléaires et une substance granuleuse.

« L'attention est attirée par des membranes striées, colorées en jaune par V. Giesen, et qui se trouvent le plus souvent au centre des foyers. Elles sont pliées, affaissées, on voit quelquefois uniquement de pelits restes de membranes réfringentes ». Nulle part, on ne trouve de scolex. On réussit à trouver un seul crochet,

Paroi de l’abcès {col au V.Giesen et à l’hématéine-éosine).

« Au milieu de cette masse fibreuse, on rencontre des foyers ayant beaucoup de ressemblance avec ceux du foie. I y a de petites cavités qui renferment une ou plusieurs coupes transversales de membranes hyalines, avec une striation concentrique très nette. Elles sont affaissées, festonnées, onduleuses, ou se présentent sous forme de petits kystes et de vésicules remplies de liquide. Souvent, ces membranes sont logées dans des masses nécrosées, granuleuses, contenant des débris leucocytaires ».

Plus en dehors, zone fibreuse, cellules géantes, polynucléaires,

Examen des os. — Nous avons prélevé des morceaux de la première vertèbre lombaire des VIII, IX°, X° côtes.

Décalcification. Coloration au van Giesen.- — Les côtes ont été surtout intéressées, Les trabécules osseuses de la substance médullaire font défaut ou sont très raréfiées, tandis que tout le pourtour la substance corticale est fortement épaissiée, Cet épaississement se fait aux dépens des nouvelles couches de périostite ossifiante.

S'il s'agit de foyers isolés, sous l'écorce ; on constate les zones fibreuses, sous forme d'une ostéomyélite fibreuse qui remplace la mœlle normale et qui reste riche en cellules adipeuses.

Il y a quelques petites cavités qui renferment des membranes d’échinocoque.

Dans une cavité, on peut observer à l'œil nu la vésicule d'échinocoque encore étalée, renfermant du liquide, et étant entourée de petites couches granuleuses avec peu de leucocytes. Dans une autre cavité, les membranes sont engainées dans une grande quantité de cellules géantes. A l’intérieur des membranes, il y a du pus nécrosé et dans leur entourage beaucoup de cellules géantes. Il y a des restes de foyers où l’on ne voit plus de membranes et qui ont la forme de petits abcès.

Une partie de la couche corticale est détruite, présentant seulement des restes osseux, tandis qu'une partie est épassie. Les kystes se trouvent dans la couche corticale, et ont tout à fait les mêmes caractères que les kystes observés dans le foie.

Sur une coupe transversale, on constate à l'intérieur de la côte un kyste gros comme une tête d'épingle. On constate encore un foyer nécrosé avec trois petits kystes du même aspect que les autres. Ce dernier foyer s'étend du péricste jusqu’à la musculature voisine. Dans certains foyers des côtes, on voit des abcès où on ne révèle plus de membrane parasitaire.

A l'examen de plusieurs coupes de vertèbre, on retrouve

de petits foyers d'échinocoque qui ont les mêmes caractères

que ceux des côtes,

Ons, TT. — Elenevsky, Æchinococcose multiloculaire des glandes surréngales, de la colonne vertébrale, des côtes du foie, du diaphragme,

J... P.... journalier, quarante-six ans. Entre à l'hôpital de Charkow. Se plaint de douleurs dans la partie supérieure de la cage thoracique et d’une suppuration par deux fistules, dont une se trouve en dessous de l'omoplate droite, l’autre est située plus loin, environ au niveau de la VIe côte. La maladie dure depuis un mois et demi. Diagnostic clinique posé : carie de la colonne vertébrale et des côtes. Aggravation, Mort.

AUTOPSIE. — On trouve au-dessous de la partie droite du diaphragme une tumeur kystique, grosse comme le poing, ronde, régulière, qui, à la coupe, laisse s’écouler une masse grisâtre, épaisse.

Une partie de la tumeur bombe à la partie inférieure du diaphragme, entre celui-ci et la partie droite postérieure dun foie, et contient pareillement une masse épaisse et purulente,

Sous le bord postérieur du foie se trouve une tumeur en forme de coin, dont la base est située sur le pôle supérieur du rein. Elle est solide, ferme, gris jaune, et au couteau elle laisse échapper une bouillie sèche, jaune.

Sur la face antérieure de la colonne vertébrale, on voit, entre la septième et la huitième vertèbre, une fissure profonde, par laquelle on aperçoit la surface irrégulière de la carie du corps vertébral. .

Description de la préparation faite avec le kyste de la colonne vertébrale et des côtes : la cavité formée par les corps vértébraux contient un tissu caséeux qui se laisse très facilement enlever du tissu osseux spongieux sous-jacent,

Par un examen microscopique, on voit un tissu de gTa-

UE e nulalions en partie nécrosé qui contient encore des débris de moelle osseuse et de nombreuses petites vésicules hydatiques. Ces dernières, très petites, sont réunies en groupes et entourées de cellules géantes.

Après ce tissu caséeux, vient le tissu osseux spongieux, avec une inflammation intense de la moelle osseuse et amincissement des lamelles osseuses.

Les corps vertébraux sont creusés d'alvéoles qui renferment un grand nombre de petites vésicules hydatiques mesurant de 5 à 120 uw. Les parois des cavités sont formées de tissu fibreux et, sur leur face interne, on voit de nombreuses cellules géantes.

Dans d’autres alvéoles, les vésicules sont entourées d’une épaisse couche de lymphocytes et d’un petit nombre de cellules géantes, Parfois, les vésicules sont immédiatement sur les lamelles osseuses, et semblent venir du tissu osseux lui-même,

En général, le tissu osseux de la colonne, atteint par l’échinocoque, a un aspect grossièrement poreux, avec des îlots de tissu caséeux,

L'étude de ces trois observations nous montre combien les lésions anatomo-pathologiques des kystes alvéolaires des os diffèrent de celles qui caractérisent les kystes multiloculaires proprement dits. Rien ne rappelle, en effet, l'aspect de ces amas de vésicules de dimensions variables, pressées les unes contrelesautres, ou plus ou moins espacées, baignant dans un liquide puriforme. On se trouve ici en présence d'une masse de tissu nécrosé qui ressemble parfois à de vrais tubercules des os, et dans lequel, seul l'examen histologique peut faire faire le diagnostic. Le microscope montre, en effet, des membranes ou des restes de membranes

Ti entourées de cellules géantes à allure spéciale, caraclérisées par la disposition diffuse de leurs noyaux, et entourées aussi d’un certain rombre de polynucléaires éosinophiles.

Ces caractères ont été neltement formulés par Elénevsky.

L'échinococcose alvéolaire vraie, lorsqu'elle se développe dans les os, dit-il, apparaît avec les parlicularités caractéristiques de cette tumeur parasilaire. Ce sont les suivantes :

1° Les petites vésicules hydatiques se développent aussi : en dans l'os atteint que dans les parties molles environnantes, avec les mêmes caractères atypiques. Elles sont si petites et à tel point affaissées qu'elles ne peuvent être reconnues à l'œil nu.

> Les os atteints présentent un processus de carie qui ne se différencie nullement des autres processus de carie d’autre origine (tuberculose, syphilis, actinomycose).

3° Les tumeurs parasitaires qui se développent dans les parties molles environnantes et qui se ramollissent elles-mêmes dans leur partie centrale, rappellent l'aspect des tumeurs malignes (sarcome, carcinome).

4° La croissance atypique, qui aboutit à l'infiltration des tissus par les petites vésicules, ne dépend pas dans ces cas du tissu ambiant, mais du parasite lui-même.

Etil concluait en disant : « Il faut donc dans les 08, comme dans les organes parenchymateux, différencier deux sorles d’échinococcose : l’échinococcose hydaüque et l’échinococcose alvéolaire. »

S VI KYSTES HYDATIQUES OSSEUX CHEZ LES ANIMAUX Les kystes hydatiques des os n'ont été que très rarement constatés chez les animaux : on sait cependant que l’échinococcose vésicale est infiniment plus commune que chez l’homme,

Neumann, qui a fait paraitre cette étude dans un article de la Revue Vétérinaire de Toulouse, 1905, n'en connait que 12 cas.

Ce petit nombre d'observations tient, d’après lui, de l'insuffisance des recherches et de la brièveté de la vie des herbivores qui ne permet pas au parasite de faire des altérations suffisantes, pour se manifester par des symptômes apparents.

Sur ces 12 cas, 2 ont été observés chez le cheval; 10 chez le bœuf.

CHEVAL Ogs. I. — Vachetta, Clinica velerinaria, 1882.

Tumeur du maxillaire inférieur, grosse comme un œuf de dinde; de consistance osseuse dans sa partie supérieure, molle à sa partie inférieure, fluctuante dans la profondeur.

La ponction donne issue à un liquide opalescent, dans lequel on trouve trois ou quatre vésicules filles,

A l'ouverture, on trouve une trentaine de vésicules filles et la vésicule mère : il s'agit de la forme endogène,

Oss. II. — Observation de Colin (Alfort), 1884, rapportée par Railliet.

Kyste hydatique de l'os iliaque : les hydatides formaient

une tumeur énorme dans la région sous-lombaire, et ayant envahi les muscles de la région. Cette tumeur se reproduisit après deux ablations partielles : elle s’étendait vers l'ilium el on trouva des échinocoques dans le diploé de cet os.

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