IV. -—— ETUDE CLINIQUE
Première Phase ou Phase de Germination
C’est une période de latence à peu près complète, qui peut durer un an et demi à deux ans, et parfois plus longtemps. Le malade, habituellement, ne vient pas consulter pour les quelques symptômes d’intoxication hydatique que l’on pourrait trouver: poussées d’urticaire, effusions sanguines, malaises, troubles digestifs variables mais peu marqués. Ces signes sont très inconstants. On devra les rechercher à l’interrogatoire lorsqu'on voit le malade à la deuxième phase. Ils au-
ront alors un intérêt rétrospectif.
Deuxième Phase ou Phase d Accroissement
Les symptômes fonctionnels sont variables et n’ont rien de pathognomoniques.
La douleur est inconstante. Elle peut être de différents types: point de côté fixe, ou douleur plus diffuse, irradiant à l’épaule par exemple.
Elle est d’autant plus marquée, en général, que la tumeur est plus superficielle, et alors aussi elle prend souvent le type de névralgie intercostale, D’autres fois, elle se réduit à une sensation de constriction laryngée ou de corps étranger intrathoracique.
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La toux est fréquente. C’est une toux quinteuse, qui a tendance à devenir coqueluchoïde, spasmodique, à mesure que le champ de l’hématose pulmonaire se rétrécit devant l’envahissement du parasite.
Le malade est souvent un peu dyspnéique. Il peut présenter des accès de dyspnée paroxystique qui vont aller en s’accentuant et en se rapprochant.
Les crachats n’ont d’abord rien de spécial, mais bientôt ils vont présenter des stries sanglantes. Du reste, des hémoptysies précoces sont fréquentes. Lorsqu’elles sont répétées et considérables, on peut penser qu’elles annoncent la rupture prochaine du kyste. « D’autres fois, on observe une expectoration de sang rouge peu abondante, mais répétée et rebelle à tout traitement. »
(Bezançon et Dejong.)
Il nous faut maintenant insister sur ce fait que l’état général n’est pas, ou n’est que peu touché; pas d’amaigrissement, pas de fièvre; cette absence de signes généraux a une grosse importance: devant les signes fonctionnels observés, on est naturellement porté à penser avant tout à la tuberculose pulmonaire, ou même au cancer du poumon, mais comme l’état général est bien
conservé, il faut alors envisager d’autres hypothèses.
Quant aux signes physiques, ils sont variables, inconstants, et souvent peu nets. Ils dépendent du siège, superficiel ou profond, et du volume du parasite.
On pourra noter à l’inspection:
— une immobilité respiratoire d’un hémithorax;
— une augmentation ou une diminution de la lar-
geur d’un ou de plusieurs espaces intercostaux;
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— une déviation du sternum.
À la palpation, on pourra trouver une abolition des vibrations. On ne trouve pas pour le kyste hydatique du poumon le frémissement hydatique.
En plus, la palpation pourra montrer une déviation du cœur, une diminution d’étendue, ou une disparition de la sonorité gastrique de la zone de Traube, ou
encore un abaissement du foie.
La percussion fournit des renseignements très importants; mais ces renseignements sont tardifs: ils supposent un kyste d’un volume marqué et de situation assez superficielle, alors on trouve une zone de matité ligneuse, régulièrement arrondie. Elle se termine brusquement et il n’y a pas de transition, tout au moins classiquement, entre elle et la sonorité normale du champ pulmonaire. En réalité, il y a souvent une congestion pulmonaire périkystique qui rend une telle
transition moins marquée.
L’auscultation ne montre souvent rien, Classiquement on observerait, en général, une zone de silence respiratoire, correspondant à la zone de matité. En réalité, on trouve beaucoup plus fréquemment un souffle hilaire de compression bronchique, ou une bouffée de crépitants dus à la réaction périkystique.
Du reste, les variétés cliniques sont nombreuses. Mais nous insisterons surtout sur les formes muettes, les formes latentes, qui sont d’une grande fréquence. Ce peut être un kyste petit et central, ne donnant aucun signe à l'examen clinique. Néanmoins, même si le kyste est assez volumineux et est situé près de la plèvre, on
observe peu de signes physiques et bien souvent la